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Le Conseil de sécurité s’engage aux côtés des pays du bassin du lac Tchad face à la menace posée par Boko Haram - résolution 2349 (2017)

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CS/12773

CONSEIL DE SÉCURITÉ
7911E SÉANCE – APRÈS-MIDI
31 MARS 2017

Un peu moins d’un mois après sa visite dans la région du bassin du lac Tchad, effectuée du 2 au 7 mars, le Conseil de sécurité a demandé, aujourd’hui, aux pays de cette région de « persévérer » dans leur lutte contre Boko Haram, tout en appelant la communauté internationale à leur fournir un appui plus solide pour vaincre ce groupe terroriste, répondre aux causes profondes ayant permis son avènement et remédier à la crise humanitaire.

En adoptant la résolution 2349 (2017), à l’unanimité de ses membres, « la première du genre » sur le sujet, le Conseil a fait montre de son « engagement fort et résolu » en faveur de ces pays, s’est notamment félicité le délégué du Sénégal, lors des explications de vote.

De son côté, le délégué du Cameroun, qui s’exprimait au nom des pays du bassin du lac Tchad, à savoir le Niger, le Nigéria, le Tchad et son propre pays, a précisé que Boko Haram, véritable « nébuleuse terroriste », conservait une « capacité de nuisance », même si il a été « battu frontalement sur le plan militaire ».

Au titre du premier volet de la résolution –« sécurité, protection des civils et droits de l’homme »- le Conseil encourage les gouvernements de la région à maintenir la « dynamique engagée » contre Boko Haram grâce à la Force multinationale mixte et à renforcer leur coopération militaire, dans le respect des droits de l’homme.

Tous les conseillers pour les droits de l’homme de ladite Force devront être déployés, tandis les organismes onusiens concernés apporteront leur appui en s’attaquant aux conditions propices à la propagation du terrorisme.

S’agissant du volet intitulé « situation humanitaire », les membres du Conseil demandent le décaissement « rapide » de 458 millions de dollars annoncés à la Conférence d’Oslo de 2017 afin d’éviter une nouvelle aggravation.

Le Conseil engage, en outre, les autorités nationales à veiller à ce que les ressources de l’action humanitaire aillent à ceux qui « en ont le plus besoin ». De son côté, l’ONU, qui a intensifié ses interventions, en particulier dans le nord-est du Nigéria, devra déployer un nouveau personnel expérimenté et veiller à une « forte coordination » civilo-militaire.

Au titre du volet de la résolution « causes profondes et développement » le Conseil demande aux gouvernements de remédier aux inégalités, aux défis environnementaux et d’élaborer des stratégies de lutte contre l’extrémisme violent, afin d’« éliminer les facteurs qui ont permis l’émergence et la survie de Boko Haram et de Daech ». L’ONU et ses partenaires devront, eux, progresser dans la mise en œuvre de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel.

Enfin, le Conseil invite le Secrétaire général à prévoir une visite de haut niveau dans la région et à lui remettre un rapport dans les cinq mois.

Si l’ensemble des délégations ont salué l’unité du Conseil sur ce dossier, le délégué de la Chine a insisté sur le respect de l’intégrité et de la souveraineté territoriales des pays du bassin du lac Tchad.

De son côté, le délégué du Royaume-Uni a rappelé que la lutte contre le terrorisme devait respecter le droit international. « Mon gouvernement apporte une aide psychosociale et une assistance humanitaire, tout en veillant à décourager les jeunes exposés à la radicalisation », a assuré son homologue du Nigéria.

De vives critiques ont été émises s’agissant de la conduite des négociations de ce texte, en particulier par le représentant de l’Égypte qui a déploré leur manque de transparence.

Le représentant de la Bolivie a, lui, regretté un délai de négociation insuffisant et jugé qu’un report de l’adoption aurait été souhaitable. Un vœu partagé par le représentant de la Fédération de Russie, qui a indiqué que le Royaume-Uni voulait une mise aux voix avant la fin de sa présidence du Conseil. « Le texte n’est pas affiné », a-t-il regretté.

PAIX ET SÉCURITÉ EN AFRIQUE

Texte du projet de résolution (S/2017/270)

Le Conseil de sécurité,

Rappelant ses résolutions antérieures et les déclarations de son Président sur la lutte contre le terrorisme, la prévention des conflits en Afrique, la protection des civils, les femmes et la paix et la sécurité et le sort des enfants en temps de conflit armé, et sur le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) et le Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (BRENUAC),

Rappelant sa visite dans la région du bassin du lac Tchad (la région) du 2 au 7 mars 2017 afin d’engager un dialogue avec les Gouvernements camerounais, nigérian, nigérien et tchadien, les déplacés, le personnel chargé de la sécurité, les travailleurs humanitaires, les représentants de la société civile, y compris les associations de femmes, et les organismes régionaux,

