Rwanda-Burundi: Le HCR souhaite que les réfugiés soient éloignés de la frontière

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from Fondation Hirondelle
Published on 10 May 2005
Bujumbura, le 9 mai 2005 (FH) - Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) souhaite que les milliers de réfugiés hutus rwandais éparpillés dans des sites de transit près de la frontière avec le Rwanda soient transférés ailleurs «pour des raisons de sécurité».

«Nous souhaitons aider ces gens loin de la frontière pour des raisons de sécurité et en conformité avec les règles internationales», a indiqué lundi Catherine Lune Grayson (France), chargée de l'information au HCR-Burundi.

Depuis plus d'une semaine, les autorités des deux pays tentent de convaincre ces réfugiés de regagner leurs villages, mais peu ont répondu à l'appel. La majorité sont hébergés dans des camps de fortune hâtivement aménagés dans deux provinces: Ngozi et Kirundo (nord du Burundi). Le presque totalité de ces réfugiés proviennent de la préfecture de Butare (sud du Rwanda).

Environ huit cents d'entre eux ont été transférés à Cankuzo (est du Burundi), près de la frontière avec la Tanzanie, mais ce mouvement a été vite suspendu à la suite de la réunion bipartite Burundi-Rwanda qui s'est tenue à Ngozi le 27 avril dernier.

D'aucuns se demandent ce que vont devenir ces réfugiés s'ils refusent de retourner chez eux jusqu'à la fin de la campagne de sensibilisation. Celle-ci, entamée le 28 avril, doit prendre fin jeudi prochain.

«Il s'agit d'une situation très délicate», a fait remarquer Grayson, expliquant que le HCR attend la décision que vont prendre les autorités des deux pays lors de la seconde réunion d'évaluation prévue vendredi. «Nous allons aviser en conséquence, mais nous sommes tributaires des décisions des autorités», a dit Mme Grayson, réitérant cependant le souhait du HCR de voir ces gens transférés à l'intérieur des terres burundaises. Pour éviter l'équivoque, le HCR les appelle «demandeurs d'asile».

La Convention de l'OUA de 1974 stipule dans son article 6 que «pour des raisons de sécurité, les Etats d'asile devront, dans toute la mesure du possible, installer les réfugiés à une distance raisonnable de la frontière de leur pays d'origine».

Les observateurs craignent que des mesures extrêmes, à savoir le rapatriement forcé, ne soient prises. Kigali affirme que les réfugiés craignent de comparaître devant les tribunaux semi- traditionnels Gacaca pour leur participation présumée au génocide anti-tutsi de 1994. Les fuyards affirment de leur coté qu'ils ont été victimes de l'intimidation et des menaces de mort proférées par leurs voisins tutsis.

Le ministre burundais de la sécurité publique n'était pas immédiatement joignable lundi pour une réaction.

GA/AT/GF/ FH (BU'''0509A)

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