Réhabilitation et reconstruction au Sri Lanka

Report
from Government of France
Published on 30 Jul 2005
Les missions interministérielles d'évaluation menées à Sri Lanka ont confirmé l'ampleur des conséquences humaines (plus de 40.000 décès, des centaines de milliers de personnes déplacées) et économiques (75% des côtes touchées, 80% de la flotte de pêche détruits, tourisme fortement affecté). Début février, un certain nombre d'axes d'intervention ont été définis pour l'aide française qui ont fait l'objet d'un document remis au président de l'organisme de coordination sri lankais, la TAFREN, avec une volonté de concrétisation très rapide dans la période de post-urgence, mais également dans une perspective de reconstruction à plus long terme.

A ce jour plus de 20 projets, dont le financement a été approuvé par le processus interministériel d'instruction, sont en cours de réalisation sur le terrain.

1. Projets à impact rapide : Projets dits de « cash for work » (travail rémunéré en espèces). Ces projets, contribuant à améliorer rapidement les conditions de vie par le développement d'activités de déblaiement, de recyclage des débris, de relance d'activités économiques et du secteur agricole, portés par des ONG (ACTED, Solidarités ou Agrisud, par exemple), ont été approuvés et mis en œuvre sur le terrain. Au total, environ 5.500 personnes, le plus souvent en charge de groupes familiaux, sont directement concernées par l'aide publique française engagée, en accord avec les autorités locales, ce qui représente sans doute de 30 à 40.000 bénéficiaires réels. Les objectifs sont multiples : redonner des moyens de survie financière aux bénéficiaires et à leurs familles, au-delà de la simple assistance, redynamiser l'économie locale, mais également amorcer le processus de reconstruction et de redémarrage de l'activité touristique.

2. Dans le domaine de la santé, des accords de jumelage hospitalier ont été conclus, en particulier entre l'hôpital de Tellipalai et le CHU de Montpellier, l'hôpital d'Hambantota et le CHU de Nice, le centre de Tissamaharama et le centre hospitalier d'Arcachon . Ces projets s'inscrivent essentiellement dans des actions de formation des personnels médicaux, soignants, logisticiens et administratifs propres à accompagner la réhabilitation de ces hôpitaux. L'aide française soutiendra tout spécialement la réhabilitation des secteurs de la cancérologie et de la psychiatrie, à Tellipalai, la réorganisation des services en vue d'une meilleure prévention des infections nosocomiales à Hambantota, et la gestion des déchets et de la pharmacie, à Tissamaharama.

De plus, pour répondre à un besoin très clairement identifié par les autorités sri lankaises et les organisations internationales sur place - notamment l'OMS - un projet de surveillance épidémiologique et de renforcement des capacités de laboratoire, porté par l'Institut National de Veille Sanitaire et l'Institut Pasteur, va être mis en œuvre grâce à l'aide publique et en partenariat avec la Croix rouge française pour la fourniture de matériel de laboratoire.

Dans le domaine du soutien psychosocial post traumatique pour les personnes et les familles affectées, dont il clair qu'il constitue un sujet majeur de santé après la période de première urgence, plusieurs projets qui correspondent aux besoins exprimés par les autorités sri lankaises ont été retenus, notamment le projet porté par '' Enfants du monde, droits de l'homme '' dans le district de Matara.

3. Dans le domaine de l'enfance, de l'éducation et de la formation, des financements publics sont engagés dans un appui au programme de formation aux métiers de la reconstruction du ministère sri lankais de la formation professionnelle. La France finance, à hauteur de plus d'un million d'euros, un programme de formation d'environ deux mille jeunes adultes et adultes aux métiers du bâtiment, répondant ainsi aux besoins en ressources humaines qualifiées pour les travaux de réhabilitation : maçons, menuisiers. Après une première phase courte d'enseignement, les personnes formées sont insérées, en tant qu'apprentis, dans des unités opérationnelles de reconstruction. Ce projet, tout en ayant une utilité sur le long terme, permet d'avoir un impact dès les premiers temps de la période de transition. Les financements publics appuient également un projet pour rééquiper les bibliothèques de 6 écoles et engager des projets de coopération à moyen terme. De même le projet de reconstruction d'une école primaire dans le village de Moranpitigoda, commune d'Habaraduwa, porté par l'association AIDER, a reçu un financement public.