Assurant de sa solidarité et de son plein appui les populations de la région touchées par le conflit, y compris les déplacés et les communautés d’accueil qui souffrent de la persistance de l’insécurité, de la situation d’urgence humanitaire et des déficits de développement résultant de la violence des groupes terroristes Boko Haram et État islamique d’Iraq et du Levant (EIIL, également connu sous le nom de Daech), et affirmant sa solidarité avec les gouvernements concernés dans les efforts qu’ils déploient pour faire face à ces besoins urgents en même temps qu’à une situation économique défavorable,

Réaffirmant son ferme attachement à la souveraineté, à l’indépendance, à l’unité et à l’intégrité territoriale du Cameroun, du Niger, du Nigéria et du Tchad,

Saluant la détermination des gouvernements de la région, ainsi que des organisations sous-régionales et régionales, et leur souci de prendre les choses en main en vue de neutraliser l’impact de Boko Haram et de l’EIIL,

Se déclarant gravement préoccupé par la poursuite des attentats terroristes perpétrés par Boko Haram et l’EIIL, et par la gravité de la situation humanitaire dans l’ensemble de la région par suite des activités de Boko Haram, notamment les déplacements à grande échelle et le risque de famine dans le nord-est du Nigéria,

Réaffirmant que le terrorisme, sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations, constitue une des menaces les plus graves contre la paix et la sécurité internationales et que tous les actes de terrorisme sont criminels et injustifiables, quels qu’en soient les motivations, le moment et les auteurs, et demeurant résolu à contribuer encore à améliorer l’efficacité de l’action d’ensemble menée contre ce fléau à l’échelle mondiale,

Se déclarant profondément préoccupé par le risque que les groupes terroristes puissent, en tirant parti de la criminalité transnationale organisée et de toutes sortes de trafics, contribuer à affaiblir les États touchés, en particulier sur les plans de la sécurité, de la stabilité, de la gouvernance et du développement économique et social, et constatant le lien existant entre la traite des personnes, la violence sexuelle et le terrorisme et les autres activités criminelles transnationales organisées, qui risque de prolonger et d’exacerber le conflit et la situation d’instabilité ou d’en aggraver les conséquences pour les populations civiles,

Considérant que la sécurité, le développement et les droits de l’homme sont indissociables, se renforcent mutuellement et sont essentiels pour une stratégie efficace et globale de lutte contre le terrorisme, de stabilisation et de réconciliation,

Se félicitant de l’engagement pris par les gouvernements de la région pour lutter contre Boko Haram, créer des conditions de sécurité pour les civils, favoriser le retour des déplacés et des réfugiés, créer des conditions propices à la stabilisation et permettre l’accès des organisations humanitaires, conformément au mandat du Conseil de paix et de sécurité de l’Union africaine (Conseil de paix et de sécurité), saluant les importantes avancées territoriales réalisées par les gouvernements de la région contre Boko Haram, notamment dans le cadre de la Force multinationale mixte (FMM) qui a contribué à la libération d’otages, à l’arrestation de membres de Boko Haram et à une augmentation du nombre de défections, et rendant hommage à tous ceux qui ont perdu la vie dans la lutte contre Boko Haram,

Conscient de la menace que représentent les groupes terroristes Boko Haram et EIIL et rappelant que Boko Haram a été désigné comme étant associé à Al-Qaida par le Comité du Conseil de sécurité faisant suite aux résolutions 1267 (1999), 1989 (2011) et 2253 (2015) concernant l’EIIL (Daech), Al-Qaida et les personnes, groupes, entreprises et entités qui leur sont associés (le Comité),

Soulignant qu’il est nécessaire, pour affaiblir et vaincre Boko Haram et l’EIIL, de disposer d’une stratégie globale consistant à mener, dans le respect du droit international applicable, des opérations de sécurité coordonnées et à renforcer les activités civiles visant à améliorer la gouvernance, à promouvoir le développement et la croissance économique dans les zones touchées, à lutter contre la radicalisation et à assurer l’autonomisation et la protection des femmes,

Reconnaissant l’interdépendance des défis auxquels sont confrontés la région du bassin du lac Tchad et l’ensemble de la région du Sahel et préconisant une plus grande cohérence régionale et internationale en vue de relever ces défis,

Sécurité, protection des civils et droits de l’homme

  1. Condamne vivement tous les attentats terroristes, toutes les violations du droit international humanitaire et les atteintes aux droits de l’homme commises par Boko Haram et l’EIIL dans la région, y compris les meurtres de civils et les autres actes de violence perpétrés contre des civils, en particulier des femmes et des enfants, les enlèvements, les pillages, les viols, les mariages d’enfants, les mariages précoces et forcés, l’esclavage sexuel et les autres formes de violence sexuelle et sexiste, le recrutement et l’utilisation d’enfants, y compris l’utilisation de plus en plus fréquente de filles comme enfants-bombes et la destruction de biens civils, et demande que les auteurs de ces actes en soient tenus responsables et comparaissent devant la justice;

