Rwanda

Rapport de l’experte indépendante sur les questions relatives aux minorités, Gay McDougall (A/HRC/19/56/Add.1)

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Conseil des droits de l’homme

Dix-neuvième session

Point 3 de l’ordre du jour

Promotion et protection de tous les droits de l’homme, civils, politiques, économiques, sociaux et culturels, y compris le droit au développement

Mission au Rwanda

Résumé

Le Rwanda mérite d’être complimenté pour nombre de ses initiatives et pratiques positives qui ont contribué à l’apaisement social, au développement et à la croissance. Il importe de noter que le Gouvernement reconnaît que de nombreux problèmes restent à régler, et notamment qu’il convient d’établir solidement et de maintenir des conditions propres à assurer la stabilité et une paix durable.
Les efforts déployés par le Gouvernement pour créer l’unité et la cohésion sociale autour d’une identité nationale rwandaise et réduire l’importance des facteurs ethniques en tant que force de destruction dans la société sont dignes d’éloges. Étant donné le passé du pays, marqué par la violence ethnique, l’ampleur des progrès réalisés à ce jour est impressionnante. Des notions populaires d’ethnicité perdurent cependant dans la société rwandaise. Tant qu’il en ira ainsi, on ne devrait pas craindre d’aborder franchement ces questions. La promotion de l’unité nationale n’est pas incompatible avec le droit des individus et des communautés à la liberté d’expression et avec leur droit de déclarer librement leur appartenance à un groupe ethnique. Les lois et politiques qui interdisent l’incitation à la haine raciale ou au génocide doivent dans le même temps être pleinement compatibles avec la liberté d’expression telle qu’elle est protégée par les obligations internationales relatives aux droits de l’homme.
De nombreuses communautés au Rwanda s’identifient comme batwas. Le Gouvernement les a classées parmi les «groupes historiquement défavorisés». Elles vivent actuellement dans des conditions de grande précarité et pauvreté, à l’écart du reste de la population. En tant que groupe, elles ont des niveaux d’éducation et de santé extrêmement faibles, vivent dans des logements qui n’offrent aucune protection contre la dureté du climat et sont pratiquement absentes de la vie publique du pays. Elles ont été chassées de leurs forêts ancestrales sans leur consentement ni contrepartie, font face à une discrimination généralisée, surtout en matière d’emploi, et ne disposent d’aucun moyen viable de subsistance. Les programmes d’assistance mis en place par les pouvoirs publics n’ont pas eu d’effets positifs pour les Batwas dans leur ensemble.