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99 Sierra-Léonais bloqués rentrent du Niger

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Le 15 octobre, 99 Sierra-léonais sont rentrés chez eux à bord d’un vol affrété spécialement après avoir été bloqués pendant six mois au Niger. © OIM

Freetown - Après avoir été bloqués pendant six mois, 99 Sierra-Léonais sont rentrés chez eux hier depuis le Niger grâce à un vol affrété par l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) avec le soutien de l'Union européenne. Les migrants de retour ont dû attendre plus de six mois dans un centre de transit à Agadez en raison des fermetures de frontières liées à la COVID-19.

Les migrants bloqués sont devenus un point essentiel de cette année de pandémie. Au début du mois, le Groupe de travail sur les retours de l'OIM a publié un rapport sur l'impact de la COVID-19 sur les migrants (lire ici) qui décrit que près de 3 millions de migrants étaient bloqués dans le monde entier jusqu'à la mi-juillet, et que beaucoup d'autres auraient rejoint ces rangs au cours des trois mois suivants.

Avant leur départ jeudi, les migrants de retour ont été soumis à un exercice spécial de vérification en ligne et à des contrôles de sécurité par l'Office de la sécurité nationale et le Département de l'immigration de Sierra Leone pour vérifier leur nationalité. Ils ont également été testés pour la COVID-19. À leur arrivée, ils ont subi un test de diagnostic rapide et ont commencé une quarantaine de 4 jours.

Depuis 2017, plus de 3 000 Sierra-Léonais ont bénéficié de l'aide au retour volontaire de l'OIM. Environ 70 pour cent de ces retours ont été enregistrés à Freetown-Western Urban et Waterloo dans la zone rurale occidentale de Sierra Leone.

Comptant près de deux jeunes sur trois sans emploi ou sous-employés, la Sierra Leone a l'un des taux de chômage des jeunes les plus élevés en Afrique.

Les jeunes sont devenus des victimes chroniques de la pandémie, notamment en raison du déclin de l'économie et de la perte des possibilités de travail locales. La présence accrue de jeunes désœuvrés à Freetown et dans d'autres centres urbains est devenue une source d'insécurité pour certaines communautés locales, aggravant encore le déclin économique.

Pendant des décennies, l'accès limité à l'enseignement technique et à la formation professionnelle a empêché de nombreux jeunes Sierra-léonais d'acquérir les compétences qui les rendraient attractifs sur le marché de l’emploi. Cela oblige des milliers de personnes à migrer en utilisant des moyens irréguliers, guidés par des passeurs. Cette activité donne souvent lieu à des situations de traite pour les migrants, dont beaucoup deviennent les victimes après avoir été dupés par de fausses offres d'emploi en Europe.

Tandis que la COVID-19 continue à avoir un impact sur le climat socioéconomique du pays, le taux de chômage des jeunes devrait augmenter. Dans le même temps, comme la hausse du coût de la vie touche des millions de familles, ils sont plus nombreux à tenter d'émigrer.

Pourtant, malgré les dangers associés à la migration irrégulière, les jeunes de ces régions sont toujours prêts à entreprendre des périples à la recherche de meilleures opportunités économiques en Europe.

« La COVID-19 ajoute un niveau de vulnérabilité à la jeunesse sierra-léonaise ; ces migrants de retour du Niger sont des cas typiques », déclare Akao Kunikazu, responsable du Bureau de l'OIM en Sierra Leone. « Nous devons les protéger des profiteurs qui les encouragent à migrer irrégulièrement en répandant de fausses promesses d'emploi et en profitant de leur désespoir ».

« Même si nous allons intensifier la campagne de messages sur la migration sûre, l'OIM continuera à développer des programmes pour traiter le problème du chômage des jeunes par le biais de la formation professionnelle et de l'esprit d'entreprise, en particulier pour les jeunes dans différentes zones du pays sujettes à la migration irrégulière », ajoute-t-il.

À leur arrivée jeudi à Freetown, l'OIM a fourni aux migrants de retour une aide alimentaire, de l'argent de poche et un moyen de transport pour répondre à leurs besoins immédiats.

Dans les semaines à venir, les migrants de retour recevront une aide à la réintégration qui répondra à leurs besoins économiques, sociaux et psychosociaux, avec différents types de soutien adaptés à leurs besoins et à leurs intérêts.

Ces retours ont été rendus possibles grâce au soutien du Fonds fiduciaire d'urgence de l'Union européenne pour l'Afrique, dans le cadre de l'Initiative conjointe UE-OIM pour la protection et la réintégration des migrants.

Pour plus d'informations, veuillez contacter Akao Kunikazu, Email : kakao@iom.int ou Mangeh Sesay , Email : msesay@iom.int

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