  2. Rappelle les communiqués du Conseil de paix et de sécurité sur Boko Haram, y compris celui qu’il a publié à l’issue de sa 484e réunion, a conscience de l’appui que l’Union africaine ne cesse d’apporter à la FMM, et demande aux États membres de la Commission du bassin du lac Tchad et au Bénin de persévérer dans leurs efforts pour lutter contre Boko Haram et mettre en œuvre les dispositions des communiqués, a conscience également que le Conseil de paix et de sécurité et le Conseil de sécurité ont besoin d’entretenir une relation effective et stratégique pour être chacun en mesure d’appuyer la stabilité et le développement dans le bassin du lac Tchad;

  3. Encourage les gouvernements de la région à maintenir la dynamique engagée, à renforcer encore la coopération et la coordination militaires dans la région, à se conformer aux obligations que leur imposent le droit international humanitaire et le droit international des droits de l’homme, à permettre l’accès humanitaire en toute sécurité, en temps voulu et sans entrave, à faciliter le rétablissement de la sécurité civile et de l’état de droit dans les zones repassées sous le contrôle du Gouvernement, et à garantir la liberté de circulation des biens et des personnes; et encourage également la collaboration régionale en matière de mise en œuvre des conclusions du Sommet régional sur la sécurité tenu à Abuja en 2016 et en matière de renforcement de la coopération dans le cadre d’un troisième Sommet régional sur la sécurité qui se tiendra en 2018, y compris en ce qui concerne la stabilisation et le relèvement après les conflits;

  4. Se félicite de l’appui multilatéral et bilatéral fourni aux opérations militaires dans la région et encourage à donner un appui plus solide pour renforcer la capacité opérationnelle de la FMM dans le cadre de l’aide qu’elle accorde aux pays de la région dans la lutte contre Boko Haram et l’EIIL, aide qui peut comporter une assistance appropriée s’agissant de la logistique, de la mobilité, des communications et des équipements, ainsi que des moyens permettant d’améliorer l’échange de renseignements, selon que de besoin et compte tenu de l’environnement complexe dans lequel Boko Haram et l’EIIL opèrent et des tactiques évolutives qu’ils emploient, l’aide pouvant également comprendre des activités de formation, portant notamment sur la violence sexuelle et sexiste, la problématique hommes-femmes et la protection de l’enfance;

  5. Demande que soit déployé de toute urgence, par l’intermédiaire de l’Union africaine, le personnel civil, notamment des conseillers pour les droits de l’homme, de la FMM restant encore à déployer ainsi qu’un conseiller spécialement chargé de la problématique hommes-femmes, et que les promesses faites à la Conférence des donateurs de l’Union africaine tenue le 1er février 2015 à l’appui de la FMM soient rapidement concrétisées; engage l’Union africaine à affecter les fonds que les partenaires clefs ont versés à la FMM; engage également les États Membres à verser de généreuses contributions au Fonds d’affectation spéciale de l’Union africaine et prie le Secrétaire général de mobiliser énergiquement la communauté internationale et les donateurs en faveur de cette initiative;

  6. Appelle de nouveau les États Membres à prendre des mesures fermes et énergiques afin d’endiguer les flux de fonds et d’autres actifs financiers et ressources économiques à destination des personnes, groupes, entreprises et entités inscrites sur la Liste relative aux sanctions contre l’EIIL et Al-Qaida, y compris Boko Haram; se déclare de nouveau disposé à inscrire sur la Liste les personnes, groupes, entreprises ou entités qui apportent leur appui à Boko Haram, y compris ceux qui financent, arment, planifient des activités ou recrutent pour le compte de Boko Haram, et, à cet égard, encourage tous les États Membres à adresser au Comité des demandes d’inscription sur la Liste de personnes, groupes, entreprises et entités qui soutiennent Boko Haram;

  7. Demande aux pays de la région de prévenir la criminalité transnationale organisée, en particulier le trafic d’armes et la traite d’êtres humains, d’ériger ce type d’activité en crime, d’engager des enquêtes à cet égard, de traduire en justice les auteurs et de veiller à ce que quiconque participe à ce genre d’activité en soit tenu comptable;

  8. Engage les organismes des Nations Unies concernés, notamment le Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale (BRENUAC), le Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel (UNOWAS) et le Bureau des Nations Unies auprès de l’Union africaine (BNUUA) à redoubler d’efforts pour appuyer les gouvernements de la région, ainsi que les organisations sous-régionales et régionales, afin de remédier aux effets des violences commises par Boko Haram et l’EIIL sur la paix et la stabilité dans la région, notamment en s’attaquant, conformément à la Stratégie antiterroriste mondiale des Nations Unies, aux conditions qui pourraient être propices à la propagation du terrorisme ainsi qu’à l’extrémisme violent qui peut constituer un terrain favorable au terrorisme, et à mener des travaux de recherche axée sur la problématique hommes-femmes et de collecte de données relatives aux facteurs de radicalisation parmi les femmes, et sur les incidences des stratégies de lutte contre le terrorisme sur les droits fondamentaux des femmes et sur les organisations de femmes, afin d’élaborer une politique et des programmes ciblés et fondés sur des données factuelles;

