Tunisia

Faits et chiffres du CICR en Tunisie pour l'année 2020

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La Délégation régionale du CICR est installée en Tunisie depuis 1987. Ses activités principales sont les visites aux personnes privées de liberté, le rétablissement du contact entre les membres de familles séparés, la promotion du Droit international humanitaire (DIH) et la coopération avec le Croissant-Rouge tunisien.

Améliorer les conditions de vie et le traitement des personnes privées de liberté

Lors de nos visites dans les lieux de privation de liberté, le CICR évalue les conditions de vie des détenus, l'accès aux soins de santé et le traitement des détenus. Les délégués du CICR suivent également la question du respect des droits de la personne lors de la période de garde à vue. A l'issue de chaque visite, le CICR partage ses observations et recommandations avec les autorités concernées dans le cadre d'un dialogue régulier et confidentiel.

Assainissement, hygiène et habitat dans les prisons tunisiennes

Le CICR soutient les efforts des autorités afin que les infrastructures pénitentiaires offrent des conditions de vie respectueuses de la dignité des personnes.
En 2020, le CICR mené des projets d'infrastructures et fourni des équipements dans 6 prisons civiles. Ces projets ont porté sur la rénovation des cellules et de l'étanchéité, l'amélioration des systèmes d'évacuation, la fourniture d'armoires frigorifiques, d'unités de climatisation et de machines de lavage et de séchage.
Nous avons également distribué du matériel de loisirs, des matelas et des livres dans 11 lieux de détention.

Accès aux soins de santé pour les détenus et réponse COVID-19

Aider les familles à rétablir le lien avec leurs proches et connaître le sort des personnes disparues

Le CICR facilite l'échange de lettres ouvertes -appelées Messages Croix-Rouge (MCR)- entre des membres de familles ayant été séparés.

En 2020, 250 Messages Croix-Rouge ont été collectés en Tunisie, parmi eux, 68 concernaient des zones de conflit telles que la Syrie, la Libye et l'Irak. 217 messages ont été distribués en Tunisie sur la même période.

Nous avons par ailleurs assisté les familles d'enfants revenus de zones de conflit et œuvrons à mobiliser les différentes parties prenantes afin que les enfants tunisiens nés dans des zones de conflit soient enregistrés à l'état civil tunisien et puissent ainsi bénéficier pleinement de leurs droits, comme tout enfant tunisien.

Nous avons aussi offert la possibilité aux migrants présents en Tunisie de rétablir et de maintenir le contact avec leurs familles grâce au service d'appels téléphoniques et de connexion Internet. En 2020, des modems Internet ont été installés dans 3 centres pour migrants et 4206 appels ont été réalisés via les antennes du service de rétablissement des liens familiaux de Sfax, Médenine, Zarzis et Jendouba, opérées en coopération avec le Croissant-Rouge tunisien.

Suite aux naufrages de plusieurs bateaux de migrants en 2020, le CICR établi une liste de 100 passagers portés disparus, grâce aux contacts établis au sein de la communauté de migrants et aux témoignages recueillis auprès de proches des disparus. Des recherches ont permis d'initier des contacts avec les familles dans les pays d'origine et en Tunisie afin de les assister à clarifier le sort de leurs proches. Au travers d'une coopération avec la Garde maritime, la Garde nationale, les services médico-légaux et le bureau du Procureur, le CICR a contribué à l'identification de 17 corps de personnes décédées aux cours de ces naufrages et en a informé leurs familles. Il a également assisté des membres de famille à effectuer un prélèvement ADN auprès des autorités tunisiennes en vue d'une comparaison avec les profils génétiques des dépouilles retrouvées. Enfin, il a pu localiser 25 familles en Côte d'Ivoire pour lesquelles un prélèvement ADN sera effectué début 2021 afin de permettre l'identification du corps de leurs proches en Tunisie. De nombreux corps retrouvés restent non identifiés jusqu'à ce jour et de nombreuses familles sont toujours dans l'attente d'une clarification quant au sort de leur proche.

Renforcer les capacités de gestion des dépouilles mortelles

En 2020, le CICR a poursuivi sa collaboration avec les autorités tunisiennes pour l'amélioration de la gestion des dépouilles mortelles (GDM), en particulier celles de migrants retrouvés en mer ou récupérées sur les plages tunisiennes.

Ainsi, nous avons organisé une formation en GDM à Gabes et à Zarzis pour 86 personnes intervenant à différents niveaux de la chaîne médicolégale lors des naufrages des embarcations de migrants, à savoir des représentants de la Protection civile, de la Garde nationale et de la Garde maritime, des services médicolégaux, des collectivités locales et du bureau du Procureur de la République. Toutes ces formations ont également intégré des sessions spécifiques à la gestion des décès dû à la COVID-19.

