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Au Sénégal, s’appuyer sur des tontines pour remettre les personnes vulnérables sur le chemin des centres de santé

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Engagée dans la campagne “YES, AFRICAN” d’ALIMA (The Alliance for International Medical Action), Angélique Zapata, ancienne candidate de l’émission TV Koh-Lanta très suivie sur Instagram, a réalisé une visite immersive dans un des postes de santé soutenus par ALIMA dans le cadre de la riposte contre la COVID-19.

Pour débuter la visite, nous empruntons les petites ruelles de la commune de Yeumbeul sud, dans la banlieue de Dakar, la capitale du Sénégal. Heureusement, Papa Ndiaga Cissé et Thierno Dian Sall, respectivement anthropologue et infirmier communautaire dans le cadre des activités au Sénégal menées par ALIMA, connaissent ce labyrinthe par cœur. Il veulent nous conduire jusqu’à Thiara Diaw, une jeune femme qui est relai communautaire auprès des siens.

Que veulent-ils faire découvrir à l’influenceuse ? La situation de vulnérabilité de certaines personnes dans ce quartier, comme il y en a partout ailleurs dans le pays.

Au plus près des personnes vulnérables

Thiara, et avec elle les travailleurs de santé communautaire d’ALIMA, visitent régulièrement les foyers de la zone du poste de santé Cheikh Sidaty Fall. Ce poste est surnommé “Pacotille”, en hommage au rappeur sénégalais dont les chansons mettaient en lumière les conditions difficiles de la jeunesse de la banlieue dakaroise. Les personnes âgées ne sont pas en reste. L’équipe se concentre sur elles, les plus vulnérables face au virus.

Le but des travailleurs d’ALIMA est d’identifier les personnes vulnérables face à la COVID-19, de les recenser et de les référencer afin de pouvoir les orienter vers les structures de santé les plus proches. Elles en sont trop souvent inconnues, faute de moyens financiers suffisants. Beaucoup de personnes âgées préfèrent même cacher leurs souffrances afin de ne pas constituer un fardeau pour leur entourage et font recours à de l’automédication ou à de la médecine traditionnelle, des solutions qui peuvent être contre productives.

Des soins gratuits au poste de santé de “Pacotille”

Nous nous arrêtons dans une maison du quartier, où nous rencontrons Seynabou Ndiaye. Malgré sa vulnérabilité face au virus de la COVID-19, elle n’est pas suivie médicalement. Grâce au soutien d’ALIMA auprès des postes de santé de la zone, Seynabou pourra aller gratuitement en consultation et recevoir les médicaments dont elle a besoin.

En offrant un référencement et des soins gratuits, ALIMA permet aux personnes considérées comme vulnérables de retrouver le chemin de centres de santé qui avaient perdu l’habitude de les recevoir. Les visites sont aussi l’occasion de répondre à leurs questionnements et à leurs inquiétudes.

Marième Seck Diouf est infirmière en chef du poste de santé “Pacotille”. Depuis plusieurs mois, elle et son équipe dispensent gratuitement des soins de santé primaires aux personnes vulnérables et accueillent aussi des femmes pour des consultations prénatales et post-natales, ainsi que des accouchements.

“Grâce à l’approche d’ALIMA, centrée sur le patient et la proximité avec les communautés, la fréquentation du poste de santé est passée de 100 malades par mois à 500 malades”, témoigne Marième.

Une tontine qui recense des personnes vulnérables

Les postes de santé ne sont pas les seuls lieux d’action d’ALIMA pour protéger les patients les plus vulnérables – âgés ou ayant des comorbidités. ALIMA a cartographié les associations qui permettent d’atteindre le plus de personnes possibles, et parmi elles, les tontines. Très répandue en Afrique, la tontine est un système souvent organisé par les femmes d’une communauté et qui permet de faire du micro-crédit entre elles. Ce type de groupement est une référence pour ALIMA, car il illustre la résilience et l’intelligence collective pour faire face aux aléas de la vie.

Nous sommes reçus par Maïmouna. Elle est représentante d’une tontine qui rassemble 150 femmes et parmi ses membres, beaucoup ont plus de 50 ans et/ou souffrent de maladies chroniques. C’est pourquoi ALMA a tout de suite pensé à cette organisation pour faire du plaidoyer sur la question de la vulnérabilité face à la COVID-19 et sur la santé infantile. Formée par ALIMA, elle est devenue une “Bajenu Gox” – relais communautaire.

Grâce au leadership de “Bajen” Maïmouna, les femmes de la tontine participent désormais à disséminer dans la communauté les messages sur les bons comportements à adopter face à la COVID-19 mais aussi pour toutes les questions sanitaires, comme le recours précoce aux soins par exemple. En parallèle, les personnes vulnérables recensées lors des audiences reçoivent des tickets par la tontine pour pouvoir bénéficier de soins gratuits au poste de santé voisin.

“Cette tontine communautaire existe depuis 2006”, raconte Maïmouna. “Ces femmes ont notamment commencé par faire des démonstrations culinaires afin de prendre en charge les enfants souffrant de malnutrition.” Les participantes ont ensuite élargi leurs centres d’intérêt aux problèmes sanitaires en général et sont désormais très impliquées dans le cadre de la lutte contre la COVID 19 au Sénégal. “Au-delà du seul objectif pécuniaire, utiliser cette réunion de groupe pour former les femmes leaders de demain, est un de nos objectifs”, rappelle Maïmouna.

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