  9. Demande aux États Membres de s’assurer que les mesures qu’ils prennent pour combattre le terrorisme sont conformes à toutes les obligations que leur impose le droit international, en particulier le droit international des droits de l’homme, le droit international des réfugiés et le droit international humanitaire; et encourage les gouvernements de la région à envisager, en concertation avec les populations locales, les effets potentiels des opérations menées contre Boko Haram et l’EIIL et les mesures de sécurité prises pour s’en protéger sur les moyens de subsistance et la liberté de circulation;

  10. Déplore la perte de vies humaines lors de l’évènement tragique de Rann en janvier 2017, se félicite de l’engagement pris par les autorités nigérianes compétentes d’enquêter et de veiller à ce que les auteurs répondent de leurs actes, et réclame la transparence sur les conclusions du rapport d’enquête et les mesures prises;

  11. Se déclare préoccupé par les besoins de protection des civils parmi les populations touchées par le conflit dans la région, y compris du fait de l’exploitation et des atteintes sexuelles, des exécutions extrajudiciaires, des détentions arbitraires, de la torture et du recrutement et de l’utilisation d’enfants, en violation du droit international, et se félicite des premières mesures prises telles que le déploiement de femmes parmi les membres des services de sécurité des camps de déplacés où des cas d’exploitation et d’atteintes sexuelles ont été signalés ou confirmés;

  12. Rappelle qu’est c’est aux États Membres qu’incombe au premier chef la responsabilité de protéger les populations civiles sur leurs territoires respectifs, en application de leurs obligations au titre du droit international, et demande à tous les gouvernements de la région et, selon qu’il conviendra, à l’Organisation des Nations Unies et à d’autres acteurs concernés, d’accorder la priorité à la protection des droits de l’homme, y compris par les moyens suivants: une plus grande coopération des gouvernements concernés avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme et les bureaux du Représentant spécial du Secrétaire général chargé de la question des violences sexuelles commises en période de conflit et du Représentant spécial du Secrétaire général pour le sort des enfants en temps de conflit armé; des mesures d’urgence pour prévenir les arrestations et détentions arbitraires et s’assurer que les personnes privées de liberté sont traitées conformément au droit international; le renforcement des capacités et du pouvoir d’intervention des mécanismes chargés des droits de l’homme dans la région; des mesures visant à accroître le nombre de femmes dans le secteur de la sécurité;

  13. Souligne qu’il importe de renforcer la coopération judiciaire internationale pour identifier et poursuivre les auteurs de violations des droits de l’homme et d’atteintes à ces droits, ainsi que des crimes les plus graves, comme la violence sexuelle et sexiste; appelle les gouvernements de la région à fournir aux survivants d’enlèvements et de violences sexuelles un accès rapide à des services médicaux et psychosociaux spécialisés et permettre ainsi leur réintégration au sein de la communauté, en vue de prévenir la stigmatisation et les protéger de la persécution, et encourage la communauté internationale à apporter son soutien à cet égard; demande que des enquêtes soient promptement diligentées en cas d’allégations de mauvais traitements, y compris de violences sexuelles, et que les coupables soient amenés à répondre de leurs actes; et encourage l’établissement d’un calendrier de transfert des fonctions relatives à la gestion des camps à des structures civiles pour garantir le caractère civil des sites de déplacés, tout en tenant dûment compte de la situation en matière de sécurité sur place;

  14. Exhorte les gouvernements de la région à garantir la pleine participation des femmes, sur un pied d’égalité avec les hommes, aux institutions et mécanismes nationaux de prévention et de règlement des conflits, y compris à l’élaboration de stratégies de lutte contre Boko Haram et l’EIIL, salue les premières mesures prises dans la région en faveur de la représentation des femmes, comme le quota de 25 % fixé pour les sièges de député au Niger, et encourage vivement la poursuite de l’élaboration, l’application et du financement de plans d’action nationaux relatifs aux femmes et à la paix et à la sécurité au Cameroun, au Niger, au Nigéria et au Tchad, et encourage toutes les organisations régionales œuvrant en faveur de la paix et de la sécurité dans la région à tenir compte, dans leurs activités d’évaluation et de planification et dans leurs opérations, de l’analyse de la problématique hommes-femmes et de la participation des femmes;

Situation humanitaire

  1. Se félicite des initiatives prises par les gouvernements de la région et les organisations régionales et sous-régionales, ainsi que de l’hospitalité offerte par les communautés d’accueil aux millions de personnes déplacées, en majorité femmes et enfants, très durement touchés, et exhorte les gouvernements de la région, les donateurs et les organisations internationales non gouvernementales compétentes à redoubler d’efforts sans plus attendre, à assurer une coordination plus étroite entre eux, y compris entre les acteurs du développement et ceux de l’aide humanitaire, en particulier pour ce qui est d’améliorer le relèvement rapide, la sécurité alimentaire et les conditions de vie, et d’accroître les moyens de subsistance;

