Niger: Rapport de monitoring de protection dans les départements de Tillia et Tassara, région de Tahoua au Niger, janvier à août 2019

Report
from UN High Commissioner for Refugees
Published on 31 Aug 2019 View Original

I. APERCU DE L’ENVIRONNEMENT SECURITAIRE ET DE PROTECTION

L’environnement sécuritaire au Nord des départements de Tillia et Tassara dans la région de Tahoua est resté instable durant les huit mois de l’année 2019, du fait de leur proximité avec la frontière du Mali ou une présence accrue des groupes armés non étatiques de différentes affiliations ont été signalée. Ces départements se trouvent à cheval entre deux foyers de tension, notamment la région de Ménaka au nord Mali où les Groupes Armés Non Etatiques (GANE) sèment la terreur depuis 2012 et récemment l’Etat de Sokoto au sud au Nigéria qui fait face à des violentes attaques et des menaces des individus armés occasionnant des mouvements de populations.

Cette situation d’insécurité engendre des mouvements de population du Mali vers le Niger ainsi qu’à l’intérieur même du Niger. Cependant les Personnes Déplacées Internes (PDI), malgré qu’elles aient quitté les zones de tension, subissent toujours la pression, les menaces et les incursions des GANE en mouvement dans la zone.

Les opérations militaires de la force conjointe Barkhane dans la zone de Tamalat au Mali, ayant entrepris des bombardements sur les positions des GANE en date du 21 Avril 2019, ont occasionné une mobilité des GANE sur la bande frontalière du côté du Niger.
Les conséquences de cette mobilité des groupes armés sont la recrudescence des incursions caractérisées par des incidents de protection sur les PDI refugiées, et la population hôte dans les départements de Tillia et de Tassara.

La majorité des incidents enregistrés se caractérisent par les attaques des véhicules venant des marchés hebdomadaires et les gros porteurs venant de l’Algérie, ces attaques entrainent souvent des extorsions de biens ou mêmes des blessures par balle, des vols de bétails ou de motos et des enlèvements, des mines ou EEI dans les zones couvertes par le projet notamment les départements de Tillia et Tassara.

Ces évènements illustrent la volatilité du contexte sécuritaire dans ces zones et les menaces continuelles qui pèsent sur les populations affectées par la crise depuis une longue période.
Face à ce défi lié à la multiplicité des groupes armés non étatiques dans la bande frontalière avec le Mali, les populations déplacées ainsi que la population hôte vivent dans des conditions difficiles avec une réduction de l’accès aux services sociaux de base, aux moyens de subsistance et à l’accès humanitaire.