Message du Procureur de la Cour pénale internationale, Fatou Bensouda, invitant les combattants de la LRA à faire défection

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from International Criminal Court
Published on 01 Apr 2016 View Original

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Mon Bureau a été informé par des membres de communautés du nord de l’Ouganda et des combattants de l’Armée de résistance du Seigneur (LRA) qui ont quitté la brousse que bon nombre de soldats qui se trouvent encore dans les rangs de la LRA continuent d’être trompés par Joseph Kony et d’autres hauts commandants de ce mouvement et pensent qu’ils seront emprisonnés comme Dominic Ongwen ou encore torturés ou tués par la Cour pénale internationale (la « CPI » ou la « Cour ») s’ils se rendent ou tentent de retourner chez eux. C’est absolument faux et c’est un énorme mensonge de dire que la CPI se livre à des actes de torture ou qu’elle tue des gens.

Sur le plan judiciaire, seules les affaires contre Joseph Kony ou Dominic Ongwen ont été portées devant la CPI. Aucun autre membre de la LRA ne fait l’objet d’une procédure devant la Cour.

Nous avons constaté des signes encourageants : bon nombre de combattants de la LRA rentrent chez eux et réintègrent leur communauté. J’exhorte ceux qui sont toujours dans la brousse à saisir également cette occasion de cesser le combat et de rentrer chez eux, là où ils auront une chance de reconstruire leur existence.

Parmi les cinq mandats d’arrêt délivrés initialement par la Cour en 2005, seuls deux restent en vigueur : ceux des hauts commandants de la LRA Joseph Kony et Vincent Otti (présumé mort). À part ces deux-là, il n’y a pas d’autres mandats de la CPI visant d’autres soldats de la LRA.

Dominic Ongwen a été arrêté et il est actuellement jugé devant la CPI parce qu’il était l’un des cinq hauts commandants contre qui les juges de la CPI ont délivré un mandat d’arrêt en raison des atrocités commises dans le nord de l’Ouganda. Dominic Ongwen est jugé dans le cadre d’un procès équitable, impartial et public. À la suite de l’audience de confirmation des charges, qui s’est tenue du 21 au 27 janvier 2016, les juges de la CPI viennent de confirmer l’ensemble des 70 charges que mon Bureau a présentées contre Dominic Ongwen.

Conformément au droit applicable à la CPI, les juges de cette institution veillent à ce que les droits de toute personne accusée dans le cadre d’un procès devant la Cour soient pleinement respectés. Dans la mesure où un procès va s’ouvrir dans son affaire, Dominic Ongwen continuera d’être représenté par les avocats de son choix et disposera des moyens nécessaires à la préparation de sa défense.

Je profite de cette occasion pour demander une fois de plus à Joseph Kony de se rendre et d’affronter la justice. Mon Bureau continuera de mobiliser tous les efforts en vue de son arrestation. Toute personne qui sait où se trouverait Joseph Kony est invitée à prendre contact avec mon Bureau par courriel (à l’adresse OTP.Uganda.Investigation@icc-cpi.int) ou par texto à envoyer uniquement au numéro ougandais +25678-0245609.

La transmission de telles informations à la Cour constitue un acte de courage qui permettra de mettre un terme aux mauvais traitements criminels que Joseph Kony aurait infligés à son propre peuple et à d’autres ressortissants.

Source: Bureau du Procureur