Le HCR appelle à un soutien accru en faveur des réfugiés burundais

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from UN High Commissioner for Refugees
Published on 29 Sep 2017 View Original

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Andrej Mahecic – à qui toute citation peut être attribuée – lors de la conférence de presse du 29 septembre 2017 au Palais des Nations à Genève.

Le HCR, l’agence des Nations Unies pour les réfugiés, lance un appel à davantage de soutien de la part de la communauté internationale en faveur des réfugiés burundais et des communautés qui les accueillent, alors que la pénurie chronique de fonds entrave sérieusement les efforts humanitaires dans les pays d’asile.

Plus de 420 000 réfugiés burundais ont encore cruellement besoin d’assistance et de soutien humanitaire en Ouganda, en République démocratique du Congo (RDC), en République-Unie de Tanzanie et au Rwanda. Le nombre de réfugiés burundais demeure élevé et il est capital d’apporter suffisamment de ressources pour maintenir les activités humanitaires vitales.

L’appel de fonds révisé à 429 millions d’USD pour l’aide humanitaire aux réfugiés burundais dans les pays voisins n’est financé qu’à concurrence de 12 pour cent.

Le sous-financement a sérieusement entravé les installations de réception et limité l’espace d’accueil disponible, ainsi que la qualité de la protection assurée par les pays hôtes. Les réfugiés continuent de vivre dans des camps surpeuplés et engorgés, où ils sont confrontés à l’insécurité, à la dégradation des abris d’urgence, à une pénurie d’eau potable et de nourriture, et où les services de santé et d’éducation sont dépassés. En dépit des efforts des gouvernements des pays qui les accueillent, du HCR et de ses partenaires, la protection et l’assistance aux réfugiés du Burundi n’ont pas encore atteint un niveau acceptable.

De nombreuses régions qui hébergent des réfugiés courent le risque de l’apparition de maladies transmissibles telles que la malaria et la diarrhée aqueuse aiguë. Il est urgent d’améliorer la disponibilité et la qualité des services de santé, notamment en créant de nouvelles structures, en recrutant du personnel bien formé et en apportant des fournitures et des équipements médicaux.

Le sous-financement du Programme alimentaire mondial (PAM) a forcé cette agence à ramener à 60 pour cent les rations alimentaires mensuelles en Tanzanie, pays qui accueille la majorité des réfugiés burundais.

Seuls 56 pour cent des personnes recensées comme ayant survécu à des violences sexuelles et sexistes ont été aidées et ont bénéficié de l’ensemble complet de services et d’assistance.

L’approvisionnement en eau potable n’est suffisant que dans deux des quatre principaux pays d’accueil et seuls 17 pour cent des réfugiés de la région ont accès à des latrines familiales décentes.

Les tentes fournies au pire moment de la crise sont délabrées et la plupart des familles n’ont pas obtenu d’abri temporaire du fait de ressources limitées. Au Rwanda, un tiers des quelque 88 000 réfugiés vivent encore sous des bâches en plastique et sont exposés aux pluies ou aux orages violents. Il faut immédiatement construire des abris, les mettre à niveau ou les remettre en état.

Des dizaines de milliers d’enfants ont été inscrits dans les écoles, mais les salles de classe sont surpeuplées et il faut des écoles et des espaces d’enseignement supplémentaires pour désencombrer les infrastructures éducatives.

Bien que l’on observe le retour de certains réfugiés, le HCR n’encourage pas le retour au Burundi car les conditions n’y sont pas encore remplies pour un rapatriement à grande échelle. Les réfugiés burundais ont encore besoin de protection internationale et des sondages informels tendent à indiquer que la grande majorité d’entre eux ne prévoient pas encore de rentrer. Le HCR maintiendra toutefois son aide aux réfugiés qui ont fait part de leur désir de rentrer volontairement chez eux.

Le HCR lance également un appel à tous les gouvernements pour qu’ils laissent leurs frontières ouvertes aux demandeurs d’asile du Burundi et pour qu’il n’y ait pas de rapatriements forcés.

L’augmentation du financement des efforts d’aide aux réfugiés est vitale. Il est également impératif que, conformément à la démarche du Cadre global pour les réfugiés, des investissements supplémentaires soient réalisés dans les zones d’accueil de réfugiés, ce qui apportera un appui aux autorités locales pour inclure les réfugiés dans leurs projets de développement.

La Tanzanie – qui a adopté le Cadre global pour les réfugiés – est le pays qui accueille le plus grand nombre de réfugiés burundais, avec 246 000 réfugiés. Quelque 88 000 réfugiés se trouvent au Rwanda, 40 000 en RDC, 37 000 en Ouganda, 7 000 au Kenya. Par ailleurs, le Mozambique, le Malawi et la Zambie hébergent chacun plus de 1000 réfugiés burundais.

Pour de plus amples informations à ce sujet, veuillez svp contacter: A Genève, Babar Baloch, baloch@unhcr.org, +41 79 513 9549