En partenariat avec le ministère de la Santé Publique, la faculté de Médecine de l'Université d'El Manar et le service médicolégal de Tunis, le CICR a également organisé en septembre un cours avancé en GDM au profit d'une quarantaine d'étudiants en médecine légale et de résidents des services médicolégaux. Ont également pris part à la formation des représentants du ministère de l'Intérieur, du ministère de la Justice, du ministère de la Défense Nationale et du ministère des Affaires Locales et de l'Environnement.

A Gabes, le CICR finalisé la réhabilitation de la morgue de l'hôpital régional et l'aménagement d'un espace dédié aux corps non identifiés dans le cimetière de Sidi Boulbaba. Ces projets permettront d'améliorer respectivement la conservation et l'examen des dépouilles mortelles à des fins ultérieures d'identification et l'enterrement digne des dépouilles non identifiées. Dans ce cadre, un véhicule réfrigéré a été remis à la municipalité pour assurer un transport digne des dépouilles mortelles.

Gestion des dépouilles mortelles et COVID-19

Dès le début de la crise sanitaire, le CICR a soutenu les autorités sanitaires tunisiennes dans leur réponse à la pandémie de COVID-19 en contribuant à l'élaboration d'un guide national sur la gestion des dépouilles mortelles en lien avec la COVID-19 et les procédures spécifiques qui ont été mises en place.

Le CICR a également effectué des donations tout au long de l'année et selon les besoins qui lui ont été formulés par le ministère de la Santé Publique, les services médicolégaux de Sfax, Gabes et Tunis, ainsi que plusieurs municipalités. Ces donations concernent des équipements de protection, des sacs mortuaires et des kits d'autopsie.

2060 Equipements de Protection

630 sacs mortuaires

2 Kits d'autopsie

Promouvoir le Droit international humanitaire (DIH) et le Droit international des droits de l'Homme (DIDH) auprès des forces armées et de sécurité

Dans le cadre de notre collaboration continue avec les Forces armées tunisiennes, le CICR a animé un atelier sur le DIH avec une centaine d'officiers en formation à l'Ecole d'Etat-Major en novembre 2020. Durant trois jours les officiers stagiaires ont pu se familiariser avec le DIH dans la planification et la conduite des opérations afin qu'ils soient en mesure d'intégrer les principes clés et les règles de base dans leurs opérations et de les diffuser à leurs collègues et subordonnés.

Outre les officiers tunisiens, des participants du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d'Ivoire, de la France, du Maroc, du Niger, de la République centrafricaine et du Tchad ont pris part à l'atelier.

En novembre 2020, 32 officiers supérieurs appartenant aux forces de sécurité intérieure tunisiennes ont participé à une formation sur le respect des droits humains dans la pratique policière et la gestion des dépouilles mortelles.

Les participants ont abordé les principes fondamentaux régissant le comportement des forces de police et de sécurité dans l'exercice de leurs fonctions. Il est ressorti que le respect de l'Humain doit toujours être au centre des préoccupations opérationnelles des forces de police et de sécurité.

Ces officiers, qui sont appelés à occuper des postes de responsabilité, ont également acquis les notions de base sur les différents aspects de la gestion des dépouilles mortelles en situation de catastrophe. Des exercices pratiques et des simulations à l'aide de la réalité virtuelle ont permis aux apprenants de s'immerger dans des situations réalistes.

Expliquer l'action et les principes humanitaires dans les milieux académiques

En février 2020, le CICR a organisé une journée d'information sur l'action humanitaire du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge avec une centaine d'étudiants de l'Université Ez-Zitouna.

Grâce aux différents ateliers mis en place, les étudiants ont pu se familiariser avec l'action du CICR, les principes du Mouvement international de la Croix-Rouge et du Croissant-Rouge ainsi que le DIH. Les étudiants ont également participé à une initiation aux premiers secours à travers l'atelier « Gestes pour sauver une vie » animé par les volontaires du Croissant-Rouge tunisien.

Lors de la première vague de la COVID-19, le CICR a coorganisé avec le club de DIH et de droits humains, un webinaire sur l'accès humanitaire en temps de pandémie auquel ont pris part une quarantaine d'étudiants en Droit.

Le webinaire a permis de mieux comprendre les défis auxquels est confrontée l'action humanitaire en situation de conflit armé, les difficultés additionnelles liées à la situation pandémique et les restrictions que les Etats sont amenés à imposer pour y faire face. Le webinaire a conclu que tout gouvernement peut très légitimement imposer des mesures pour prévenir la propagation de la COVID-19, mais ces mesures ne devront pas empêcher la fourniture d'assistance aux victimes de conflits armés.

Soutenir et assister les volontaires du Croissant-Rouge tunisien

Les volontaires du Croissant-Rouge tunisien sont à pied d'œuvre depuis le début de la crise sanitaire liée à la COVID-19 pour aider les autorités tunisiennes à faire face aux nombreux besoins des communautés.

En 2020, le CICR a soutenu les activités des volontaires dans plusieurs gouvernorats en finançant l'achat de matériel de protection, leurs déplacements et autres frais inhérents à leurs activités. Grâce à cette assistance, les volontaires pourront poursuivre leurs efforts et leur élan humanitaire.