4. Dans le domaine de la reconstruction, réhabilitation, plusieurs projets sont soutenus par un financement public : reconstruction d'abris durables, d'habitations ou d'écoles, rétablissement de coopératives de pêcheurs, réhabilitation des voies publiques.

5. Dans le domaine de l'accès à l'eau potable et l'assainissement, plusieurs programmes développés avec le soutien des agences de l'eau, dont certains avaient été initiés dans la phase d'urgence, sont en cours. Certains projets approuvés pour un financement public, permettent notamment d'améliorer les conditions de vie des personnes déplacées dans les camps ou dans les familles d'accueil et de favoriser leur retour et leur réinstallation dans les lieux d'origine.

6. Dans le domaine de la prévention, l'alerte et la gestion des catastrophes, une contribution d'environ 1 Million d'euros est allouée en appui d'un projet du PNUD de renforcement des capacités et de formation , ainsi qu'une subvention au BRGM à hauteur de 280.000 € pour la réalisation d'un système d'information géographique sur les risques côtiers.

7. Enfin, le district de Trincomalee fait l'objet d'un vaste ensemble d'interventions intégrées d'acteurs français. Au cours de la mission interministérielle de fin janvier, les autorités sri lankaises ont encouragé la France à concentrer son aide sur le district de Trincomalee, caractérisé à la fois par d'importantes destructions, par une présence des différentes communautés du pays et par une présence française de longue date, technique et industrielle, dans le domaine de l'eau. C'est ce qui a été fait à travers le regroupement géographique de plusieurs opérations :

  • un programme intégré élaboré par l'Agence Française de Développement, à hauteur de 64M€ prêts concessionnels), pour partie en partenariat avec la Banque Asiatique de Développement, et comprenant 4 composantes :

    - routes : reconstruction de plusieurs portions des axes routiers principaux du district

    - travaux communautaires : viabilisation de terrains destinés à la construction de logements, réhabilitation de routes secondaires

    - eau. C'est un projet en deux parties : l'une financée par l'AFD, l'autre par le ministère des finances (cf infra). La partie AFD porte sur le transport de l'eau jusqu'à Trincomalee et la création de nouveaux réseaux d'eau dans les villages autour

    - électricité : extension et réhabilitation du réseau électrique

  • un prêt de 7 M€ (prêts concessionnels gérés par le ministère des finances) pour un projet d'extension de l'unité de production d'eau potable de Kantale

  • l'agence de l'eau Rhône-Méditerranée et Corse qui a déjà financé des travaux d'urgence menés par la Société du Canal de Provence, en février, va monter un programme d'assistance technique à la régie des eaux de Trincomalee. Au total, l'agence aura engagé 690.000 €.

  • la Société du Canal de Provence qui a fait, il y a 20 ans, l'ingénierie d'une usine d'eau potable construite par Degrémont, achève une étude financée par le ministère des finances sur le développement des ressources en eau du district.

  • plusieurs collectivités dont Ile de France, Auvergne, Val de Marne , ville de Nantes envisagent de concentrer leur coopération post-tsunami sur Trincomalee et ont mené, à cette fin, une mission d'identification début juillet.

  • plusieurs ONG françaises travaillent dans le district. Le projet d'Agrisud, soutenu financièrement par l'Etat, aide les familles d'agriculteurs à reprendre des activités génératrices de revenus en fournissant les intrants et les équipements nécessaires tout en assurant une ré-appropriation des techniques par les personnes sinistrées.

  • l'AFD va financer un assistant technique à Trincomalee, chargé à la fois du suivi de l'ensemble des interventions françaises pour leur donner plus de visibilité et de l'identification de nouveaux axes de coopération.
Dernière mise à jour : 30/07/05