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Niger. Promouvoir le dialogue entre les communautés pour les aider à restaurer leurs terres

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Au Niger, le réchauffement climatique et la dégradation des terres agricoles se sont intensifiés ces dernières années, impactant la survie des populations. C’est pourquoi sur place, CARE et ses partenaires agissent pour lutter contre ces phénomènes et proposent des solutions à travers le projet RESILAC.

Une région impactée par les conflits communautaires et le réchauffement climatique

Depuis plus d'une décennie, la région de Diffa au Niger souffre d'une crise à causes multiples. Les impacts du changement climatique sur l'environnement naturel, les violences de groupes armés non-étatiques, et les capacités limitées des services de l'État ont des conséquences dramatiques sur la vie des populations.

Le partage des ressources naturelles notamment, est source de conflits au sein des communautés. La loi nigérienne contient des dispositions sur l'appropriation foncière, mais celles-ci sont très peu utilisées, parce que les procédures sont souvent contraignantes et très coûteuses.

Ces tensions sont accentuées par des phénomènes climatiques comme l'ensablement, les sécheresses fréquentes et la baisse de la fertilité des sols.

Face à cette situation, le projet RESILAC a pour objectif de restaurer les terres et aider les communautés à auto-gérer les ressources. Cela passe notamment par la formalisation des règles d'accès aux ressources au sein des communautés grâce à des conventions locales, et par la transmission de techniques pour définir le devenir des terres délaissées tout en garantissant une exploitation respectueuse de l'environnement.

Un programme adapté à chaque village, qui inclut les femmes

À 95km de Diffa et 20km du chef-lieu de département Mainé Soroa, Adebour est un village qui concentre des activités d'agriculture pluviale, de maraîchage, d'élevage et de petit commerce. Les équipes du projet y ont réalisé des diagnostics, afin d'identifier les ressources naturelles qui font l'objet de plus de pression démographique et climatique.

Suite à ces diagnostics, les groupements d'agriculteurs se sont mobilisés pour restaurer les terres ! Ces travaux ont notamment abouti à la construction de clôtures grillagées, de points d'eau permanents dans les vallées, ainsi que la plantation de plants de Prosopis (dérivés des Acacias) qui freinent l'avancée du désert.

« Ce site est important pour nous, car il va non seulement sauver notre vallée de l'ensablement, mais aussi permettre à nos animaux de trouver à manger juste à côté du village » explique Soumaila Malam, membre du comité de gestion du site.

Le projet promeut également un accès équitable aux terres sur les sites restaurés. Ainsi, sur l'un des sites maraîchers du village, parmi les 48 chefs désignés pour la gestion des terres, 12 sont des femmes. Une véritable nouveauté !

« Je bénéficie maintenant d'une parcelle de 200 m², où je cultive de la pomme de terre, tomate, moringa et laitue. Auparavant, c'était mon mari, seul, qui s'occupait du foyer en se proposant comme main d'œuvre et en vendant du charbon de bois. En tant que femme, avoir accès à la terre, c'est une fierté et une chance », témoigne Gaptia, jeune cultivatrice et mère de trois enfants.

Une nouvelle approche du dialogue entre les différents acteurs

Dans la région de Diffa, RESILAC renforce les mécanismes de dialogue entre entités territoriales (communes, cantons, chefferies) et les encourage à faire le lien entre les besoins des populations et les problématiques de développement de leurs localités.

Ainsi, RESILAC a accompagné les communes de Maine Soroa, Chétimari et Goudoumaria, à engager le processus d'actualisation du plan communal pour dessiner une vision d'ensemble des défis à relever. 22 commissions foncières communautaires ont été mises en place, ainsi que 7 cadres de concertation pour améliorer la médiation sur les conflits liés à l'accès aux ressources naturelles, notamment dans le cadre des chantiers à haute intensité de main d'œuvres.

Ces chantiers sont très bénéfiques pour toute la communauté : ils donnent du travail aux jeunes, aux femmes et aux populations vulnérables qui participent au redressement économique de la communauté, peuvent épargner de l'argent et subvenir aux besoins de leurs familles.

Des techniques agricoles innovantes adaptées aux enjeux climatiques

Dans la région, les sols deviennent moins fertiles en raison de la dégradation continue des terres, liée aux mauvaises pratiques agricoles, à l'érosion et à l'ensablement.

À Yambal (un village de la commune de N'Guigmi), en partenariat avec l'Université de Diffa, 20 producteurs et productrices leaders, dont 50% des femmes, ont participé à des études expérimentales.

« Au total, sept techniques et pratiques ont été testées aux cotés des étudiants de l'université, portant sur les paramètres de croissance et le rendement du maïs, les effets de l'écartement des plants sur la croissance, la productivité et l'efficacité d'une haie vive de moringa, les effets du compost sur la croissance et le rendement du maïs et de mil, l'efficacité du jus de neem contre les insectes ravageurs du niébé et les effets de la présence du basilic sur les insectes ravageurs du chou », témoigne Ibrahim, référent technique du projet.

Lorsque les résultats sont concluants, ces nouvelles techniques sont ensuite enseignées aux villageois.

Le personnel des services techniques étatiques locaux est également mobilisé. Une formation sur l'Agriculture Intelligente face au Climat (AIC) a été organisée en mars 2020, et renouvelée en juin auprès de la Direction Régionale de l'Agriculture et des agents du projet RESILAC, en collaboration avec l'Institut International de Recherche sur les cultures des zones tropicales semi-arides (ICRISAT).