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Rapport mensuel de monitoring de protection, Région de Diffa (Communes de Diffa, Chétimari, N’guigmi, Gueskerou, Maine-Soroa, Toumour, Kabléwa, Foulatary) Mars 2021

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Situation Report
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I. APERCU DE L’ENVIRONNEMENT SECURITAIRE ET DE PROTECTION

Tout au long du premier trimestre de l’année 2021, la situation sécuritaire de la région de Diffa aura été imprévisible. Marquée par l’omni- présence des éléments des GANE dans les localités habituelles, elle a considérablement impacté la situation de protection. Plongeant ainsi les populations dans une psychose généralisée et permanente.

A la suite de l’accalmie relative observée durant les mois de janvier et février, le mois de mars a été caractérisé par une présence massive des éléments des GANE sur les berges de la Komadougou. Un tel état de fait a eu comme première conséquence, l’incursion meurtrière conduite sur la ville de Mainé- Soroa dans la nuit du 02 au 03 mars 2021 et ayant concerné le Groupement de Gendarmerie. Le bilan des deux (02) gendarmes tués et des importants dégâts matériels est assez révélateur de l’extrême capacité de nuisance des GANE. Dans la première semaine de mars, ce sont cinq (05) civils qui ont été tués à Bosso et N’Guigmi. Le retrait des eaux de la rivière Komadougou Yobe est certainement la cause du rebond en termes d’incidents de protection. Les enlèvements avec demande de rançon se sont poursuivis et prennent de plus en plus de l’ampleur. L’enrôlement forcé de quatre (04) jeunes de 15 à 20 ans à Tam et Lada et le pillage de plusieurs boutiques sont assez révélateurs du besoin de renforcement de capacités humaines, opérationnelles, matérielles et financières des GANE. A Mainé Soroa comme à Chétimari, les éléments des GANE ont perpétré des violations de droits humains, notamment dans quinze (15) localités (2 à Mainé Soroa et 13 à Chétimari).

Quant à la problématique des engins explosifs improvisés (EEI), elle se pose, en mars encore, avec autant d’acuité qu’en janvier et février. Deux (02) incidents ont été rapportés et ayant fait un (01) blessé grave. Ce qui élève à six (06) le nombre d’incidents EEI rapportés au titre du premier trimestre 2021. Mais il convient de noter la découverte et la destruction d’un obus enfoui dans le sol en plein centre- ville de Diffa le 22 mars 2021.

La thématique des taxations illégales fait progressivement son bout de chemin dans le contexte de la région de Diffa. C’est ainsi qu’à Chétimari (berge de la Komadougou yobe) et N’guigmi (dans les îles du Lac Tchad), les populations disent avoir été contraintes par les éléments des GANE à payer une somme d’argent en fonction des activités (Elevage ; Pêche, Agriculture). Le montant de ces taxes avoisinerait 1000 Nairas par personne et par tête de bovin ainsi que sur tout sac de poisson pêché. Il peut également être perçu en nature (payé par des bovins) En somme, le premier trimestre de l’année a été marqué par la recrudescence des incidents de protection. L’environnement de protection de la région de Diffa est largement tributaire de l’environnement sécuritaire qui tarde à passer à un scénario acceptable. Et ce sont les populations civiles qui continuent à subir les dures conséquences d’une telle dégradation, même si les positions des FDS ne sont pas en reste.

La situation sécuritaire est d’autant plus préoccupante qu’au cours de la période de rapportage, les équipes en charge de monitoring de protection ont rapporté 638 incidents de protection pour le seul mois de mars et ayant impacté 758 personnes.

Au total, pour le compte du premier trimestre de l’année 2021, 812 incidents de protection ayant affecté 1643 personnes ont été rapportés.

Au chapitre des mouvements de population, en mars 2021, ce sont 515 ménages de 2783 personnes qui ont effectué des mouvements inter sites dans la région de Diffa. En conséquence, pour le premier trimestre 2021, 1559 ménages de 9,859 personnes ont été identifiés en mouvement.