Niger

Niger | Termes de référence du Groupe Technique Nutrition (GTN) (janvier 2022)

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Introduction et contexte

La malnutrition constitue un problème de santé publique majeur au Niger, avec des prévalences de malnutrition aiguë et chronique qui stagnent à des niveaux au-delà des seuils critiques depuis plus de 10 ans. En effet, 43.5% des enfants de moins de cinq ans au Niger souffrent du retard de croissance (malnutrition chronique). La prévalence nationale de malnutrition aigüe globale est de 10.5%, dont 2.7% sous la forme sévère2 .
Les pratiques d'alimentation du nourrisson et du jeune enfant (ANJE) sont inadéquates au Niger.
Seulement 28,1% des enfants de moins de 6 mois sont allaités exclusivement. De plus, seulement 23,1% des enfants de 6-23 mois ont une alimentation diversifiée et très peu d’enfants de 6-23 mois (19,5% seulement) ont accès à un régime minimal acceptable.3 Ce sont des facteurs importants de retard de croissance et d'émaciation au Niger.
L’état nutritionnel des femmes en âge de procréer (15-49 ans) est marqué par le double fardeau de là sous-nutrition et de la surnutrition. En effet, les résultats de l’enquête EDS-MICS en 2012 ont montré que le déficit énergétique et calorique (Indice de Masse Corporelle ou IMC inférieur à 18,5) restait important (16%), tandis que 14% des femmes avaient un IMC élevé (IMC de 25 ou plus), ce qui les expose aux risques de maladies chroniques non transmissibles.4 Le rapport sur le profil nutritionnel des femmes selon les caractéristiques socio-économiques et sociodémographiques au Niger5 a fait ressortir que la maigreur, en baisse, est un fardeau rural tandis que le surpoids et l’obésité, en hausse, sont des problèmes plus présents en milieu urbain. Les jeunes femmes et adolescentes, vivant en milieu rural et marginalisées sont particulièrement à risque de maigreur. Cette sous nutrition chez les adolescentes contribue de manière significative à un cycle intergénérationnel de la malnutrition, car la maternité précoce (avant l’âge de 18 ans) est de 48% au Niger (données 2012).6 Les carences en micronutriments constituent également un problème majeur de santé publique au Niger.
L’anémie est présente avec des prévalences inacceptables aussi bien en milieu rural qu’en milieu urbain.5 Elle touche 61.2% des enfants de moins de cinq ans et 49.3% des femmes âgées de 15-49 ans7 .
Ces problèmes de malnutrition sont exacerbés par des chocs saisonniers (crise saisonnière pastorale, agro-pastorale, pic paludisme), des épidémies, et/ou par les conséquences soit de phénomènes climatiques (sècheresses, inondations), soit de conflits armés entrainant des déplacements de population (zones frontalières du Nigeria, du Burkina Faso et du Mali).
Pendant longtemps, les efforts dans le domaine de la nutrition se sont concentrés sur la prise en charge de la malnutrition aigüe, surtout depuis la crise alimentaire de 2005. Ceci a permis au Niger d’avoir un programme national de prise en charge intégrée de la malnutrition aigüe (PCIMA) avec une couverture géographique à l’échelle du pays intégré au système de santé. Ceci a grandement contribué à réduire la mortalité associée à la malnutrition aigüe chez les enfants de moins de cinq ans8 .
Le Niger doit maintenant relever un autre défi, celui qui consiste à d’une part assurer la durabilité des services PCIMA de qualité, à travers une accélération de l’institutionnalisation du programme ; et d’autre part, de s’attaquer aux causes structurelles et sous-jacentes de la malnutrition. La mise en œuvre des programmes de prévention de la malnutrition, sous toutes ses formes, d’envergure nationale est nécessaire, et ce avec la contribution de tous les acteurs. Ceci nécessite une vision commune, une collaboration et une coordination efficace entre partenaires.
Dans le contexte du Niger, tenant compte des facteurs décrits ci-dessus, des approches de développement à long terme doivent être couplées aux réponses humanitaires. Ceci nécessite un forum de coordination compréhensif, qui gère à la fois l’angle « urgences » et l’angle « développement ». C’est dans ce cadre, qu’en 2012 le Cluster Nutrition a effectué sa transition vers une approche de coordination sectorielle, avec la Direction de la Nutrition du MSP comme chef de file de la coordination et l’Unicef assumant le rôle de co-coordination du Groupe Technique Nutrition (GTN) au niveau national.