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Bulletin quotidien d'information No. 880 pour la région des Grands Lacs

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NATIONS UNIES
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RWANDA: Le gouvernement dément violer les sanctions de l'ONU contre l'UNITA

Le gouvernement a catégoriquement démenti dimanche les bulletins de presse selon lesquels il aurait violé les sanctions de l'ONU imposées contre le mouvement rebelle angolais, l'UNITA, en laissant ses chefs, présents au Rwanda, effectuer des ventes de diamants et du trafic d'armes. Un rapport divulgué à la presse, qui avait été commandité par le Conseil de sécurité de l'ONU, accuse le vice président rwandais Paul Kagamé de laisser les rebelles 'opérer plus ou moins librement' pour acheter des diamants et rencontrer des trafiquants d'armes dans la capitale rwandaise, Kigali, a rapporté la BBC. De hauts fonctionnaires de RDC, de la République du Congo, du Gabon et d'Afrique du Sud ainsi que les gouvernements du Togo et du Burkina Faso sont aussi accusés de violer les sanctions. Le Rwanda a démenti ces allégations et s'est réservé 'le droit d'y répondre totalement lorsque le rapport sera officiellement présenté au Conseil de sécurité', a indiqué un communiqué de presse du gouvernement. Le communiqué a fait savoir que le Rwanda avait touj ours respecté les sanctions et continuait de le faire, et en a conclu que les médias essayaient de ternir le gouvernement, a ajouté Radio Rwanda. Le comité des sanctions angolaises du Conseil de sécurité, présidé par l'ambassadeur canadien auprès des Nations Unies, Robert Fowler, doit présenter ce rapport mercredi.

RWANDA: Nouvelle loi pour la mise en place de la police nationale

L'assemblée nationale rwandaise a voté une loi la semaine dernière prévoyant la mise en place d'une force de police nationale, suite à la nomination de l'ancien adjoint au chef d'état-major, le colonel Frank Mugabagye, à la tête de la nouvelle force de police. Le travail de la police était auparavant effectué par la gendarmerie et la police communale, et dans certains cas par la police militaire. D'après Radio Rwanda, la nouvelle loi 'exclut la gendarmerie nationale et la police communale qui ont été remplacées'.

RWANDA: Rafle d'armes illégales à Cyangugu

Jeudi dernier, l'armée, la police et les forces de défense locales ont effectué une opération conjointe de prise d'armes détenues illégalement dans la préfecture de Cyangugu, au sud-ouest du pays, à la suite d'incidents d'insécurité survenus récemment, a rapporté Radio Rwanda vendredi. On apprenait dans le rapport que des roquettes anti-tank, des fusils, des grenades et des uniformes militaires avaient été saisis. En outre, la population locale avait été prévenue que si quiconque aidait les 'mauvais éléments' tels que les bandits et les trafiquants de drogue, il s'exposerait à des mesures de représailles, a affirmé le rapport. Un ultimatum a aussi été lancé pour exhorter toute personne en possession d'armes illégales à les remettre d'ici dimanche (12 mars), a ajouté le rapport.

RWANDA: Museveni confirme le départ de Sebarenzi

Le président Yoweri Museveni a fait savoir que l'Ouganda n'avait pas livré l'ancien président de l'assemblée rwandais, Joseph Kabuye Sebarenzi qui s'est enfui à Kampala, car ce n'était pas la politique que pratiquait son pays. L'ancien président parlementaire s'est réfugié en Ouganda, il y a quelques semaines, après avoir été accusé de sédition par les autorités rwandaises. Dans une interview avec le journal 'EstAfrican', publié lundi, M. Museveni a déclaré qu'à moins qu'il ne s'agisse d'une affaire criminelle, l'Ouganda demandait normalement à ces personnes de partir dans un pays tiers. Le président a confirmé que c'est ce qui s'était passé avec M. Sebarenzi, lequel se trouverait actuellement aux Etats-Unis. M. Museveni a ajouté qu'il n'y avait aucun problème de relations avec le Rwanda, malgré les affrontements survenus l'année dernière entre les armées des deux pays dans la ville congolaise de Kisangani.

