Plan de réponse pour les réfugiés et les populations hôtes de la région de Maradi, Juillet – Décembre 2019

Report
from UN High Commissioner for Refugees
Published on 25 Sep 2019 View Original

I. CONTEXTE

Au cours des derniers mois, l’augmentation soudaine de la violence dans les États de Zamfara, Sokoto et Katsina, dans le nord du Nigéria, a entraîné une nouvelle situation d’urgence au Niger, au niveau de la région de Maradi. Des dizaines de milliers de personnes ont traversé la frontière fuyant une violence extrême qui inclut les attaques aveugles, les enlèvements, les extorsions, les meurtres, les violences sexuelles et la destruction des maisons et des biens. Aucune perspective d’amélioration à court terme n’est attendue, tout comme les perspectives d’un processus de développement inclusif dans le nord du Nigéria qui reste un enjeu central pour la stabilité de la région.

L'escalade de la violence se poursuivant elle continue de provoquer des déplacements massifs de population, tant à l'intérieur qu’à l'extérieur du Nigéria. On estime à 210,000 le nombre de déplacés internes au Nigeria.

Nigéria. Côté Niger, un pré-enregistrement, réalisé en août 2019 par le Gouvernement du Niger et le HCR, dénombrait près de 35,000 réfugiés. Les femmes (58%) et les enfants (73%) constituent la majorité de cette population. Les déplacements continuent. Le Gouvernement du Niger et les humanitaires prévoient un nombre total de 50,000 réfugiés d’ici la fin de l’année 2019. Les réfugiés ont trouvé refuge au sein de plus de 50 villages nigériens proches de la frontière nigériane dans les communes de Guidan Roumdji, Guidan Sori et Tibiri. Les points d’entrée sont les villages de Bassira, Tankama, Chawagui et Dan Kano. Il est estimé que 30,000 personnes de la communauté hôte sont affectées.

Le nombre croissant de réfugiés exerce une pression immense sur les communautés hôtes, déjà confrontées à un manque de ressources et de services de base. Compte tenu de la capacité limitée de ces communautés, les réfugiés restent tributaires de l'aide humanitaire notamment en termes d’alimentation, d’abri et de biens non alimentaires. La faiblesse des services de base existants dans les villages d’accueil augmente également les besoins en termes de santé, d'eau et d’assainissement. Le pourcentage élevé d'enfants parmi les réfugiés représente un défi de taille sur le plan éducatif. Les communes d’accueil sont affectées de manière structurelle par l’insécurité alimentaire et nutritionnelle. La situation est aggravée par la période de soudure actuelle. Les épidémies dans la zone telles que le choléra sont récurrentes.

L'environnement de protection dans la région de Maradi est précaire. Les groupes armés n'hésitent plus aujourd’hui à franchir la frontière du Niger. Ils mènent sur le sol nigérien des opérations d’enlèvement, d’extorsion, de vol de bétail et d’assassinat. Leur présence dans la région constitue une menace pour les opérations humanitaires. Les risques de protection sont immenses en particulier pour les femmes et les filles, ainsi que pour les enfants non accompagnés ou séparés. Le nombre de séparation familiale est élevé, tout comme les victimes de viols et d'autres formes de violences sexuelles et sexistes. Les besoins en termes de soutien psychosocial sont colossaux.

L’insécurité et la pression sur les populations hôtes ont amené les autorités à demander que les réfugiés puissent être relocalisés volontairement vers des zones sures et des « villages d’opportunités ». Tout comme pour les autres situations de réfugiés dans les régions de Tahoua, Tillabery et Diffa, une politique d’alternative aux camps est mise en place. Le Niger continue d’être un modèle à travers le monde en termes de recherche de solutions adaptées pour les réfugiés et leurs hôtes.

Dans le contexte de Maradi, les leçons apprises des contextes de Tahoua, Tillabery et Diffa doivent être mises à profit. Les communes accueillant les réfugiés font partie des communes prioritaires pour l’opérationnalisation du nexus humanitaire – développement tel que défini par le Gouvernement à travers le Ministère de l’Action Humanitaire.