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Afrique de l'Ouest Key Message Update, janvier 2020

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La persistance de l’insécurité accroît les besoins humanitaires tout en réduisant l’accès aux populations vulnérables

Messages clés:

  • Les récoltes 2019/20 en Afrique de l’Ouest sont estimées supérieures à la moyenne pour toutes les typologies de cultures même si des baisses importantes sont enregistrées dans l’ouest de la région et localement dans les pays sahéliens des bassins Centre et Est. Les récoltes de contre saison qui ont débuté et améliorent les disponibilités alimentaires et procurent des revenus aux ménages. Dans la zone du Liptako Gourma, les attaques incessantes et davantage violentes contre les militaires et les civils continuent d’entrainer un accroissement des PDIs, la détérioration voire la perte des moyens d’existence.

  • La faible disponibilité des pâturages localement dans les zones pastorales du Mali, du Niger, du Burkina Faso et du Tchad est aggravé par l’insécurité qui entrave grandement les mouvements du bétail. La faiblesse des pâturages reste préoccupante à l’Ouest de la Mauritanie et au Nord du Sénégal pour une troisième année consécutive, et conduit à une forte pression des troupeaux mauritaniens sur les ressources à l’ouest du Mali.

  • Les approvisionnements des marchés restent réguliers et suffisants avec les récoltes actuelles et les stocks de report supérieurs à la moyenne. Toutefois, le commerce régional est affecté dans plusieurs endroits. La fermeture des frontières terrestres du Nigéria entrave surtout les flux commerciaux avec le Bénin et le Niger voisins. Le fonctionnement des marchés et leur accès restent perturbés dans le bassin du Lac Tchad, la région de Liptako-Gourma et la région du Tibesti en raison des conflits et de l'insécurité. Les prix des produits locaux de base sont inférieurs à ceux de l'an dernier et les niveaux moyens sur la plupart des marchés. Les niveaux de prix régionaux suivront des tendances saisonnières normales, similaires ou inférieures à la moyenne dans la plupart des pays. Des tendances atypiques seront cependant attendues dans les zones conflits et celles impactées par les restrictions commerciales.

  • La majorité des zones restera en insécurité alimentaire Minimale (Phase 1 de l’IPC) jusqu’en mai 2020 et Stress (Phase 2 de l’IPC) pour certaines. Cependant, la persistance de l’insécurité au nord du Burkina Faso, au centre et nord du Mali, à l’ouest du Niger, au nord-ouest du Nigeria et dans le bassin du Lac Tchad continuera d’accroitre le nombre de personnes déplacées internes et de réfugiés. L’aide humanitaire permettra de maintenir l’insécurité alimentaire Stress (Phase 2 ! de l’IPC) dans les régions de Mopti et Gao au Mali, Diffa au Niger, et le Lac au Tchad.

  • Le niveau d’insécurité alimentaire Crise (Phase 3 de l’IPC) continue de prévaloir dans les régions de Tillabéry au Niger, la province du Soum et environnants au Burkina Faso, l’est de la RCA et les régions anglophones du Cameroun du fait des conflits armés et insécurité civile qui perturbent significativement les moyens d’existence des ménages et réduisent fortement la distribution de l’aide humanitaire. FEWS NET estime que 2,5 à 3,5 millions de personnes pourraient être en Crise (Phase 3 de l'IPC) ou pire entre juin et août 2020 dans la région du Liptako Gourma. Les ménages du nord-est du Nigeria touchés par le conflit de Boko Haram continuent de dépendre de l'aide humanitaire pour accéder à la nourriture et restent confrontés à l’insécurité alimentaire Crise (Phase 3 de l'IPC), et celle d’Urgence (Phase 4 de l’IPC) particulièrement dans l’Etat de Borno et accessoirement celui de Yobé. Dans les zones adjacentes qui restent inaccessibles aux acteurs humanitaires, la situation alimentaire pourrait être similaire ou pire.