Syria

Syrie: le Président de la Commission d’enquête avertit l’Assemblée Générale que le conflit contre le peuple syrien se poursuit sans relâche

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NEW YORK, 25 Octobre 2021 – S’adressant aujourd’hui à la Troisième Commission de l’Assemblée Générale, le Président de la Commission d’enquête des Nations Unies sur la Syrie, Paulo Pinheiro, a prévenu la communauté internationale que bien que certains pensent que le conflit prend fin, la réalité du terrain brosse un tout autre tableau.

« Il n’est temps pour personne de penser que la Syrie est un pays sûr permettant à ses réfugiés de rentrer chez eux. Au contraire, nous observons une reprise des combats et de la violence », a dit Monsieur Pinheiro à la Troisième Commission.

« Alors que nous parlons, des milliers de civils sont toujours condamnés à vivre dans la guerre, la terreur et le chagrin. Beaucoup de ceux qui sont déplacés ont vu leurs propriétés détruites ou confisquées par le gouvernement, les groupes armés ou terroristes - il ne leur reste que très peu à leur retour, et peu de perspectives pour assurer leurs moyens de subsistance », a expliqué Monsieur Pinheiro.

La Commission a souligné une tendance générale à l’escalade de la violence à travers le pays ces derniers mois, comme décrit dans son dernier rapport pour le Conseil des Droits de l’Homme.

L’accalmie des hostilités dans le nord-ouest de la Syrie, due au cessez-le-feu de mars 2021, tourne à l’échec – les infrastructures médicales, marchés et zones résidentielles étant ciblés par des attaques aériennes et terrestres – alors que l’organisation désignée terroriste Hay’at Tahrir al-Sham continue de violer certains droits en toute impunité, notamment en détenant des militants des médias et journalistes, parmi eux des femmes.

Certaines parties du sud-ouest de la Syrie ont fait face au retour des combats ainsi qu’à des tactiques de siège qui n’avaient pas été observées depuis 2018. A Al-Balad, des dizaines de milliers de civils ont été piégés jusqu’au mois dernier sans un accès suffisant à la nourriture et aux soin de santé, forçant aussi des milliers d’hommes, femmes et enfants à fuir.

Dans les régions nord du gouvernorat d’Alep Afrin et Ra’s al-Ayn, des véhicules piégés tuent et mutilent des civils, alors que les bombardements indiscriminés ont augmenté depuis cet été. Les factions au sein de l’Armée Nationale Syrienne, affiliée à l’opposition, continuent de priver les civils de leur liberté, les torturant parfois en prison.

Le nord-est de la Syrie a fait face à un nombre croissant d’attaques menées par Da’esh et d’assassinats ciblant les chefs tribaux. La région a aussi vu une montée du mécontentement et des manifestations au cours desquelles plusieurs manifestants ont été mortellement touchés par des tirs des Forces Démocratiques Syriennes dirigées par les Kurdes.

La Commission a également attiré l’attention sur le sort des 40,000 enfants d’Al-Hol et des autres camps de déplacés transformés en centres de détention qui existent à travers le nord-est de la Syrie. Ces enfants y sont illégalement privés de leur liberté depuis plusieurs années.

« La plupart ont moins de 12 ans. Près de la moitié sont Iraquiens. 7,800 d’entre eux viennent de près de 60 autres pays. Combien de fois devrons-nous encore demander aux Etats membres qu’ils ramènent leurs enfants chez eux ? » a dit Paulo Pinheiro, le Président de la Commission sur la Syrie des Nations Unies, ajoutant que « ces enfants sont avant tout des victimes. Ils ont besoin d’être protégés, d’avoir accès à l’éducation et de vivre une vraie enfance. Punir ces enfants pour les crimes de leurs parents ne peut se justifier ».

Faisant référence à l’une des plus grandes souffrances du peuple syrien, la Commission a rappelé à l’Assemblée Générale que des centaines de milliers de Syriens se réveillent chaque matin en s’inquiétant du sort et du lieu où se trouvent leurs proches disparus.

« Nous demandons respectueusement au distingué représentant de la République Arabe Syrienne combien de temps son gouvernement les fera attendre avant de leur faire savoir ? » a demandé Pinheiro, soulignant que les autorités devraient permettre aux détenus de contacter leur famille et de recevoir la visite d’observateurs indépendants, ainsi que libérer les prisonniers malades, infirmes ou âgés.

« Les dizaines de milliers de personnes disparues et personnes portées disparues représentent un traumatisme national », a dit le commissaire Hanny Megally, soulignant que les familles des personnes disparues victimes de toutes les parties du conflit se sont réunies pour exhorter la communauté internationale à les aider et à faciliter la création d’une initiative indépendante disposant d’un mandat international afin de coordonner et de regrouper les informations sur les personnes disparues.

« Devrons-nous continuer à attendre ou bien les Etats membres vont-ils agir maintenant en réponse à leur requête ? », a interrogé Monsieur Pinheiro, Président de la Commission d’enquête sur la Syrie des Nations Unies.

FIN

Background

La Commission d'enquête internationale indépendante sur la République arabe syrienne, qui comprend M. Paulo Sérgio Pinheiro (Président) et M. Hanny Megally (Commissaire) a été créée il y a dix ans, le 12 septembre 2011. Elle a été mandatée par le Conseil des droits de l'homme des Nations Unies pour enquêter et enregistrer toutes les violations du droit international commises depuis mars 2011 en République arabe syrienne.
Lire la déclaration complète a la troisième Commission de l’Assemblée générale du 25 octobre 2021 ici.

Plus d’informations, y compris les rapports de la Commission, peuvent être trouvées sur le siteinternetde la Commission d'enquête internationale indépendante sur la République arabe syrienne.

Contacts Medias :

Rolando Gómez, Responsable Média, HCDH, Branche du Conseil des Droits de l’Homme, rolando.gomez@un.org+ 41 79 477 4411,
Johan Eriksson, OHCHR, Conseiller Média à la Commission d’enquête sur la Syrie johan.eriksson@un.org+41 76 691 0411
or Matthew Brown, Chargé de l’information, HCDH, Branche