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Niger : le développement économique au service de la cohésion sociale

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ACTED organise une série de forums économiques en 2016 dans la région de Tillabéry, au Niger, abritant trois camps de réfugiés maliens. Ces forums contribueront à l’autonomisation des réfugiés et à leur intégration dans la société nigérienne.

De part et d’autre de la frontière, une économie fortement affectée par la crise malienne

Hama, réfugié malien de 69 ans, et Seidoun, commerçant nigérien de 52 ans discutent sérieusement sur le camp de réfugiés de Tabareybarey, près de la petite ville d’Ayorou, au Niger. Cette rencontre s’effectue dans le cadre d’un grand forum économique mis en place par ACTED le 28 janvier dernier sur le camp et visant à mettre en relations réfugiés maliens, fournisseurs et potentiels acheteurs nigériens.

Depuis toujours des échanges commerciaux et culturels ont eu lieu dans la région entre le Niger et le Mali, les populations locales traversant la frontière pour transiger leurs biens sur les différents marchés de la région, dont celui d’Ayorou, reconnu bien au-delà des frontières nigériennes. Toutefois, ces habitudes ont été très largement entravées par la crise malienne.

Hama, qui a fui la région d’Asongo au Mali il y a trois ans avec les quatre autres membres de son ménage, était un habitué de ces vas-et-viens continus entre les deux pays. Artisan et commerçant de petits ruminants, il tente depuis son arrivée au Niger de poursuivre son activité, mais fait face à plusieurs défis, notamment un manque de matériel et un manque de débouchés.

Seidoun, quant à lui, doit subvenir aux besoins des 14 membres de son ménage. Il doit ainsi exercer plusieurs activités dont le petit commerce et l’embouche. Pour lui, l’arrivée des réfugiés maliens, bien que découlant d’une situation dramatique, est tout de même une opportunité de développement économique pour la région, à condition bien entendu que l’intégration des réfugiés soit réussie.

De l’urgence au développement et à l’intégration économique

ACTED intervient depuis 2010 dans cette région du Niger frontalière du nord du Mali. Ses équipes connaissent donc parfaitement la zone et ses populations, et ont été témoins de l’évolution de la situation malienne. Bien que le nombre de réfugiés soit toujours en croissance - ils seraient aujourd’hui plus de 55 000 au Niger dont près de 33 000 dans les camps gérés par ACTED – la situation d’urgence semble désormais terminée et l’avenir de ces ménages déplacés se pose plus que jamais.

Une grande partie des réfugiés maliens, dont Hama et sa famille, ne comptent pas quitter le Niger, du moins pas dans l’immédiat. Leur intégration socio-économique, leur permettant de se constituer une vie décente à l’extérieur des camps et sans dépendance à l’aide extérieure, devient donc une priorité.

ACTED y répond avec le soutien du Bureau of Population, Refugees, and Migration (BPRM) du gouvernement des États-Unis via la mise en place de formations professionnelles et le développement d’activités génératrices de revenus. Ces différentes activités ne sont pas développées au hasard, mais ont été choisies suite à une analyse poussée des opportunités économiques dans la région, afin de maximiser les chances d’intégration et de succès pour les bénéficiaires du projet.

Une action intégrée d’ACTED en faveur de la cohésion sociale

Le forum qui s’est déroulé sur le camp de Tabareybarey ainsi que sur les deux autres camps de la région facilite les rencontres et échanges entre réfugiés et populations hôtes et favorise ainsi non seulement l’intégration économique, mais permet aussi d’engager le dialogue intercommunautaire.

55 000 réfugiés maliens en territoire nigérien, dont 9683 sur le camp de Tabareybarey

Afin d’éviter les conflits qui pourraient survenir du fait de l’afflux massif de populations vulnérables sur un territoire déjà soumis aux aléas économiques et climatiques, ACTED, dans le cadre de la gestion des camps, s’efforce depuis le début de son intervention de développer des mécanismes de dialogue, dont des comités de gestion pacifique des conflits et des cadres de concertation comprenant populations déplacées, populations autochtones et autorités locales.

Hama et Seidoun sont sensibles à ces efforts et désirent collaborer ensemble pour le bien-être de leurs collectivités : « Nous sommes des frères et nous devons tous nous entraider, et c’est grâce à l’appui d’organisations comme ACTED que cela devient possible », s’exclament-t-ils.

Au total, 6 forums économiques seront organisés dans le cadre du projet Continuer de renforcer l'autonomisation économique, en particulier pour les femmes et les personnes à besoins spécifiques, et amélioration des moyens d'existence et de la cohésion sociale pour les réfugiés maliens et les populations hôtes.

Trois ont été organisés en janvier (1 par camp). Les trois prochains se dérouleront en avril dans les villages d’intervention hors des camps.