Niger : Note sur les incendies des écoles par les groupes armés non étatiques dans la région de Tillabéri Niamey, le 4 octobre 2019

Report
from UN High Commissioner for Refugees
Published on 04 Oct 2019 View Original

I. APERCU DU CONTEXTE

La situation sécuritaire sur la bande frontière Niger-Burkina Faso, continue de se dégrader, compte tenu de l’activisme des groupes armés non étatiques. Les communes frontalières avec le Burkina Faso notamment Makalondi, Djagourou, Gorouol, Dargol, et Torodi restent toujours sujettes aux incursions et attaques des GANE malgré les vastes opérations militaires en cours. Cela pourrait s’expliquer par la frontière qu’elle partage avec les régions du Sahel et de l’Est du côté du Burkina Faso où l’activisme des groupes armés non étatiques s’est accru au cours des huit derniers mois.
Selon des sources communautaires, des campagnes de sensibilisation sur les préceptes de l’islam sont organisées au profit des populations particulièrement sur les méfaits de l’enseignement et de la culture occidentale. Selon les communautés, Les GANE avaient deux objectifs:

  • interdire sur le moyen et long temps l’enseignement moderne non islamique;

  • obtenir la confiance des populations afin de mener leurs activités.

Pour rappel, le 30 novembre 2018, le gouvernement nigérien a décrété l’état d’urgence dans trois nouveaux départements: Torodi, Say, et Téra. Les raisons évoquées restent la dégradation continue de la sécurité des personnes et des biens avec une attaque perpétrée contre une position des FDS à Makalondi, dans la nuit du 17 au 18 novembre 2019, ayant fait deux morts selon les autorités gouvernementales. Cette attaque a précédé l’enlèvement d’un prêtre catholique dans la même zone le 17 septembre 2019 et succédée par des menaces sur les personnels enseignants et incendies d’écoles des villages de Tangounga (Makalondi) et Boborgoussaba (Torodi).
L’insécurité persiste du fait de l’existence de zones boisées au niveau de la frontière avec le Burkina Faso, qui servent de cachettes aux GANE afin d’échapper aux bombardements aériens. Il faut noter que la bande frontière Niger-Burkina Faso se distingue par la présence des groupes armés non étatiques qui prêchent les prescriptions de l’islam et sensibilisent les populations sur le rejet de la culture occidentale. Cela est à l’ origine des incendies volontaires des salles de classes perpétrés par ces GANE dans la zone. (cf carte ci-dessous : localisation des villages concernés par les incendies d’écoles)