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France: Bilan de la situation au Kosovo

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Entretien du Porte-parole du Quai d'Orsay avec le journal "Koha Ditore", le 15 janvier 2000.

(Paris, 15 janvier 2000) - A l'aube de cette nouvelle année qui sera particulièrement importante pour la mise en place d'un Kosovo démocratique et respectant la règle de droit, je tiens à souligner que la France continuera à prendre toute sa part aux efforts de la communauté internationale visant à rétablir un cadre institutionnel et économique propice au développement durable.

Les tâches prioritaires auxquelles nous devons nous atteler tous ensemble découlent de la résolution 1244 des Nations unies, ce sont :

- tout d'abord, le rétablissement de la sécurité : ce qui implique, avant tout, une détermination sans faille de la population et des responsables Kosovars. La France, en déployant près de 4550 militaires apporte une contribution significative. Cette sécurité est indispensable pour que tous les citoyens puissent organiser leur vie sans crainte et participer ainsi au développement du Kosovo.

- La reconstruction : elle a évidemment commencé, dans des conditions très difficiles, aggravées maintenant par l'hiver toujours rigoureux dans cette région., Il est remarquable de constater la rapidité avec laquelle les Kosovars se sont mis au travail, réparant et reconstruisant leurs maisons, ouvrant leur commerce et reprenant les travaux agricoles en préparant la terre en vue du printemps. C'est un signe très encourageant de dynamisme et de confiance dans l'avenir.

- Et, parallèlement aux deux tâches précédentes, la mise en place d'une culture démocratique, choisie par les Kosovars eux-mêmes avec l'appui technique et financier de la communauté internationale, qui continuera à fournir une expertise et des moyens dans le domaine de la formation des cadres de l'administration centrale et territoriale, des policiers, des juges, des éducateurs. Le renforcement d'une presse indépendante est, lui aussi, fondamental. C'est pour cette raison que la France entend soutenir, comme elle l'a fait en 1999, le développement de médias indépendants.

Je précise que la France assurera la présidence du Conseil européen au deuxième semestre de cette année et je puis vous assurer qu'elle pèsera de son poids au sein des instances européennes en faveur du Kosovo.

Je voudrais saisir cette occasion pour rappeler la nature de l'engagement et les moyens consacrés par la France à la poursuite de ces objectifs.

Sur le plan diplomatique :

La France a été l'un des premiers pays à se soucier du sort de la population du Kosovo. A ce titre, elle a, dès le mois d'octobre 1998, déployé tous les efforts diplomatiques en vue d'obtenir un règlement pacifique à la crise et éviter d'autres souffrances pour le peuple Kosovar. La France présidait, je le rappelle, le Groupe de contact avec la Grande-Bretagne, - M. Robin Cook et M. Hubert Védrine - lors de la Conférence de Rambouillet.

Sur le plan militaire :

La France n'a pas hésité, lorsqu'il s'est avéré qu'un accord avec la partie serbe sur l'autonomie substantielle de la province, était impossible, à s'associer à ses partenaires de l'OTAN pour mettre les moyens militaires nécessaires en vue d'assurer la sécurité et le retour des populations du Kosovo.

Du point de vue humanitaire :

La France a joué un rôle essentiel pour l'accueil des réfugiés du Kosovo aussi bien en Albanie qu'en Macédoine. En Albanie, plus de 220.000 réfugiés ont été hébergés dans la zone de responsabilité de la force militaire française ou dans des camps assistés par des ONGS françaises (Kolouje, Povel, Durres, Korcë...). En Macédoine, 30.000 personnes ont trouvé refuge à Stenkovac, construit en grande partie grâce aux militaires français. C'est donc plus de 10% de la population ( et près de 25% des réfugiés) du Kosovo qui a pu bénéficier de la protection militaire et de l'aide française. De plus, nous avons soutenu le travail de recherche entrepris par le Tribunal pénal international en mettant à sa disposition deux équipes de médecins légistes, qui ont réalisé un énorme travail d'identification des cadavres, sur le terrain, dans des conditions particulièrement difficiles.

En ce qui concerne l'aide économique, globalement, la France a apporté en 1999 une contribution de 2, 5 milliards de francs sous forme d'aide bilatérale et multilatérale.

La seule contribution bilatérale s'est élevée à plus de 400 millions de francs ceci sans compter les subventions spécifiques accordées aux nombreuses ONGS françaises participant à l'effort de reconstruction du Kosovo. A cela il convient d'ajouter une aide économique de 70 millions de francs pour des programmes de reconstruction.

Comme exemple, de cette aide bilatérale, on peut noter que récemment, le 11 décembre, le gouvernement français a fait don, aux chemins de fer du Kosovo de deux locomotives remises à neuf par les chemins de fer français (SNCF) ainsi que d'un wagon de pièces détachées.

L'aide multilatérale :

A titre multilatéral, la France participe au fonctionnement de la MINUK à travers sa contribution à l'ONU et a largement contribué à d'autres actions en participant notamment pour un montant de 426 millions de francs à des actions engagées par l'Union européenne.

Elle a également contribué à hauteur de 25 millions de francs aux dépenses des organisations humanitaires internationales.

Au total, l'aide humanitaire française se monte ainsi (sans compter les ONG) à plus d'un milliard de francs.

A cette aide humanitaire et économique il convient d'ajouter le coût engendré par les opérations militaires ayant permis le retour des réfugiés au Kosovo et notamment 1,5 milliards de francs au titre des contributions à la KFOR.

La population kosovare doit savoir que les Français sont animés par un esprit de solidarité. Permettez-moi de souhaiter que tous ensemble, nous parvenions à atteindre les objectifs que nous nous sommes fixés, sachant que l'ambition qui nous anime est de parvenir à construire une société démocratique au Kosovo, garantissant le respect des principes et des valeurs qui fondent l'Europe d'aujourd'hui.