Rwanda

TPIR: Bagilishema a incité la population hutue à massacrer les tutsis, affirme un témoin

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TPIR/BAGILISHEMA
Arusha, 24 janvier 2000 (FH) - Un témoin de l'accusation a affirmé lundi devant les juges du tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), que l'ancien maire de Mabanza, Ignace Bagilishema , a "incité la population hutue de sa commune à massacrer les Tutsis".

Une femme tutsie de 47 ans, nommée "B" pour des raisons de sécurité, a déclaré aux juges qu'elle avait vu et entendu, le 13 avril 1994, Bagilishema inviter la population hutue à "se lever, s'armer, et à traquer l'ennemi". Faisant allusion aux Tutsis, Bagilishema aurait dit que "l'ennemi n'est pas loin, il peut être votre voisin, et il faut le devancer car il peut vous tuer lui aussi".

Le témoin a affirmé que Bagilishema a fait ces déclarations en utilisant un mégaphone et qu'il était à bord d'un véhicule, en compagnie d'un groupe de gendarmes.

"Bagilishema n'a rien fait pour protéger les Tutsis, il nous a plutôt livrés aux tueurs", a dit le témoin en répondant à une question d'un juge.

La première chambre de première instance du TPIR présidée par le juge Eric Mose (Norvège) et comprenant les juges Asoka de Zoysa Gunawardana (Sri Lanka), et Mehmet Guney (Turquie), entendait lundi, pour la première audience de l'an 2000, le 9ème témoin de l'accusation dans l'affaire Bagilishema.

Ignace Bagilishema était maire de Mabanza dans la préfecture de Kibuye (ouest du Rwanda) lors du génocide rwandais en 1994. Il est poursuivi notamment pour génocide, complicité en vue de commettre le génocide, incitation au génocide, divers crimes contre l'humanité, et des crimes de guerre. Son procès a commencé le 27 septembre 1999.

Sur les vingt-sept témoins à charge que le parquet envisageait au départ d'appeler à la barre, neuf ont déjà été entendus par le TPIR, dont deux enquêteurs du parquet qui ont comparu comme témoins experts.

Le parquet tente encore de faire citer un certain nombre de témoins dont les dépositions n'avaient pas été transmises à la défense en temps opportun, conformément au règlement du tribunal. Les juges rendront mardi une décision au sujet de cette citation, qui a fait l'objet d'une requête en rejet de la part de la défense.

Au cours du contre-interrogatoire de lundi, l'avocat français de Bagilishema, Me François Roux , a relevé que pour la plupart de ses déclarations, le témoin "B" n'avait pas été présente sur les scènes des crimes imputés à Bagilishema, mais avait, soit "entendu dire", soit reçu des informations de la part d'une femme qui l'avait aidé à trouver refuge.

Pour la premi=DEre fois dans l'histoire du tribunal, les trois juges siégeant dans l'affaire Bagilishema ont séjourné au Rwanda du 1er au 4 novembre, pour une visite sur les sites des crimes allégués, en compagnie des équipes de la défense et de l'accusation.

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