RWANDA: La Tanzanie explique pourquoi elle a livré les fugitifs

Le ministre de l'intérieur tanzanien a expliqué qu'il avait récemment livré deux ressortissants rwandais - Bertain Murera, membre de l'Armée patriotique rwandaise (APR) et Benjamin Rutabana, musicien et membre démobilisé de l'APR - aux autorités de Kigali car la police rwandaise avait sollicité leur coopération, affirmant que les deux hommes étaient soupçonnés de vol à main armée. Les deux fugitifs étaient entrés en Tanzanie illégalement suite au meurtre présumé d'un homme d'affaires à Kigali qu'ils auraient dépouillé de 30 000 dollars, a rapporté la radio tanzanienne. Selon les termes clairs du communiqué émanant du gouvernement, la Tanzanie continuerait à respecter le droit des réfugiés et des demandeurs d'asile mais elle ne serait en aucun cas une terre d'accueil pour ceux qui fuyaient la justice, a ajouté la radio. Amnesty International s'est déclarée préoccupée par le sort de Murera et de Rutabana, qui auraient aidé l'ancien président de l'assemblée rwandais, Joseph Sebarenzi à fuir en Ouganda.

RWANDA: La CE autorise l'accès à un fonds d'investissement du secteur privé

La Commission européenne (CE) a invité le Rwanda à se joindre à d'autres pays du groupe Afrique, Caraïbes et Pacifique (ACP) pour solliciter une aide de financement provenant d'un fonds d'investissements du secteur privé s'élevant à 2,2 milliards d'euros (à peu près la même somme en dollars). Compte-tenu du fait que ce fonds devra être investi en deux ans, il est recommandé que le secteur privé rwandais se prépare le plus tôt possible à bénéficier de cette aide de financement car 'elle sera affectée selon le principe du premier venu premier servi', a déclaré, vendredi à Kigali, le commissaire au développement et à l'aide humanitaire, Poul Nielson. Ce soutien du secteur privé vient s'ajouter à l'octroi de 110 millions d'euros annoncé jeudi par M. Nielson ainsi qu'à la reprise de l'aide régulière au développement en faveur du Rwanda, a rapporté l'Agence rwandaise d'information. Tandis que le secteur public rwandais devait créer un 'environnement favorable' et le financement de la CE pouvait servir de catalyseur, c'est au secteur privé qu'incombaient la stratégie et la reprise de la croissance économique, a indiqué M. Nielson.

TANZANIE: L'UE continuera d'apporter sa part pour soutenir le coût des réfugiés

Parallèlement, la CE a appelé la Tanzanie 'à continuer d'agir comme un leader moral et comme le garant des droits des réfugiés' dans la région des Grands Lacs. Elle a souligné que le reste du monde n'avait pas abandonné la Tanzanie et ne la laisserait pas s'occuper du problème seule, a rapporté le quotidien tanzanien 'Guardian'. Le commissaire au développement et à l'aide humanitaire, Poul Nielson, a indiqué aux autorités régionales et aux organisations humanitaires au camp de réfugiés de Lukole dans le district de Ngara, dans la région de Kigera, au nord-ouest de la Tanzanie, que 'tout retour de réfugiés doit être volontaire et s'effectuer de manière pacifique en accord avec les critères internationaux'. A cet égard, la Tanzanie était une 'île d'espoir dans une région de troubles'. M. Nielson a reconnu que la communauté internationale demandait beaucoup à la Tanzanie, et que l'ampleur de la population de réfugiés lui avait créé bien des difficultés, mais il a promis que la CE 'continuerait d'apporter sa part' en soutenant les projets de société, d'environnement et d'infrastructures afin d'aider le pays à s'en sortir. La CE poursuivrait son engagement dans les processus de paix au Burundi et en RDC, dont étaient originaires la plupart des réfugiés en Tanzanie, a ajouté M. Nielson.

REPUBLIQUE DEMOCRATIQUE DU CONGO: Miyet rencontre Kabila

Le sous-secrétaire général de l'ONU pour les opérations de maintien de la paix, Bernard Miyet, a tenu des consultations vendredi avec le président de RDC, Laurent-Désiré Kabila. Cette rencontre s'inscrivait dans le cadre des efforts de l'ONU pour expliquer les modalités du déploiement d'une mission d'observateurs. 'Une première lecture du compte-rendu de la rencontre indiquait que les discussions ont été positives,' a fait savoir à des journalistes à New York le porte-parole de l'ONU, Fred Eckhard. 'Miyet entend obtenir le plein soutien de la RDC, essentiel pour pouvoir déployer une force forte de plus de 5 500 hommes,' a-t-il dit, ajoutant que les missions de reconnaissance auprès des quatre bases de la nouvelle mission d'observateurs de l'ONU devaient commencer dès le début de la semaine prochaine.