  2. Exhorte toutes les parties au conflit à assurer le respect et la protection du personnel et des installations humanitaires, des moyens et du matériel utilisés pour leur transport, et à ménager aux organisations humanitaires qui apportent une aide vitale pour la survie des populations touchées, un accès rapide, sûr et sans entrave, les gouvernements en particulier devant, le cas échéant, faciliter les procédures administratives en accélérant par exemple le traitement des demandes d’immatriculation en souffrance et l’importation de fournitures humanitaires, et demande en outre aux gouvernements de la région de collaborer plus étroitement avec les partenaires des Nations Unies, notamment grâce à des mécanismes de coordination plus efficaces entre civils et militaires;

  3. Se félicite du montant de 458 millions de dollars annoncé à la Conférence d’Oslo de 2017 au titre de l’aide humanitaire et demande instamment le décaissement rapide de ces fonds pour empêcher une nouvelle aggravation de la crise humanitaire et pour commencer à apporter des réponses aux besoins de développement endémiques; et encourage vivement tous les autres donateurs non traditionnels à verser des contributions au regard des besoins définis dans les plans d’aide humanitaire élaborés en 2017 pour chaque pays;

18 Se félicite en outre des plans de dépenses de 2017 annoncées par le Gouvernement nigérian pour le nord-est du pays, qui représentent un montant total de 1 milliard de dollars au titre des dépenses publiques fédérales et des États concernés consacrées aux activités humanitaires et aux activités de développement, et demande instamment la mise en œuvre rapide de ces plans;

  1. Se félicite de l’intensification des interventions de l’Organisation des Nations Unies, en particulier dans le nord-est du Nigéria, et demande un nouveau déploiement de personnel expérimenté, des mesures pour réduire la rotation du personnel, et une forte coordination, notamment par l’établissement de principes directeurs relatifs à la coordination civilo-militaire, l’organisation de formations destinées à améliorer davantage la coordination entre les forces armées et les acteurs humanitaires, la coordination transfrontalière et l’élaboration de plans pluriannuels prioritaires; et engage en outre tous les membres des organismes humanitaires à faire en sorte qu’il soit tenu compte des disparités entre les sexes dans la programmation, qui doit être élaborée en fonction des besoins des personnes touchées et, si possible, en coordination avec ces personnes et les organisations non gouvernementales locales et s’appuyer sur le renforcement de la résilience au sein des communautés;

  2. Engage instamment les autorités nationales et à travers elles les autorités locales à veiller à ce que les ressources consacrées à l’action humanitaire aillent à ceux qui en ont le plus besoin;

  3. Demande aux gouvernements de la région de veiller à ce que le retour des réfugiés et des personnes déplacées dans leur région d’origine soit volontaire, que la décision de retourner se prenne en toute connaissance de cause, en toute sécurité et dans la dignité, engage instamment les autorités nationales et les autorités locales à travailler en bonne entente avec les personnes déplacées et les populations d’accueil, à prévenir les déplacements secondaires des populations touchées, et à prendre toutes les mesures voulues pour répondre aux besoins humanitaires des communautés d’accueil, et encourage la communauté internationale à apporter son soutien à cet égard; se félicite de la signature de l’accord tripartite sur le rapatriement volontaire des réfugiés nigérians, le 2 mars 2017, par les gouvernements nigérian et camerounais et le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, et demande instamment que cet accord soit rapidement et intégralement appliqué;

Causes profondes et développement

  1. Demande aux gouvernements de la région de prendre des mesures supplémentaires pour remédier aux inégalités sociales, politiques et économiques et aux inégalités entre les sexes et pour s’attaquer aux problèmes environnementaux, et de mettre au point des stratégies visant à lutter contre les discours extrémistes violents pouvant inciter à commettre des actes terroristes, et de s’attaquer aux causes favorisant la propagation de l’extrémisme violent, qui peut mener au terrorisme, notamment en donnant les moyens d’agir aux jeunes, aux familles, aux femmes ainsi qu’aux personnalités importantes dans les domaines de la religion, la culture et l’éducation, afin de contribuer à éliminer les facteurs qui ont permis l’émergence et la survie de Boko Haram et de l’EIIL;

  2. Reconnaît les défis complexes auxquels la région est confrontée et se félicite de l’élaboration par les gouvernements respectifs de programmes visant à consolider et pérenniser la paix en s’attaquant aux causes profondes de la crise, notamment le « Plan Buhari » au Nigéria, le Programme « Renaissance » au Niger, la « Feuille de route pour le relèvement » et le plan triennal « Spécial jeunes » au Cameroun et la « Vision 2030: le Tchad que nous voulons » au Tchad et le Plan de développement et d’adaptation au changement climatique du lac Tchad établi par la Commission du bassin du lac Tchad; demande aux gouvernements concernés de coordonner davantage leur action et d’établir des priorités dans ces programmes afin d’en garantir une mise en œuvre efficace, et invite les partenaires internationaux à apporter leur soutien à cet égard;

