Rapport d’analyse mensuelle des données du monitoring de protection, décembre 2018, Tillabéri, Niger

I. APERCU DE L’ENVIRONNEMENT SECURITAIRE ET DE PROTECTION DANS LA REGION DE TILLABERI

La situation sécuritaire dans la région de Tillabéri au cours du mois de décembre 2018, est restée très volatile et relativement calme dans les différents départements de la région de Tillabéri couverts par les opérations militaires. Cette accalmie se traduit par une augmentation (45%) du nombre d’incursions et d’attaques sur la population civile au cours du mois de décembre, précisément dans les communes d’Inatès et d’Abala comparé au mois de novembre 2018. La menace des groupes armés non étatiques est restée élevée dans le nord et l’ouest de la région de Tillabéri et en particulier dans les départements d’Ayorou, d’Abala et de Banibangou entrainant des mouvements de populations vers les départements d’Ayorou et Ouallam.

Au 31 décembre, on compte 35,866 PDI dans la région de Tillabéri. Les bandes frontalières avec le Mali et le Burkina Faso sont restées très actives suite aux opérations militaires en cours.

1- La bande frontalière avec le Mali

La zone frontalière avec le Mali a été marquée par les attaques qui se sont déroulées dans plusieurs campements des localités de Tinabaw, de Tabangout et de Tissalatene dans la région de Ménaka au mali toute la nuit du mardi 11 au mercredi 12 décembre 2018. Les exactions ont eu lieu dans la région frontalière avec le Niger, théâtre de nombreux conflits intercommunautaires et zone de repli des groupes armés non étatiques. Selon les sources officielles, une quarantaine de personnes ont été exécutées dans les localités de Tinabaw, Tabangout et Tissalatene et d’autres exactions ont été perpétrées contre des populations civiles dans la même région.

Selon le maire de la région de Ménaka «Des hommes armés circulant en moto ont attaqué plusieurs campements nomades à Tinabao situé à 20 km de Ménaka et ont tiré de manière indiscriminée sur la population».

Ils auraient allumé des feux de brousse avant de partir vers la frontière nigérienne. Leurs identités restent inconnue car plusieurs groupes armés non étatiques sont actifs dans cette région, où les tensions intercommunautaires sont fortes. Selon la même source, les victimes des exactions sont majoritairement des Daoussahks. Les affrontements, principalement entre Peuls et Touaregs, ont fait des centaines de morts depuis le début de l’année 2018. Suite à l’incident du mardi 11 au mercredi 12 décembre 2018, des répercussions ont été signalées dans les localités des régions de Tillabéri et Tahoua.

2- Bande frontalière avec le Burkina-Faso

Dans la même période, les groupes armés non étatiques ont été trés actifs le long de la frontière du Burkina Faso et du Niger. Dans la localité de Bolsi, les points focaux ont signalé des prêches d’un radicalisme islamique par les éléments des groupes armés non étatiques lors de leur passage, incitant la communauté à se rallier à leurs causes et d’être hostile à tout ce qui vient de l’Occident y compris l’éducation scolaire.

Dans la même lancée, ce prêche s’est poursuivi dans la localité de Bossé Bangou au Nord-Ouest de Torodi. Les opérations militaires des forces conjointes du G5 sahel et de l’opération Sarki2 sont en cours dans cette bande avec un nouveau déploiement des militaires à Makalondi, proche de la frontière avec le Burkina-Faso.