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Sénégal : la santé des mères encore fragile

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« Qui parmi vous a accouché dans une structure de santé ? »

Cinq femmes lèvent timidement la main. Pourtant, elles sont une cinquantaine à être rassemblées en ce samedi de mars par les équipes de la maison médicale Pierre Fabre de Wassadou, en plein cœur de la région de Tambacounda à l’est du Sénégal.

Pour la plupart, ces femmes vivent dans le village de La Boya situé à quelques enjambées de la maison médicale. La vie de ce village est essentiellement rythmée par le travail des hommes dans des bananeraies qui s’étendent à perte de vue. Le responsable de la coopérative bananière est sensible aux conditions de vie des femmes de ses employés. Il leur fournit la terre, les intrants, les engrais et l’eau pour leur permettre si elles le souhaitent de cultiver des oignons, un légume très consommé au Sénégal. Par ailleurs concerné par la bonne santé des travailleurs et de leurs familles, l’employeur peut rembourser, après accord, les frais de consultation médicale.

Et pourtant, les femmes du village et de ses alentours ne sont pas nombreuses à se rendre à la maison médicale pour accoucher. Sept accouchements par mois en moyenne sont réalisés par l’équipe de la maternité. Véronique, la sage-femme, voit parfois arriver en pleine nuit, des femmes, accompagnées par une accoucheuse traditionnelle, le placenta à la main, et ne sachant pas comment couper le cordon ombilical. Ces pratiques demeurent donc dangereuses pour la mère et l’enfant.

Au Sénégal, la mortalité liée à la grossesse et à l’accouchement constitue l’un des principaux défis de santé. Le taux de mortalité maternelle a certes baissé entre 1992 et 1998 (de 510 à 401 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes). Il n’a toutefois pas évolué pour la période 1998-2011, il est estimé à 409 décès maternels pour 100 000 naissances vivantes. En dépit des efforts réalisés par le gouvernement sénégalais pour remédier à ce phénomène, les régions de Kolda et Tambacounda demeurent les plus défavorisées avec moins d’une femme sur trois bénéficiant d’une assistance qualifiée à l’accouchement.

Pour améliorer la santé materno-infantile dans les communautés rurales de Dialacoto et de Missirah, les équipes de PU-AMI ont repris activement depuis novembre 2012 les consultations et les séances de sensibilisation en brousse et au sein de la maison médicale. Véronique et Elisabeth, son assistante, font la promotion systématique de la planification familiale auprès des femmes, de l’importance des quatre consultations prénatales et de l’accouchement au sein d’une structure de santé. Cinq relais communautaires organisent séances de sensibilisation et causeries dans les villages les plus reculés et transmettent les principaux messages de l’équipe médicale.

L’équipe de PU-AMI entend accompagner les femmes tout au long de leur grossesse. Pour les convaincre de l’importance de ce suivi, elles ont la possibilité d’obtenir un cliché du fœtus dès la première échographie. En 2013, l’objectif est au moins de doubler le nombre d’accouchements par mois au sein de la maison médicale Pierre Fabre de Wassadou.