  3. Demande aux gouvernements de la région, notamment avec l’appui de la communauté internationale, de promouvoir les activités de relèvement rapide et d’investissement à long terme dans des services vitaux comme les soins de santé et l’éducation, l’agriculture, les infrastructures telles que l’axe d’échanges sécurisé et les moyens de subsistance, la cohésion sociale, la bonne gouvernance et l’état de droit, afin de faciliter le relèvement à long terme et de renforcer la résilience des populations, en particulier dans les zones en ayant le plus besoin;

  4. Encourage la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), en collaboration avec la Commission du bassin du lac Tchad, à élaborer une stratégie commune, globale et efficace pour attaquer les facteurs qui ont contribué à l’émergence de Boko Haram et de l’EIIL, l’accent étant mis en particulier sur les besoins de développement à plus long terme; et exhorte en outre les deux organisations régionales à organiser le sommet qu’elles prévoient de tenir sur Boko Haram pour adopter une stratégie commune et mettre en place des mécanismes de coopération et de coordination actives;

  5. A conscience des effets néfastes des changements climatiques et écologiques, entre autres facteurs, sur la stabilité de la région, notamment de la rareté de l’eau, la sécheresse, la désertification, la dégradation des sols et l’insécurité alimentaire, et souligne que face à ces facteurs, il importe que les gouvernements et les organismes des Nations Unies adoptent des stratégies appropriées d’évaluation et de gestion des risques;

  6. Reconnaît combien est utile la contribution de la société civile, en particulier des organisations de femmes et de jeunes, à la prévention des conflits, au règlement des conflits, à la consolidation de la paix et aux efforts humanitaires dans la région, et appelle au renforcement du dialogue entre les gouvernements respectifs et la société civile, ainsi qu’à la fourniture d’un appui, financier notamment;

  7. Engage l’Organisation des Nations Unies et ses partenaires à faire progresser la mise en œuvre de la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel, afin de traiter de façon globale les questions de sécurité, les questions politiques et celles de développement et s’attaquer aux causes profondes de l’instabilité et des conflits dans la région du Sahel et de régler les problèmes qui y contribuent;

Désarmement, démobilisation, réintégration et réadaptation, et principe de responsabilité

  1. Encourage les gouvernements de la région, en collaboration avec les organisations régionales et sous-régionales, les organismes compétents des Nations Unies et les autres parties prenantes concernées et en tenant compte de la présente résolution, à élaborer et mettre en œuvre, en y incluant des stratégies de poursuite judiciaire si nécessaire, une stratégie régionale coordonnée axée sur des initiatives de désarmement, de démobilisation, de déradicalisation, de réintégration et de réadaptation transparentes, inclusives et respectueuses des droits de l’homme en faveur des personnes associées à Boko Haram et à l’EIIL, inspirées des meilleures pratiques et des enseignements tirés aux niveaux international et régional; et exhorte les acteurs nationaux et à travers eux les acteurs locaux à élaborer et mettre en œuvre des plans appropriés de désarmement, de démobilisation et de réadaptation, et si nécessaire de poursuites judiciaires, à l’intention des membres de la Force spéciale mixte civile et d’autres groupes locaux de sécurité;

  2. Souligne qu’une attention particulière doit être accordée au traitement et à la réintégration des femmes et des enfants qui ont été associés à Boko Haram et à l’EIIL, notamment dans le cadre de la signature et de la mise en œuvre des protocoles relatifs au transfert rapide des enfants soupçonnés d’association avec Boko Haram aux acteurs civils compétents de la protection de l’enfance, ainsi qu’à l’accès des acteurs de la protection de l’enfance à tous les centres d’accueil d’enfants, conformément aux obligations internationales applicables et dans le respect de l’intérêt supérieur des enfants;

  3. Prie instamment les gouvernements de la région d’élaborer et de mettre en œuvre des politiques cohérentes visant à encourager les défections de membres de Boko Haram et de l’EIIL, ainsi que la déradicalisation et la réintégration de ceux qui ont fait défection, et de veiller à ce que les actes de terrorisme, et les atteintes et violations graves du droit international des droits de l’homme et les violations du droit humanitaire ne restent pas impunis; et invite la communauté internationale à apporter son appui aux gouvernements de la région dans l’élaboration et la mise en œuvre de leurs stratégies et politiques de désarmement, démobilisation, réintégration et réadaptation;

  4. Demande aux gouvernements concernés d’établir et d’appliquer d’urgence, dans le respect des dispositions applicables du droit international, en particulier du droit international des droits de l’homme, du droit international des réfugiés et du droit international humanitaire, des critères et processus de vérification qui permettent de déterminer rapidement les personnes qui ont été associées à Boko Haram et à l’EIIL et qui sont détenues par les autorités, y compris celles qui ont été capturées ou se sont rendues, ou qui se trouvent dans les camps de réfugiés ou de personnes déplacées, et de veiller à ce que les enfants soient traités conformément au droit international; et encourage tous les gouvernements de la région, en tenant compte de la présente résolution, à poursuivre les personnes responsables d’actes de terrorisme, le cas échéant, et à élaborer des programmes de réadaptation en structures surveillées à l’intention des détenus condamnés et soupçonnés de terrorisme, et des programmes de réintégration pour aider les personnes remises en liberté après avoir purgé leur peine ou celles qui ont suivi un programme de réadaptation dans une structure alternative, l’objectif étant de faciliter leur réintégration dans leur communauté;

