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Rapport du Secrétaire général sur les activités du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (S/2021/612)

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I. Introduction

  1. Le présent rapport, qui porte sur la période du 15 décembre 2020 au 17 juin 2021, donne un aperçu de l’évolution de la situation et des tendances observées en Afrique de l’Ouest et au Sahel et fait état des activités menées par le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS), ainsi que des progrès accomplis dans la mise en œuvre de la stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel. Y figure également, comme le Conseil de sécurité l’a demandé dans sa résolution 2349 (2017), une évaluation de la situation dans le bassin du lac Tchad, ainsi qu’une évaluation de la faisabilité d’un projet civil conjoint visant à lutter contre la violence intercommunautaire dans la sous-région, faite à la demande du Conseil de sécurité (voir annexe).

II. Évolution de la situation et tendances observées en Afrique de l’Ouest et au Sahel

  1. Suite à la série d’élections présidentielles et législatives qui ont eu lieu au cours de la période précédente et de la période à l’examen (voir S/2020/1293), de nouveaux gouvernements ont été installés dans plusieurs pays de la région. Au Niger, on a assisté au tout premier transfert de pouvoir d’un président élu à un autre. Au Bénin et au Ghana, les candidats sortants ont prêté serment pour un second mandat. À Cabo Verde et en Côte d’Ivoire, à la suite de leurs élections législatives respectives, de nouveaux gouvernements ont également été formés. En Côte d’Ivoire, il s’agit d’une évolution importante puisque tous les principaux dirigeants politiques et leurs partis ont participé aux élections après une interruption de 10 ans, ce qui contraste fortement avec l’élection présidentielle de 2020, que certains segments de l’opposition avaient boycottée. Les initiatives en faveur du dialogue et de la réconciliation nationale ont progressé dans plusieurs pays, bien qu’à un rythme inégal et, dans certains cas, lentement. Si, au Burkina Faso et en Côte d’Ivoire, le dialogue et la recherche de consensus entre les acteurs politiques ont débouché sur des gestes et des signes de réconciliation, en Guinée, le nouveau cadre permanent au service du dialogue politique et social n’a pas encore démarré ses activités. Au Niger et en Gambie, le dialogue politique et les délibérations sur la réforme constitutionnelle restent dans l’impasse.

  2. La période considérée a également été marquée par l’impression croissante d’un recul de la démocratie dans toute la région, en raison de l’opinion répandue selon laquelle les institutions de l’État et les processus de réforme, ainsi que les restrictions mises en place pour lutter contre la propagation de la pandémie de maladie à coronavirus (COVID-19), avaient été manipulés pour empêcher les opposants politiques de se présenter aux élections et pour limiter les activités des partis d’opposition, des médias et de la société civile. Le manque d’indépendance de la magistrature et son instrumentalisation dans un certain nombre de pays, les allégations d’arrestations et de détentions arbitraires, ainsi que l’intimidation de journalistes et de militants, et le recours excessif à la force pour réprimer les troubles civils ont été jugés préoccupants et ont mis en évidence le risque persistant d ’un rétrécissement de l’espace civique et politique. Le sentiment d’impunité a continué de saper la confiance des citoyens dans les institutions de l’État, dans un contexte de multiplication des discours de haine.

  3. Les attentats qui continuent d’être perpétrés par des groupes terroristes et extrémistes violents, les enlèvements, le banditisme et les violences intercommunautaires ont entraîné une nouvelle augmentation de l’insécurité et des déplacements dans un certain nombre de pays. Si les retombées de la pandémie de COVID-19 ont été moins graves que ce que l’on craignait initialement, celle-ci a néanmoins entraîné un ralentissement de l’économie et une forte augmentation de la pauvreté, des inégalités et de la vulnérabilité aux violences sexuelles et fondées sur le genre. Malgré le renforcement de l’intervention sous-régionale face à la pandémie, la mise en œuvre des plans de vaccination nationaux a été inégale, lente et entachée d’hésitations ou de résistances liées à la méfiance des citoyens envers leurs gouvernements ou les vaccins.