Plan de réponse a l'afflux de réfugiés en provenance du Nigéria dans la région de Maradi, Niger (Août 2019)

Report
from UN High Commissioner for Refugees
Published on 31 Aug 2019 View Original

I. CONTEXTE

Au début du mois de Mai 2019, des incidents sécuritaires survenus dans les états nigérians frontaliers avec le Niger ont conduit plusieurs ressortissants nigérians à franchir la frontière afin de trouver refuge dans les villages du département de Guidan-Roumji, dans la région de Maradi. Sur invitation des autorités administratives régionales du Ministère de l’Intérieur, de la Sécurité Publique, des Affaires Coutumières et Religieuses, une mission conjointe de la Direction Régionale de l’Etat Civil de la Migration et des Réfugiés de Maradi (DREC/M/R) ainsi que du bureau terrain de l’UNHCR de Tahoua, a été effectuée du 9 au 10 Mai 2019 dans la région de Maradi. Cette mission a eu pour objectif de rencontrer les demandeurs d’asile nigérians récemment arrivés dans ce département afin de comprendre les motifs de leur fuite et d’évaluer leurs conditions de vie.

Cette mission a permis de recueillir le profil des gens qui sont arrivés, leurs régions d’origine ainsi que les raisons de leur fuite. Depuis cette mission, des ressortissants nigérians ont continué à traverser la frontière nigérienne.

A la date du 31 mai 2019, lors de la phase de pré-enregistrement conduite conjointement par les autorités régionales de la DREC/M/R et les équipes du HCR, 16.871 Nigérians déjà arrivés dans le département de Guidan-Roumji, fuyant la criminalité dans leurs villages d’origine dans l’Etat de Sokoto ont été enregistrés. Au 31 juillet 2019, sur la base du pré-enregistrement à l’échelle des ménages conjointement mené par les autorités régionales de la DREC/M/R et les équipes du HCR, les nouveaux arrivés ont été estimés à 35 055 personnes répartis dans plus de 45 villages rattachés aux communes de Guidan-Roumdji, Guidan Sori et Tibiri dans la région de Maradi. Cette population refugiée, au regard de la tendance observée, pourra atteindre 50 000 personnes d’ici la fin de l’année 2019. Ainsi, le chiffre de planification retenu dans ce Plan est de 50,000 réfugiés.

De manière générale, les familles nigérianes affirment avoir eu accès au territoire du Niger sans incident. En effet, femmes et enfants sont entrés sans fouille de la part des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) contrairement aux hommes. Mieux, certains affirment n’avoir même pas eu de contact avec les FDS. Les points d’entrée sont les villages de Bassira, Tankama, Chawagui et Dan Kano. Les incidents relevés durant la fuite vers le Niger sont les blessures, fractures et accouchements précoces.

Les Nigérians sont accueillis dans les villages frontaliers du Niger. Cette proximité avec le Nigéria (500m à 2km) a pour conséquence que certains retournent dans leurs villages d’origine pour récupérer des vivres, du bétail et d’autres objets personnels malgré le risque d’enlèvement et de kidnapping. Les enfants sont souvent chargés d’accomplir ces tâches.

Ce Plan de Réponse a été élaboré avec la participation active du HCR, l’UNICEF, le PAM, l’OMS, le PNUD, les structures étatiques telles que DREC/M/R, DREPF/PE, DRESP, DREP/A/PLN/EC, DRERH, les ONGs nationales et internationales. Ce Plan s’inscrit étroitement dans l'approche nexus humanitaire-développement qui caractérise les interventions de l’UNCHR en Niger.