Suivi

  1. Encourage le Secrétaire général, dans la perspective d’une collaboration et d’une responsabilité plus grandes des entités compétentes et d’une mobilisation de ressources pour la région, d’organiser une visite de haut niveau dans la région, et l’invite à envisager d’entreprendre une visite conjointe avec la Banque mondiale, le Président de la Commission de l’Union africaine, le Président du Groupe de la Banque mondiale, le Président de la Banque africaine de développement et la Haute Représentante de l’Union européenne, en vue de renforcer la détermination et l’engagement de la communauté internationale à aider la région;

  2. Prie le Secrétaire général de présenter, dans un délai de cinq mois, un rapport écrit sur l’évaluation par l’Organisation des Nations Unies de la situation dans le bassin du lac Tchad eu égard à certains éléments de la présente résolution, en particulier les progrès accomplis et les défis qui restent à relever, de même que les mesures possibles à envisager, y compris pour renforcer la cohérence de l’action dans le contexte de stratégies régionales qui se recoupent, et d’inclure ultérieurement ces éléments dans ses rapports périodiques sur les activités du Bureau régional des Nations Unies pour l’Afrique centrale et du Bureau des Nations Unies pour l’Afrique de l’Ouest et le Sahel.

Déclarations

M. FODÉ SECK (Sénégal) a insisté sur l’importance de cette résolution, la première du genre sur le bassin du lac Tchad. Elle atteste de l’engagement fort et résolu du Conseil pour accompagner les pays en vue de combattre les groupes terroristes et de résoudre la crise humanitaire, a-t-il dit.

Il a également estimé que le texte replaçait au moment opportun la crise qui secoue les pays du bassin du lac Tchad « tout en haut de l’agenda de la communauté internationale ». M. Seck a mentionné les deux défis, sécuritaire et humanitaire, que ces pays doivent relever.

Le délégué a mis en exergue l’intérêt porté par la résolution à la question cruciale des causes profondes, donnant ainsi tout son sens au concept de pérennisation de la paix. Il est crucial de combattre les causes qui ont contribué à l’émergence de Boko Haram, a-t-il conclu.

M. AMR ABDELLATIF ABOULATTA (Égypte) s’est félicité de l’adoption de la résolution, qui exprime la solidarité des membres du Conseil avec les pays de la région du bassin du lac Tchad. Toutefois, les négociations autour de ce texte ont révélé la nécessité de réformer les méthodes de travail du Conseil, a estimé le représentant, qui a insisté sur la question primordiale de la « transparence » vis-à-vis des pays africains, en particulier lorsqu’il s’agit de discuter de questions portant sur des pays africains.

M. YASUHISA KAWAMURA (Japon) a déclaré que la résolution représentait un « jalon » dans l’attention accrue que le Conseil accordait au bassin du lac Tchad et un test pour une approche véritablement intégrée des défis multidimensionnels qui se posaient à la région.

Il a rappelé que ces défis, du terrorisme aux trafics illicites, en passant par l’insécurité alimentaire, ne pouvaient être résolus individuellement et que cette résolution reflétait l’importance de consolider les gains sur le plan sécuritaire par des avancées dans le domaine du développement et des droits de l’homme.

M. TEKEDA ALEMU (Éthiopie) a indiqué que la résolution transmettait le bon message. « Nous avons été unanimes dans notre interprétation des défis liés aux changements climatiques et à la situation sécuritaire et alimentaire que ces pays doivent relever », a-t-il dit.

Il a appelé la communauté internationale à bien saisir l’ampleur de ces défis, avant de plaider pour une solution à long terme en faveur du développement des pays du bassin du lac Tchad. Espérons que la mise en œuvre de ce texte sera à la hauteur des attentes de ces pays, a conclu le délégué de l’Éthiopie.

M. EDUARD I. ZALYALOV (Fédération de Russie) a indiqué que son pays avait veillé à préserver le consensus autour de ce texte, « même si toutes nos remarques n’ont pas été prises en compte ». « Nous pensons que la situation dans le bassin du lac Tchad n’est pas un conflit », a-t-il poursuivi. Il a rappelé que Boko Haram avait prêté allégeance à Daech.

Dès lors, la lutte contre Boko Haram est une lutte contre le terrorisme, a-t-il insisté. Il a regretté que la résolution ne mentionne pas la cause de la prolifération des groupes terroristes, à savoir l’ingérence dans les affaires intérieures des pays, en l’espèce la Libye.

Enfin, le délégué a indiqué que son pays avait mis en garde contre une mise aux voix prématurée de ce texte. Mais le Royaume-Uni, qui voulait une telle mise aux voix avant la fin de sa présidence, en a décidé autrement, si bien que le texte n’est pas affiné, a-t-il regretté.

