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Evaluation rapide en abris dans la region de Diffa

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RESUME SYNTHETIQUE

La situation sécuritaire dans la région du Diffa s'est considérablement détériorée suite à la multiplication des attaques menées par les forces armées liées au groupe terroriste Boko-Haram de part et d’autre de la frontière avec le Nigéria au cours de l’année 2015. Les exactions répétées ainsi que les violations des droits humains commises sur les populations sont à l’origine de nombreux mouvements de population au Niger et depuis le Nigeria. Les retournés nigériens et réfugiés nigérians s’installent au Niger dans les camps de Kabalewa et Sayam Forage et trouvent refuge spontanément au sein des communautés hôtes déjà touchées par des conditions de vie difficiles, le manque d’accès aux services de base et à des moyens de subsistance. L’assistance humanitaire au sein du contexte actuel de la région de Diffa est soumise à une instabilité permanente compte tenu des nombreux mouvements de populations et des installations ou des réinstallations spontanées. Selon les données de la Direction Régional de l’Etat Civil et de Réfugiés (DREC-R) publiée en décembre 2015, la région de Diffa compte 93,343 personnes réfugiées nigérianes, 72, 549 retournés nigériens et environ 58,000 déplacés internes qui ont besoin d’une assistance humanitaire.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (UNHCR) a financé en 2015 un projet de gestion de l’information mis en œuvre par REACH Initiative visant à améliorer les connaissances des acteurs humanitaires dans la région de Diffa. Le présent rapport présente l'analyse des informations récoltées au cours de la dernière évaluation s’inscrivant dans ce projet. Cette évaluation a pour objectif de comprendre les tendances relatives aux conditions de vie des ménages déplacés en mettant l’accent sur les aspects relatifs aux abris et biens non- alimentaires. L’évaluation rapide en abris a été effectuée dans 14 localités, réparties dans quatre départements de la région de Diffa, soit les départements de Bosso, Diffa, N’Guigmi et Maine-Soroa, entre le 17 et le 20 décembre 2015. Au total 1317 ménages comprenant des réfugiés nigérians, des retournés nigériens ainsi que des déplacés internes ont répondu à un questionnaire d’enquête relatifs aux secteurs d’intérêts suivants : démographie, mouvements de population, typologie/conditions des abris, propriété foncière, biens non alimentaires, eau hygiène, assainissement (EHA) et assistance humanitaire reçue.

La stratégie d’évaluation et la méthodologie des enquêtes ont été déterminées par REACH Initiative, l’UNHCR et le Groupe de Travail Abris et Biens Non-alimentaires (GTABNA). Cette évaluation a été mise en œuvre par les équipes de REACH Initiative avec la collaboration et la participation des autorités locales de chaque village. Les données ont été récoltées à l’échelle du ménage et sont désagrégées par village afin de permettre une meilleure appréciation des inégalités au niveau local. Ainsi, des tendances sont présentées au sein de ce rapport afin de décrire les conditions de vie et la typologie des abris investis par les ménages déplacés, retournés et réfugiés.

Il est à noter que cette évaluation donne un aperçu quantitatif des intentions de déplacements des ménages mais ne permet pas d’appréhender la complexité des tendances à l’échelle de la région. Les résultats obtenus permettent néanmoins de comprendre les besoins des ménages dans les sites spontanés actuels et de compléter les autres publications REACH Initiative à ce sujet.

Le présent rapport met en lumière une réelle disparité des besoins selon les villages. Les villages de Bosso, Toumour et Tchoungoua, font état d’une vulnérabilité démographique plus accrue au vu des données collectées. Le nombre de personne moyen est plus élevé et près de la moitié des foyers enquêtés sont dirigés par une femme seule. De la même manière, l’accès à l’abri diffère en fonction du village enquêté. Dans les villages situés près du Lac Tchad, la majorité (56%) des ménages enquêtés loge au sein d’abri temporaire. En revanche, dans les communes rurales de Diffa, la proportion de ménages résidant au sein de familles d’accueil est nettement plus élevée. Elle peut atteindre jusqu’à 41% des ménages comme à Tchoungoua.