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Nigeria-Soudan : Les pourparlers sur le Darfour reprendront en août, mais les protagonistes s'accordent sur l'essentiel

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ABUJA, le 7 juillet (IRIN) - Le gouvernement soudanais et deux groupes rebelles du Darfour ont enfin signé une déclaration de principes générale, mais ont décidé de reporter à la fin du mois d'août la définition des modalités précises de l'accord de paix, selon des médiateurs de l'Union africaine (UA).

Il aura fallu aux protagonistes près de quatre semaines de négociations à Abuja, la capitale du Nigeria, pour parvenir à cet accord. Les négociations avaient été ralenties par des dissensions au sein des deux groupes rebelles et par la polémique suscitée par la présence éventuelle de médiateurs érythréens et tchadiens.

« En adoptant la déclaration de principes, vous avez montré que vous étiez déterminés à ne pas décevoir les populations du Darfour », a déclaré mardi Salim Ahmed Salim, le médiateur principal de l'Union africaine, lors de la cérémonie de signature qui marquait la fin de cette cinquième série de pourparlers.

L'UA se démène pour amener les parties en conflit à conclure un accord qui mettrait un terme à la guerre dans le Darfour. Ce conflit, qui dure depuis février 2003, oppose l'armée nationale soudanaise et les milices arabes aux mouvements rebelles qui luttent pour mettre fin à la « marginalisation » et à « l'oppression » des populations de la région.

La déclaration signée cette semaine appelle à la mise en place de nouvelles mesures de sécurité et au rapatriement de quelque 200 000 Soudanais réfugiés au Tchad voisin, et des 1,9 millions d'habitants du Darfour déplacés à l'intérieur du pays.

Le document appelle également à un respect des différents groupes ethniques et religieux du Soudan, ainsi qu'à une répartition équitable des richesses du pays.

« Pour garantir une réelle participation des populations locales à la vie politique du pays, il est essentiel de mettre en place un régime fédéral avec une dévolution efficace des pouvoirs et une répartition claire des responsabilités entre le gouvernement central et les autres autorités locales. C'est crucial pour la gouvernance du Soudan en général et du Darfour en particulier », selon la déclaration.

Abuja avait accueilli précédemment quatre séries de pourparlers, qui s'étaient toutes soldées par un échec. Aujourd'hui, bien que ces cinquièmes négociations aient été fructueuses, la déclaration de principes qui en résulte n'aborde pas les détails d'un retour à la paix dans cette région semi-désertique de la superficie de la France.

« Ces principes inspireront nos délibérations futures. Ils constituent le fondement d'un accord juste, complet et durable destiné à mettre un terme au conflit du Darfour », selon le document.

Selon certains médiateurs, les autorités soudanaises et les deux groupes rebelles - l'Armée de libération du Soudan (SLA) et le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM) - se rencontreront de nouveau à Abuja à partir du 24 août pour poursuivre les négociations.

Mardi dernier, les trois parties participant aux négociations ont salué la déclaration qui tient dans un document de trois pages. Selon eux, il s'agit d'une avancée majeure dans le règlement de ce conflit, qui a fait quelque 180 000 morts et plus de deux millions de déplacés et de réfugiés.

« Nous sommes convaincus que ces progrès se poursuivront jusqu'à ce que la paix soit rétablie au Darfour », a déclaré à la presse d'Abuja Mahjoub al Khalifa, chef de la délégation soudanaise. « Nous réaffirmons notre engagement et notre détermination à poursuivre le dialogue ».

Abdel Wahed Mohamed al-Nour, le négociateur principal de la SLA, s'est montré optimiste, affirmant que la déclaration accélèrerait l'élaboration d'un traité de paix durable. Il a également exhorté le gouvernement soudanais à « se montrer aussi sérieux que les rebelles ».

Quant au JEM, le plus petit des deux groupes rebelles en terme d'effectif, il a averti que les engagements écrits devaient être mis en pratique.

« La signature de ce document constitue une avancée. Néanmoins, il ne vaut rien si l'on ne s'y tient pas », a déclaré Ahmed Tugod Lissan du JEM.

Certaines factions de la SLA et du JEM ont affirmé au cours des derniers pourparlers que les délégués présents à Abuja ne représentaient pas les combattants sur le terrain et que tout accord signé serait caduc.

Toutefois, les négociateurs des deux groupes rebelles ont insisté sur le fait qu'ils avaient le mandat requis et que leurs décisions seraient acceptées par les combattants sur le terrain.

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