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Niger : Rapport d’Evaluation Rapide de Protection Ayorou (Août 2020)

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A l’instar des autres départements du Niger, le département d’Ayorou a enregistré d’importantes précipitations au cours du mois d’août. Ces précipitations inédites ont occasionné d’importants dégâts matériels pour les populations de la ville d’Ayorou. La pluie torrentielle du 24 août a affecté de nombreux ménages en raison de graves inondations presque dans tous les quartiers de la ville, particulièrement ceux de Koira Tégui, Douane, Zongo et Baktatouf. Selon les informations recueillies auprès du comité OSV (Observatoire de Suivi de Vulnérabilité), le bilan est le suivant : effondrement de 404 maisons, perte de 3 têtes de bétails (1 bovin, 1 ovin et 1 caprin), destruction de 26 hangars, écroulement (submersion) de 101 douches(latrines), effondrement de 195 murs, endommagement de 03 cuisines familiales, inondation des champs, etc. Le nombre total de sinistrés est de 472 ménages pour 2360 personnes à la date de l’évaluation.

Cette catastrophe naturelle fragilise davantage les conditions de vie des populations d’Ayorou qui sont depuis plusieurs semaines dans une situation difficile.

Selon les témoignages recueillis et les observations faites directement sur le terrain, la perte de biens matériels et l'inondation de la majorité des quartiers ont contraint les habitants à se déplacer dans la ville chez des parents proches non sinistrés et dans des écoles. Certains déclarent avoir trouvé refuge chez des parents proches, et la promiscuité de ces lieux d’habitation laisse à désirer. Certains ménages affectés ont été hébergés temporairement dans des édifices publics (notamment les écoles). Cependant, quelques ménages ont dû construire des tentes de fortune dans la cour de leurs maisons, ou sous les arbres pour d’autres.

En termes de dégâts matériels, on dénombre des échoppes effondrées, de même que les installations électriques. La montée brusque de l’eau causée par la rupture d’une digue et le débordement des marres de Koira Tegui, Douane et Baktatouf ont surpris les résidents qui ont dû abandonner leurs maisons et laisser derrière eux l’ensemble de leurs biens ensevelis sous les décombres. Il s’agissait de biens mobiliers (lit, matelas et matériels de couchage), des ustensiles de cuisines, des vêtements, des réserves de vivres(riz, mil et maïs) ainsi que des greniers. Un habitant du quartier Koira Tegui a perdu plusieurs sacs de poisson séché.

La présente évaluation fait ressortir plusieurs besoins auxquels les populations font face depuis le début des inondations le 24 Août :

  • Sur le plan alimentaire : suite à ces inondations, beaucoup des ménages interviewés (en majorité des agriculteurs) déclarent avoir perdu toutes leurs réserves alimentaires. Cette situation accroit le niveau de vulnérabilité des populations surtout en cette période de soudure. Certains sinistrés vivent actuellement grâce à la solidarité de leurs proches. Certains sont obligés de réduire la quantité d’aliments consommés journalièrement, ce qui risquerait long terme, d’entrainer des risques de malnutrition.

  • Sur le plan sanitaire, les eaux stagnantes, l’effondrement de plusieurs latrines et fosses ont créé un environnement insalubre propice à la prolifération des moustiques et au risque d’apparition de certaines maladies comme le choléra. La perte des biens matériels comme les moustiquaires et les couvertures exposent les personnes au paludisme. On dénombre déjà plusieurs cas parmi la population sinistrée. D’autres maladies liées au manque d’hygiène pourraient aussi apparaitre.