RDC: Les réfugiés continuent à passer au Congo-Brazzaville

Les réfugiés de la République démocratique du Congo continuent de gagner une zone de la République du Congo voisine que l'on ne peut atteindre que par bateau et o=F9 les opérations humanitaires sont 'extrêmement difficiles', a fait savoir le HCR vendredi. 'Près de 25 000 réfugiés se sont installés dans des villages situés du côté de la République du Congo, s'étalant sur quelque 500km de Betou au nord à Njoundou au sud,' a déclaré à des journalistes à Genève le porte-parole du HCR, Ron Redmond. Il a indiqué qu'ils fuyaient les combats entre rebelles et forces gouvernementales. 'Une pénurie continuelle de carburants et une insécurité générale dans la région rendent les opérations de secours du HCR extrêmement difficiles,' a-t-il ajouté. 'Jusqu'à présent, nous avons réussi à atteindre 13 500 réfugiés dans 17 villages du secteur nord d'Impfondo [avec] des bâches en plastique, des filets de pêche et du savon.' Beaucoup de ces réfugiés sont des pêcheurs et tirent leur nourriture de la rivière, selon le HCR. Les autorités de Brazzaville auraient déclaré qu'elles préféraient que les réfugiés soient installés dans des camps éloignés de la frontière, en raison de l'insécurité et du risque d'infiltration par des éléments armés.

RDC: Fin de la consultation nationale à Kinshasa avec les chefs religieux

La consultation nationale organisée à Kinshasa par les chefs de confessions religieuses en guise de 'réunion préparatoire' au débat national, stipulé dans les accords de Lusaka, s'est achevée samedi. Les participants ont publié un communiqué dans lequel ils ont réitéré que le peuple congolais était souverain et aspirait à vivre dans la paix, a rapporté la télévision nationale de RDC. Ils ont condamné la 'guerre d'agression et l'invasion de notre territoire national'. Ils ont aussi condamné les 'énormes massacres de Congolais, le pillage des ressources naturelles et la destruction de notre environnement'. Ils ont enjoint à l'opposition non armée de rester tolérante, de travailler pour la réconciliation et de cesser le boycott des consultations. Les participants ont aussi appelé les membres de la société civile 'à remplir entièrement leur rôle de catalyseur en tant que conseillers et acteurs culturels et socio-économiques'. 'Nous appelons donc nos frères et nos soeurs de l'opposition armée à faire preuve de patriotisme, à déposer leurs armes immédiatement et à se dissocier des ennemis de notre peuple,' a indiqué le communiqué. 'Nous appelons le gouvernement à tenir compte des aspirations du peuple congolais exprimées à l'occasion des consultations nationales, et à créer un environnement favorable à la tenue du débat national.'

BURUNDI: Museveni soutient les efforts de médiation de Mandela

La rencontre, la semaine dernière en Ouganda, entre le président Yoweri Museveni et son homologue burundais Pierre Buyoya était destinée à renforcer le processus de paix en cours à Arusha, facilité par l'ancien président sud-africain Nelson Mandela, ont indiqué les autorités ougandaises. 'Le président Museveni a accueilli cette rencontre dans son pays en qualité de président de l'initiative régionale sur le Burundi afin de réaffirmer son soutien au facilitateur. Par ailleurs, aucune position n'avait été prise sur des questions encore en cours de discussion à Arusha, car ceci incombait aux parties burundaises participant aux négociations,' a indiqué lundi à IRIN Amama Mbabazi, ministre des affaires étrangères ougandais en charge de la coopération régionale. La réforme de l'armée et la formation d'un gouvernement de transition font partie des questions essentielles débattues pendant les négociations.

Selon les propos du président Museveni cités par la radio ougandaise, il aurait tenu des 'consultations fructueuses' avec le président Buyoya. Sur l'évolution des pourparlers d'Arusha, M. Museveni a déclaré que tout retard serait 'compréhensible', car le processus 'est destiné à résoudre un problème très grave'.

BURUNDI-RWANDA: Projets de voie ferrée directe jusqu'à Dar

Le Burundi et le Rwanda envisagent de construire une ligne de chemins de fer directe jusqu'au port tanzanien de Dar es Salaam comme autre moyen d'accès à la mer, a rapporté le quotidien tanzanien 'EastAfrican'. Les deux pays enclavés d'Afrique centrale comptent sur le port de Mombasa au Kenya pour les importations et les exportations qui transitent aussi par l'Ouganda. Bien que les deux pays n'aient pas encore réuni les fonds nécessaires pour le projet de la voie ferrée, les études de faisabilité indiquent que le Burundi prévoit de prolonger la voie ferrée depuis le terminal actuel situé à Rusumo, à la frontière avec la Tanzanie, jusqu'à Bujumbura et d'autres villes telles que Musogati dans la province de Gitega. Le Rwanda projette de relier la capitale Kigali au terminal d'Isaka, à la frontière avec la Tanzanie. Les deux pays cherchent d'autres voies qui permettraient de réduire les coûts de transport.

Nairobi, le 13 mars 2000

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