Crise du Bassin du Lac Tchad : Besoins Humanitaires Revus et Priorités de Réponse (Septembre 2018)

Report
from UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs
Published on 29 Aug 2018

SAUVER DES VIES ET RECHERCHER DES SOLUTIONS DURABLES

Neuf ans après le début du conflit, l’urgence humanitaire dans la région du lac Tchad est parmi les plus graves au monde. La crise se déroule dans une région déjà touchée par un sous-développement important, la pauvreté et le changement climatique. L’impact sur la vie d’environ 17 millions de personnes est dévastateur, notamment pour les femmes, les jeunes et les enfants, qui sont les principales victimes du conflit. En 2018, plus de 10 millions de personnes ont besoin d’aide humanitaire et de protection.

La réponse humanitaire a été élargie de manière significative en 2017, atteignant plus de six millions de personnes avec une assistance et une protection vitales et évitant efficacement une famine. Mais les besoins dans les régions touchées restent aiguës et persisteront à grande échelle en 2019 et au-delà. Le soutien de la communauté internationale aux efforts nationaux sera essentiel dans les mois à venir pour soulager la faim, fournir de l’eau, des abris, des services d’hygiène, des soins de santé, une protection et une éducation et aider les communautés à reconstruire leurs vies et leurs moyens de subsistance. Sans assistance continue, les communautés durement touchées risquent de retomber dans la détresse. Huit mois après le début de l’année 2018, seulement 40% des 1,6 milliard de dollars nécessaires pour aider 7,8 millions de personnes touchées par le conflit dans la région ont été reçues.

Insécurité alimentaire et malnutrition élevées

L’insécurité alimentaire est à nouveau à la hausse avec une période de soudure qui, cette année, a été l’une des plus difficiles depuis des années dans de nombreuses zones de la région du lac Tchad. Le déplacement prolongé, l’insécurité, le pillage et la destruction, la fermeture des marchés et les mesures de sécurité ont détruit les moyens de subsistance. Cinq millions de personnes souffrent d’insécurité alimentaire aiguë et ont besoin d’une aide alimentaire et de moyens de subsistance durables et renforcés. En 2017, seule une augmentation massive de l’aide a permis d’éviter une famine.

Dans la majeure partie de la zone touchée par le conflit, la malnutrition aiguë sévère a dépassé le seuil d’urgence. Dans la région, un demi-million d’enfants souffrant de malnutrition sévère ont actuellement besoin d’une assistance vitale.

Déplacement prolongé et récurrent

Environ 2,4 millions de personnes restent déplacées par le conflit qui dure depuis neuf ans. Des communautés entières ont été desertées et les civils continuent de subir des violations fréquentes de leurs droits. Des attaques armées persistantes, l’insécurité et des privations extrêmes les empêchent de rentrer chez eux. De nouveaux déplacements se produisent alors que certaines familles retournent dans des zones proches de leur domicile. Au cours des derniers mois, des milliers de civils ont été nouvellement déplacés et les opérations de secours perturbées par les attaques.

La communauté humanitaire souligne la primauté des retours volontaires, sûrs et dignes. Dans les zones où les communautés peuvent recommencer leur vie, les acteurs humanitaires et de développement s’efforcent de garantir la disponibilité des services de base et des moyens de subsistance et exhortent les donateurs et les gouvernements à soutenir les retournés. Dans de nombreux villages, les centres de santé, les écoles et autres infrastructures ont été dévastés par le conflit et le personnel a fui, craignant pour sa sécurité.

Les civils subissent les pires effets de la violence

La protection des civils reste au centre de la réponse humanitaire dans le bassin du lac Tchad. Les villages, les villes et même les sites accueillant des personnes déplacées sont régulièrement attaqués, frappant le plus durement les civils. Les enlèvements, les attaques mortelles, la violence sexuelle et basée sur le genre, l’exploitation et les abus continuent de se produire. Depuis 2013, plus de mille enfants du nord-est du Nigeria ont été enlevés par des groupes armés et des dizaines d’entre eux ont été contraints de mener des attaques avec des explosifs attachés à leurs corps. Démunies, les familles endurent des difficultés extrêmes et sont exposées à l’exploitation et aux abus.

Chercher des solutions durables

L’action humanitaire à elle seule ne peut résoudre les causes profondes des défis et des vulnérabilités persistants dans le bassin du lac Tchad. Les zones touchées par le conflit subissent également les effets chroniques du sous-investissement dans les services sociaux, la pauvreté, la dégradation de l’environnement et le changement climatique. Les écoles, les centres de santé, les routes, l’approvisionnement en eau sont inexistants ou inaccessibles. La réponse humanitaire est liée aux initiatives de développement et un investissement accru dans le développement, en particulier au niveau local, doit compléter l’action humanitaire.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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