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Afrique de l'Ouest Key Message Update : Malgré des récoltes 2021/22 moyennes, les tensions sur le marché pourraient persister, Septembre 2021

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Messages clés

  • L’évaluation de la campagne agropastorale 2021/22 au 31 août par la réunion du PREGEC de septembre 2021 indique qu’au Sahel et Afrique de l’Ouest, les cumuls saisonniers ont été moyens à supérieurs à la moyenne avec toutefois des poches de sécheresse de 10 à 15 jours en juin et juillet qui ont eu un impact négatif sur le développement des cultures dans de nombreuses parties de la région (Nigeria, Niger, Burkina Faso, Cameroun, et Mali). Les productions céréalières 2021/22 selon le PREGEC, pourraient être comprises entre 72 et 79 millions de tonnes. Au regard des poches de sécheresse observées en septembre dans plusieurs zones au Mali, Burkina Faso, Niger, Nigeria, Tchad et Cameroun, et des mises à jour des prévisions indiquant pour le Sahel une fin de saison précoce à normale et la probabilité de précipitations inférieures à la moyenne en septembre et octobre, les productions attendues seront probablement plus proches de la borne inférieure, voire moyennes. Les baisses de récoltes par rapport à la moyenne seront davantage marquées dans les zones affectées par l’insécurité et les conflits armés.

  • Les récoltes de tubercules débutées depuis juillet dans les zones du Golfe du Guinée et qui se poursuivent en septembre dans la zone soudano-sahélienne achalandent les marchés sahéliens, en plus des récoltes en vert disponibles localement. La disponibilité moyenne des eaux de surface et des pâturages soutient l’alimentation du bétail. Toutefois, des productions de pâturages inférieures à la moyenne qui pourraient engendrer des départs précoces en transhumance de même qu’une soudure pastorale précoce sont attendues en Mauritanie, au Niger dans les zones pastorales et agropastorales des régions d’Agadez, Maradi, Diffa et Zinder, au Mali dans les régions pastorales du Centre de Gao et Tombouctou et au Tchad dans les régions du Lac, Fitri, Nokou, Barl El Gazal, Kanem, Batha Est et Ouest, Ennedi.

  • La persistance de l’insécurité et les conflits armés continuent d’entrainer de mouvements massifs de population dans la région, particulièrement dans le Liptako Gourma. A la date du 28 septembre 2021, 2,074,095 personnes déplacées sont enregistrées dans le Sahel central et le Liptako-Gourma, dont 70 pour cent au Burkina Faso, et 5,232,636 personnes déplacées dans le bassin du lac Tchad, dont 75 pour cent au Nigeria (IOM). Les moyens d’existence, les activités en lien avec les marchés, le commerce, les mouvements de transhumance ainsi que l’accès aux services sociaux de base pour la plupart de ces déplacés sont fortement perturbés.

  • En août, bien que suffisante pour satisfaire les besoins de consommation élevés, l’offre en céréales locales était inférieure à la moyenne dans la plupart de la région, entrainant des pressions sur la demande et les flux dans plusieurs pays. Les prix des aliments de base sont restés supérieurs à la moyenne quinquennale, en particulier au Nigeria du fait des récoltes 2020/21 inférieures à la moyenne et l'inflation. Les restrictions commerciales prises par le Burkina Faso et le Benin ont également accentué les hausses des prix au Niger. Le fonctionnement et l'accès aux marchés restent entravés par l'insécurité et les conflits dans le bassin du Lac Tchad, la région du Liptako-Gourma, le nord-ouest et le centre-nord du Nigéria, la région du Tibesti et les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Au regard des faibles stocks de reports et des besoins importants de reconstitution des stocks dans la région, une tension des prix sur les marchés pourrait se maintenir même avec des récoltes moyennes. La demande de bétail a considérablement augmenté, notamment pour les petits ruminants, et continuera de l’être jusqu’en mai en raison des fêtes de fin d’année et du prochain Ramadan, mais l’offre pourrait rester inférieure à la moyenne en raison des restrictions commerciales et de l'insécurité.

  • La majorité des zones restera en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) jusqu’en janvier 2022 et Stress (Phase 2 de l’IPC) pour certaines y compris de nombreux ménages urbains pauvres qui peinent à recouvrer les niveaux de revenus et du pouvoir d'achat habituels. Dans les zones affectées par l’insécurité civile comme dans le nord de la région du Centre-nord, les provinces du, Séno, Komondjari, et Yatenga au Burkina Faso, dans la région de Diffa et l’extrême sud de la région de Maradi au Niger, le Stress ! (Phase 2 ! de l’IPC) demeurera jusqu’en mai 2022 grâce aux assistances alimentaires au Niger tandis qu’au Burkina Faso la plupart de ces zones évolueront en Stress (Phase 2 de l’IPC) du fait des nouvelles récoltes. Cependant, au Burkina Faso, la situation continuera de se détériorer dans les provinces du Loroum, Soum, Oudalan et Yagha atteignant la Crise (Phase 3 de l’IPC) du fait de la persistance de l’insécurité et de l’insuffisance des récoltes.

  • La Crise (Phase 3 de l’IPC) qui prévaut actuellement dans le Nord de la région de Tillabéry et l’Est de la région de Tahoua au Niger, la région du Lac au Tchad, dans le nord-ouest et le nord-est du Nigeria, dans une partie du Nord-ouest et Sud-ouest du Cameroun et en Centrafrique du fait de la persistance des conflits, persistera jusqu’en janvier 2022 Dans l’Est de Mopti au Mali et l’Extrême Nord du Cameroun également affectés par les conflits et des faibles productions, la Crise (Phase 3 de l’IPC) qui y est en cours, pourrait connaitre une légère amélioration en octobre avec les nouvelles récoltes, permettant aux ménages d’évoluer en Stress (Phase 2 de l’IPC). Au Nigeria, l’insécurité alimentaire d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) qui est en cours jusqu’en septembre dans les zones les plus affectées par le conflit dans l’Etat de Borno persistera jusqu’en janvier 2022. Dans ce pays, les conditions de sécurité alimentaire restent préoccupantes pour les PDI aussi bien dans le nord-est que dans le nord-ouest où l’accès à la nourriture et aux revenus est très limité, en plus d’un accès humanitaire réduit.