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Rapport d’analyse mensuelle des données du monitoring de protection, octobre 2018, Tillabéri, Niger

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I. APERCU DE L’ENVIRONNEMENT SECURITAIRE ET DE PROTECTION DANS LA REGION DE TILLABERI

La situation sécuritaire est relativement calme dans les différents départements de la région de Tillabéry couverts par les opérations militaires. Cette accalmie se traduit par une réduction du nombre d’incursions et d’attaques sur les populations précisément dans la commune d’Inatès et d’Abala par rapport aux mois précédents.

Par contre, des éléments des groupes armés non étatique sont toujours actifs dans la bande frontalière avec le mali et le Burkina Faso et commettent régulièrement des exactions sur la population civile.

1- La bande frontalière avec le Mali

Il a été rapporté une recrudescence des attaques des campements, d’assassinats, d’enlèvements et de pillages des biens, en liens avec le conflit interethnique et aussi la menace permanente et ciblée à l’égard des personnes qui refusent d’adhérer à la cause des terroristes particulièrement dans le cercle d’Ansongo dans les campements frontaliers avec la commune d’Inates et d’Abala : (Amalaolaou, Wiloit singar, Karan et Tindigmatan).

Suite à l’intensification des multiples opérations militaires dans la zone, des’éléments des groupes armés non étatiques circulant à moto ont été observés de part et d’autres des localités frontalières avec le Mali.

Dans les départements de Ouallam (Mangaizé) et de Banibangou (Sinegodar), des cas d’incursion et de menace sur les populations habitant les localités frontalières à moins de 25km de la frontière du Mali, sont rapportés à Mindaou et à Sinegodar.

Dans les localités de la région de Ménaka au nord du Mali, frontière avec le Niger, des attaques de campements par les groupes armés non étatiques se sont poursuivies avec plusieurs personnes tuées et des déplacements de population vers d’autres zones du Mali et du Niger.

En effet, selon les points focaux, plusieurs éleveurs nigériens prennent le risque de se rendre en pâturage au Nord Mali comme d’habitude en période agricole. Et, compte tenu du conflit interethnique entre Peulhs et Touaregs en cours au nord Mali, certains se sont vus dépouillés de leurs bétails et de leurs biens. Un chef de tribu a été tué et d’autres menacés de mort par les éléments des groupes armés pour forcer ces derniers à adhérer à leurs cause.

Dans le même sillage d’insécurité, dans la commune d’Inatès et d’Anzourou, en plus des cas d’enlèvements et de vols de bétails, les éleveurs des villages et campements (Edan,Theim, Tounkouss, Katanga, Kolbolé, Gaigorou et Walla Gounto) ont été victimes de saisie de leur bétail par les groupes armés non étatiques qui ont emporté plusieurs têtes d’animaux et auraient exigé à la communauté de payer la zakat ou une rançon avant de récupérer leur bétail.

D’après des sources communautaires, certains villages ont été contraints à verser entre 400.000 et 700.000 Fcfa en fonction de la taille du bétail faute de quoi 5 à 7 vaches sont retirées dans chaque troupeau. L’opération de rançonnement s’est poursuivie dans plusieurs autres villages de la commune d’Anzourou. Notons que les villages et campements du nord de la commune d’Anzourou, frontalière avec le Mali, et la commune d’Inatès et d’Ayorou restent très insécurisés et peu couverts par les forces de défense et de sécurité/FDS. Il a été signalé des prêches avec des interdictions d’activités culturelles tels que les chants, les danses et la musique occidentale ainsi que l’obligation du port de voile aux femmes par les groupes armés non étatiques lors de leur passage.

Toujours dans la bande frontalière avec le Mali, dans les communes de Mangaizé et au nord d’Abala, les groupes armés non étatiques continuent d’attaquer les véhicules transportant des commerçants de retour des marchés (6 véhicules attaqués à Tigezefan et Ikerfan dans la commune d’Abala) ainsi que les passagers qui sont dépouillés de leurs biens.

Des assassinats et enlèvements ciblés des chefs de villages et de tribus soupçonnés d’informer les FDS ont été rapportés dans la commune d”Anzourou et d’Inates. Cela permet aux groupes armés non étatiques de maintenir la peur et la psychose dans la communauté (3 chefs de village tués à Ayorou et Timbiga).

Les risques de conflits communautaires (Peulhs et Touaregs) sont élevés sur la bande frontalière avec le Mali, où les assassinats ciblés et les vols de bétail se poursuivent, la psychose et la méfiance règnent dans différentes communautés surtout dans la commune d’Inatès, d’Ayorou et d’Abala

Pour faire face aux limitations d’accès humanitaire, les autorités militaires nigériennes ont mené une opération de sécurisation de la zone, sur la période du 1er au 13 octobre, sur demande des partenaires humanitaires sur l’axe Ayorou-Inatès où se trouve la majorité des personnes déplacées internes (PDI) identifiées.