Niger: Rapport mensuel de monitoring de protection dans les départements de Tillia et Tassara, région de Tahoua au Niger, août 2019

Report
from UN High Commissioner for Refugees
Published on 31 Aug 2019 View Original

I. APERCU DE L’ENVIRONNEMENT SECURITAIRE ET DE PROTECTION

La région de Tahoua se trouve aujourd’hui à cheval entre deux foyers de tension : au nord la région de Ménaka au Mali où les Groupes Armés Non Etatiques (GANE) sèment la terreur depuis 2012 et au sud, l’Etat de Sokoto au Nigéria qui fait face à des violentes attaques et des menaces des individus armés occasionnant des mouvements de populations.

Au courant de ce mois d’août, la situation sécuritaire s’est dégradée avec des incursions quasi quotidiennes des individus armés à bord des motos et des véhicules.
En effet, dans le département de Tassara, précisément dans la localité de Tadock située à 55 km au Nord de Tassara, la population aperçoit des GANE circulant dans la zone à bord de deux véhicules. Ainsi le 15 août, ces individus armés ont intercepté et fouillé un véhicule privé, mais heureusement aucun incident grave n’a été signalé sur ce dernier.

Un scénario pareil a été rapporté sur le site d’Inizdane (département de Tillia), où des hommes inconnus et armés ont visité une tribu peulh habitant dans la zone.
Nous remarquons que ceci est maintenant le mode opératoire des GANE pour identifier les ménages disposant de beaucoup de têtes de bétail afin de revenir, imposer à cette communauté la Zakat, des rançons ou d’autres formes de taxe, faute de quoi, les animaux seront saisis.

Cependant, dans le département de Tillia, des nouvelles mesures de restriction des mouvements des personnes et de leurs biens sont adoptées par les autorités régionales. Ainsi, toute activité humanitaire est interdite sur les sites des Personnes Déplacées Internes (PDI) et l’usage des engins à deux (02) roues (moto) est formellement interdit sur toute l’étendue des deux départements (Tillia et Tassara.)

L’interdiction de toute assistance sur les sites exceptée la ZAR d’Intikane rend de plus en plus vulnérables les PDIs qui en majorité vivent de l’assistance humanitaire.
Ces PDIs frappées par la panique et le désarroi se lancent dans des mouvements spontanés vers la ZAR d’Intikane dans le but de continuer à bénéficier de l’assistance humanitaire. Les vagues d’arrivées au mois d’août sont soumises à un comptage de la part de la Commission Nationale d’Eligibilité (CNE) dans le but de leur relocalisation vers un site qui serait déterminé dans les jours à venir