Sierra Leone

Bulletin d'information No. 619 pour l'Afrique de l'Ouest

Source
Posted
Originally published
NATIONS UNIES
Bureau de coordination des affaires humanitaires
I R I N pour l'Afrique de l'Ouest
Tél.: + 225 21-73-54
Fax: + 225 21-63-35
E-mail: irin-wa@irin.ci

SIERRA LEONE: Optimisme prudent après la fuite de Bockarie

Un optimisme prudent règne à Freetown depuis l'annonce que l'ancien commandant rebelle, Sam 'Maskita' Bockarie, a fui la Sierra Leone jeudi, a indiqué lundi à IRIN le directeur de la rédaction du quotidien privé 'For Di People'.

"Bon débarras", semble être l'opinion exprimée dans les rues de Freetown depuis que l'on a appris qu'il avait disparu, a indiqué Paul Kamara.

Dans un communiqué de presse publié vendredi, l'ECOMOG, le groupe de supervision du cessez-le-feu de la Communauté Economique des Etats d'Afrique de l'Ouest (CEDEAO), a indiqué que M. Bockarie avait fui la Sierra Leone avec sa famille pour un "pays non spécifié". Avant de partir, il a détruit son quartier général de campagne et tué plusieurs officiers fidèles au dirigeant du Front révolutionnaire uni (RUF), Foday Sankoh, a précisé l'ECOMOG.

Les gens hésitent à tirer des conclusions mais espèrent que le départ de M. Bockarie marque la fin de la scission au sein de la direction du RUF, ont indiqué à IRIN des sources humanitaires à Freetown.

"J'étais au marché quand la nouvelle a été annoncée à la BBC", a indiqué lundi à IRIN Zainab Bangura, coordinatrice de la Campagne pour une Bonne Gouvernance. "Tout le monde était stupéfait, et gardait l'oreille collée à sa radio. Ils ne pouvaient même pas fêter l'événement car ils n'arrivaient pas à y croire. M. Bockarie était un cauchemar pour les Sierra-Léonais, un homme qui a tué en toute impunité et n'a montré aucun remords".

M. Bockarie, que l'on accusait de bloquer le processus de paix, avait ouvertement défié les appels à déposer les armes lancés par M. Sankoh, en refusant de rendre aucunes armes aux forces de l'ECOMOG ou aux soldats nigérians. Il avait récemment accusé M. Sankoh d'avoir envoyé un escadron de la mort pour essayer de le tuer et avait ordonné l'enlèvement de deux volontaires de Médecins Sans Frontières (MSF) pour, disait-il, attirer l'attention de la communauté internationale sur son mécontentement à propos du processus de paix.

Selon un responsable du RUF cité par l'agence Reuter, M. Sankoh avait ordonné à M. Bockarie de libérer les deux hommes et de le rejoindre ensuite dans la capitale libérienne, Monrovia. Les deux volontaires de MSF ont été libérés jeudi, peu avant la disparition de Sam Bockarie.

Le porte-parole du RUF, Eldred Collins, a déclaré lundi à IRIN qu'il n'avait aucun commentaire à faire concernant la disparition de M. Bockarie.