M. PEDRO LUIS INCHAUSTE JORDÁN (Bolivie) s’est félicité des efforts consentis par les pays du bassin du lac Tchad dans la préparation de plans d’action contre le terrorisme. Après avoir demandé aux membres du Conseil de préserver leur unité sur ce dossier, le représentant a jugé insuffisant le délai de négociation autour de ce texte, considérant que les observations de certaines délégations n’avaient pas été prises en compte.

Selon la Bolivie, il aurait été souhaitable de débuter les négociations plus tôt ou de reporter l’adoption du texte.

M. SHEN BO (Chine) a déclaré qu’il était important de respecter l’intégrité et la souveraineté territoriales des pays du bassin du lac Tchad, avant de dire que le Conseil de sécurité devait s’engager à aider les pays de la région dans la lutte contre le terrorisme.

Il a souligné l’importance de tenir compte des préoccupations exprimées au sujet de ce texte de résolution par certains membres.

M. MATTHEW RYCROFT (Royaume-Uni) a indiqué que ce texte marquait un tournant. Se rendre sur place ne suffit pas, a-t-il dit, en rappelant la nécessité d’agir pour le bien des populations. Le délégué a estimé que cette résolution présentait clairement l’action à mener pour remédier à la crise humanitaire qui frappe la région, en demandant notamment le décaissement des 458 millions de dollars annoncés à la Conférence d’Oslo de 2017.

M. Rycroft a souligné la nécessité d’appuyer les pays de la région pour s’attaquer aux causes profondes de la crise, « car Boko Haram exploite la pauvreté ». Il est impératif que la crise ne se prolonge pas, a-t-il dit, avant d’insister sur l’appui de son pays au bassin du lac Tchad.

Enfin, M. Rycroft a rappelé que la lutte cruciale contre Boko Haram devait se dérouler dans le respect des droits de l’homme.

Pour M. MICHEL TOMMO MONTHE (Cameroun), qui s’exprimait au nom des pays du bassin du lac Tchad, à savoir le Niger, le Nigéria, le Tchad et son propre pays, la résolution adoptée aujourd’hui constitue une avancée importante dans la mobilisation de la communauté internationale en appui aux pays de la sous-région dans leur lutte acharnée contre Boko Haram.

Face aux coûts humanitaires, économiques, politiques, sociaux et militaires de la crise, chaque État concerné, a-t-il précisé, a adopté et mis en œuvre des initiatives visant non seulement à s’attaquer aux causes profondes mais également aux conséquences désastreuses de la situation actuelle.

L’un des résultats clefs de la coopération régionale a été la mise en place de la Force multinationale mixte dont les résultats sur le terrain ont permis de réduire de façon significative les capacités militaires de Boko Haram, s’est félicité M. Tommo Monthe. Cependant, a-t-il averti, « Boko Haram ne dort pas même si il a été battu frontalement sur le plan militaire; sa capacité de nuisance s’exprime dans des actions kamikazes, de prise d’otages et d’embuscades. »

Il a souhaité que l’adoption de cette résolution marque le point de départ d’un soutien plus décisif non seulement à la Force multinationale mixte et aux initiatives régionales, mais aussi à chacun des pays de la région du lac Tchad qui, pour faire face aux crises multiformes résultant des actions terroristes de Boko Haram, « se trouvent obligés de réduire les ressources devant être allouées à d’autres secteurs de la vie nationale, y compris l’éducation et la santé ».

Les pays du bassin du lac Tchad espèrent ainsi que le rapport qui sera présenté par le Secrétaire général « fera preuve d’audace » et permettra de se pencher sur les solutions les plus adéquates non seulement aux plans sécuritaire et humanitaire, mais également sur le déficit d’éducation et de formation, le déficit de résilience face aux changements climatiques et le déficit de développement durable.

M. ANTHONY BOSAH (Nigéria) s’est félicité de l’adoption de la résolution 2349 (2017), qui reconnaît la complexité des défis de la région et l’importance de maintenir l’élan et la coordination dans la lutte contre Boko Haram. Pour sa part, le Nigéria, en dépit des difficultés posées par Boko Haram, est déterminé à venir à bout du terrorisme, comme en témoigne sa stratégie, dont la mise en œuvre dépend d’un comité présidentiel chargé de coordonner les actions et de créer des synergies dans la lutte antiterroriste dans le bassin du lac Tchad.

Un cadre institutionnel et juridique est également en place, a déclaré le représentant, qui a par ailleurs indiqué que son gouvernement apporte une aide psychosociale et une assistance humanitaire, tout en veillant à décourager les jeunes exposés à la radicalisation. Sans oublier, a ajouté le délégué, l’importance accordée par le Nigéria aux programmes en faveur des personnes déplacées par les violences.

Dans ce contexte, il a estimé qu’il était impératif de renforcer la coopération internationale pour accélérer les efforts en cours dans le pays et la région.