Rapport d’analyse mensuelle des données du monitoring de protection, septembre à décembre 2018, Tahoua, Niger

Report
from UN High Commissioner for Refugees, Protection Cluster
Published on 31 Dec 2018 View Original

I. APERCU DE L’ENVIRONNEMENT SECURITAIRE ET DE PROTECTION

L’environnement sécuritaire au Nord des départements de Tillia et Tassara dans la région de Tahoua est resté très préoccupant durant les quatre dernier mois de l’année 2018, du fait de leurs rapprochements à la frontière du Mali où une présence accrue des groupes armés non étatiques de différentes affiliations a été signalée. Ces départements ont été affectés par l’insécurité dans cette bande frontalière depuis le deuxième trimestre de l’année 2018 et la population qui y réside en a souffert des conséquences désastreuses.

Les départements de Tillia et Tassara ont connu les premiers mouvements de populations en Mai et le second en Juillet 2018 à la suite des exactions et assassinats des personnes perpétrés par les éléments des groupes armés non étatiques en dispersion respectivement dans les villages Tankadami, Etambo, Digdiga, Illiba, Midl au Niger et Tamalatt, Adranboucar, inssinanin, mantas, au Mali. Cependant, une accalmie relative a été observée entre Aout et Septembre 2018 avec l’arrivée de la pluie, qui rend les routes impraticables, par conséquent réduit davantage la mobilité des éléments de groupes armés non étatiques dans toute la bande frontalière.

Toutefois, une recrudescence des incidents de protection liés à l’insécurité, notamment les attaques, agressions physiques, vol des biens materiels, extorsion, assassinat et surtout les conflits intercommunautaires ont été enregistrés au cours des trois derniers mois de l’année 2018 dans les départements de Tillia et Tassara. La tendance mensuelle des incidents de protection est peut être négligeable cependant, les conséquences sur la vie de la population civile surtout les femmes et les enfants sont déplorables en termes de protection.

Ces évènements illustrent la volatilité du contexte sécuritaire dans ces zones et les menaces continuelles qui pèsent sur les populations affectées par la crise depuis une longue période. Face à ce défis lié à la multiplicité des groupes armés non étatiques dans la bande frontalière, les populations déplacées ainsi que la population hôte vivant dans ces zones affectées se voient en insécurité, développent un sentiment de peur, psychologiquement abattus, et se soucient de manière quotidienne au manque de subsistances qui s’avèrent être leurs réels besoins.

Le contexte opérationnel dans les départements de Tillia et Tassara, est marqué par le couvre-feu continu. Cela implique la limitation des mouvements de personnes, la régulation de la circulation des engins à deux roues ou véhicules et l’inaccessibilité de certaines zones par les humanitaires du fait de l’insécurité et/ou de l’impraticabilité des routes pendant la période d’Aout à Décembre. Les tensions intercommunautaires et interethniques nées des suspicions entre communautés dans les zones d’accueil des PDI de la commune de Tillia au cours de ses mois, ont influencé le contexte opérationnel. Ainsi, plusieurs sites des PDI dont celui de Chinwarene, azakaza se sont désertés le jour par crainte pour leur vie et cela a fortement limité les activités de sensibilisation, ciblages, ou enquêtes sur ces sites.

Les patrouilles des FDS, ayant pris position dans différentes zones après la succession des attaques et incidents au cours des trois derniers mois, ont limité les déplacements des éleveurs à la recherche des herbes pour le pâturage.