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Gaza : « Les blessures de guerre mettent à l'épreuve un système de santé sous embargo»

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Après l'offensive israélienne de janvier dernier, de nouvelles nécessités médicales et sanitaires ont amené MSF à augmenter ses activités pour pallier certains manques spécifiques : soins post-opératoires et kinésithérapie, soins de santé mentale, chirurgie...

Jean-Luc Lambert, chef de mission pour les Territoires occupés palestiniens, revient sur les activités de MSF et évoque leurs développements pour 2010.

Gaza : retour sur une catastrophe humaine Qu'a fait MSF cette année pour répondre aux besoins post-guerre dans la bande de Gaza ?

«Dans les jours qui ont immédiatement suivi les trois semaines de l'offensive israélienne, MSF a ouvert un centre d'urgences chirurgicales sous deux tentes hospitalières gonflables pour répondre à l'afflux de cas en traumatologie. MSF prenait en charge la chirurgie orthopédique et plastique pour les patients blessés pendant l'offensive israélienne et nécessitant plusieurs interventions, permettant ainsi aux structures débordées du Ministère de la Santé de se concentrer sur les urgences. Ce programme d'urgence et de suivi après la phase critique a duré de janvier à juillet 2009. Au total, 84 interventions orthopédiques et 278 opérations de chirurgie plastique ont été réalisées.

Pour répondre aux besoins en soins post-opératoires et en kinésithérapie, MSF a ouvert une 3ème clinique dans le Nord, particulièrement touchée pendant l'offensive israélienne, et a augmenté jusqu'à 8, le nombre d'équipes mobiles spécialement dédiées à ces activités, donnant ainsi de meilleures chances de guérison aux patients opérés. En 2009, 1 116 personnes ont été prises en charge et par les équipes ont réalisés 65 000 actes de soins. L'inclusion récente d'un programme de microbiologie a constitué un apport important à notre programme post-opératoire, car la résistance aux antibiotiques est très élevée à Gaza ; il devrait permettre de fournir des prescriptions correctes et, généralement, de mieux gérer les patients présentant des plaies infectées.

L'effet psychologique de l'offensive israélienne a été dramatique, surtout pour les enfants, et notre équipe de psychologues a dû être renforcée pour pallier l'afflux de patients. 370 nouveaux patients ont été pris en charge par nos équipes pluridisciplinaires (psychologues, médecins, assistante sociale). Plus de la moitié d'entre eux dont avaient moins de 12 ans. La majorité, présentant des troubles psychologiques sévères liés aux traumatismes de la guerre (Post traumatique Disorder) a pu bénéficier d'une thérapie courte ayant pour objectif d'atténuer la souffrance psychique et d'accompagner la personne vers un retour à la vie normale. Pour plus de 78% de nos patients, cet objectif a été atteint.

Le programme pédiatrique qui avait été ouvert en février 2008 - dans le nord de la bande de Gaza, en réponse à la détérioration générale de l'offre de soins courant 2007 et à la surcharge du seul hôpital pédiatrique de référence - a fermé en septembre 2009, d'autres acteurs intervenant désormais sur ce secteur. Au total, plus de 11 000 consultations ont été menées en 19 mois d'activités.