RESUME EXECUTIF
Ce rapport présente les résultats de l’enquête de suivi des résultats (RMS) menée en 2025 au Niger, évaluant les conditions de vie des populations vulnérables, incluant réfugiés, demandeurs d’asile, personnes déplacées internes (PDI) et populations hôtes. L’étude vise à mesurer l’accès aux services essentiels, la protection socio-économique et les progrès accomplis dans le cadre de la stratégie pluriannuelle 2023-2025 du HCR. Les données recueillies fournissent une base empirique pour orienter les interventions des acteurs gouvernementaux, humanitaires et de développement, en ciblant particulièrement le renforcement de la résilience et l’autonomisation des groupes marginalisés.
Méthodologie
L’enquête a été conduite selon une approche méthodologique rigoureuse, combinant un échantillonnage stratifié et une collecte de données numérisée. Six régions ont été couvertes (Agadez, Diffa, Maradi, Niamey, Tahoua, Tillabéri), avec un échantillon représentatif de 2 240 ménages répartis entre réfugiés, PDI et population hôtes. Les données, recueillies via des tablettes, ont fait l’objet d’un contrôle qualité strict, incluant des pondérations pour corriger les biais d’échantillonnage. Les indicateurs clés portent sur huit thématiques prioritaires, allant de l’enregistrement civil à la gestion des plaintes, en passant par l’accès aux services de base et la protection des droits.
Principaux résultats
Enregistrement civil et identité légale : L’enquête révèle que 86 % des naissances d’enfants de moins de 5 ans sont enregistrées. Cependant, des disparités significatives persistent : les réfugiés/demandeurs d’asile affichent un taux de 59 %, contre 70 % pour les PDI. Bien que la possession d’une identité légale soit quasi universelle (100 %), seuls 47 % des individus disposent d’un acte de naissance, et 16 % d’une carte d’identité nationale. Ces chiffres soulignent des lacunes critiques dans le processus de délivrance de documents fondamentaux, particulièrement pour les populations forcées de se déplacer. Accès aux services de base : L’accès à l’énergie pour l’éclairage est relativement faible (37 %), avec des écarts marqués entre la population hôte (38 %), les réfugiés/demandeurs d’asile (8 %) et les PDI (9%). L’utilisation de combustibles propres pour la cuisson reste marginale (6 %). Dans le domaine WASH, 89 % des ménages ont accès à l’eau potable, mais seulement 7 % bénéficient de toilettes domestiques sûres. Les ménages des PDI sont les plus défavorisées, avec moins de 1 % d’accès à des installations sanitaires améliorées. Le logement constitue un autre défi majeur : à peine 4 % des ménages vivent dans des logements à la fois habitables et abordables, et seuls 32 % jouissent d’un droit d’occupation sécurisé. Santé, éducation et protection sociale : L’accès aux services de santé est globalement satisfaisant (98 %), mais les soins obstétricaux qualifiés ne couvrent que 79 % des naissances, avec des performances inférieures chez les PDI (70 %). Dans le secteur de l’éducation, le taux de scolarisation en primaire atteint 94 %, masquant des inégalités profondes : les enfants handicapés (48 %) et les réfugiés/demandeurs d’asile (65 %) sont largement exclus. Le secondaire accuse un retard criant (31 %), avec des taux alarmants pour les réfugiés/demandeurs d’asile (6 %). La protection sociale reste limitée (43 %), malgré une couverture légèrement meilleure pour les PDI (57 %). Inclusion financière et emploi : L’inclusion financière progresse timidement, avec 24 % des adultes détenant un compte bancaire ou mobile. Les réfugiés/demandeurs d’asile (10 %) et les femmes (19 %) sont particulièrement exclus. Seulement 28 % des personnes déclarent une amélioration de leurs revenus, et le chômage touche 6 % de la population active, avec des pics chez les PDI (7 %) et les femmes (7 %).