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Bande de Gaza : Un état des lieux alarmant un an après l'offensive israélienne

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L'offensive militaire israélienne dans la Bande de Gaza, qui débuta le samedi 27 décembre 2008 s'est caractérisée par des raids et bombardements aériens suivis par une offensive terrestre lancée le 3 janvier 2009.

L'objectif déclaré des israéliens était de mettre fin aux tirs de roquettes Qassam du Hamas sur Israël, en particulier sur la ville voisine de Sderot, et à son réapprovisionnement en armement, en s'en prenant aux militants du Hamas et en détruisant des infrastructures qu'il utilise, en particulier les centaines de tunnels creusés sous la frontière entre la Bande de Gaza et le Sinaï égyptien.

Pour voir la carte de la Bande de Gaza, cliquez ici.

L'opération militaire, appelée "Plomb durci" par les israéliens et "Massacre du samedi noir" par les palestiniens, a tuée des centaines de civils sur le territoire. Trois semaines après le début de l'attaque israélienne, le bilan s'élève à 1.315 Palestiniens et 13 Israéliens tués ainsi que plus de 5.300 blessés côté palestinien.

Un an après cette offensive militaire de l'armée israélienne sur la Bande de Gaza, notre Chef de Mission dans les Territoires Palestiniens, Dominique le Dortz, nous fait part de la situation qui prévaut aujourd'hui sur place et des actions mises en place par Première Urgence.

Ce qu'il nous en dit est alarmant :

"Le taux de chômage déjà très élevé à cause du blocus, a augmenté suite à la destruction de nombreuses usines (plus de 45% de la population en âge de travailler se trouve sans emploi). Le manque de fonds ne permet pas au Hamas d'assurer un service public minimum (ramassage des ordures, services de santé,... ). Le blocus imposé par Israël ne permet pas aux Gazaouis de reconstruire.

La Bande de Gaza vit actuellement sous très grande dépendance de l'aide humanitaire internationale. Cette dernière initie des travaux communautaires rémunérés permettant un revenu d'appoint et organise des distributions alimentaires pour plus des 2/3 de la population. Ces activités nécessitent l'emploi de nombreux palestiniens pour leur mise en place.

Les matériaux de construction ne pouvant entrer dans la Bande de Gaza, les réseaux d'eau endommagés n'ont pu être réparés entrainant ainsi des déperditions considérables et une qualité de l'eau mauvaise. D'autre part, on remarque de nouveaux comportements pour parvenir à reconstruire les maisons endommagées : les Gazaouis et plus particulièrement les enfants vont récupérer des matériaux sur d'anciennes colonies démantelées aux abords d'Erez afin de les recycler.

De 35 à 60% des terres arables ont été endommagées pendant la guerre, beaucoup de terres agricoles sont aujourd'hui impropres à la culture. Certains sols sont aujourd'hui infertiles suite à l'utilisation d'armes à composantes chimiques. Les familles Gazaouis vivant principalement de l'agriculture, la pauvreté et la misère ont augmenté de façon considérable. De plus la contamination par des composants chimiques des nappes phréatiques rend l'eau impropre à la consommation.

Les pêcheurs, quant à eux, ont vu leurs rendements considérablement baisser suite à la limitation des zones de pêches (Les déplacements en mer sont limités à 3 miles nautiques des côtes au lieu des 20 miles prévus dans l'accord de cessez-le-feu)".

Les premières interventions de Première Urgence dans la Bande de Gaza datent de février 2009. Malgré les contraintes de l'embargo israélien, Première Urgence y a mené des activités d'urgence et de post urgence avec comme principaux résultats :

- 13.447 victimes de la crise ont reçu des biens non alimentaires indispensables pour se protéger du froid et conserver une hygiène de base.

- 3.640 victimes du conflit ont reçu des soins appropriés dans les structures hospitalières de Gaza.

- 200 foyers victimes du conflit ont reçu une citerne d'eau de 500 litres.

- Un bassin avec système de filtration pour assainir l'eau et limiter les inondations a été réhabilité à Khan Yunis.

- 85 petites exploitations du sud de la Bande de Gaza ont eu leurs terres réhabilitées et ont reçu des intrants agricoles. On note que certains agriculteurs avaient même arrêté leurs activités, découragés par les destructions répétitives suite aux incursions de l'armée israéliennes (certains d'entre eux ont vécu 10 incursions sur leurs terres dans les 7 dernières années).

- 135 personnes ont été intégrées dans des programmes « argent contre travail ». Elles ont ainsi pu améliorer temporairement leurs conditions de vie.

- Première Urgence fait appel aux populations locales, pour des emplois salariés afin de l'assister dans la mise en œuvre de ses programmes.