Niger

Evaluation des connaissances, attitudes et pratiques (CAP) en eau, hygiène et assainissement (EHA) des populations touchées par la crise du Lac Tchad Région de Diffa, Niger (Septembre 2017)

Format
Evaluation and Lessons Learned
Sources
Posted
Originally published
Origin
View original

Attachments

RESUME

La crise dans la région du lac Tchad, débutée en 2015, continue de déstabiliser la région de Diffa au Niger et de provoquer d’importants mouvements de populations. Environ 250 000 personnes déplacées1 vivent dans des sites spontanés qui, souvent, manquent d’infrastructures de base2 , dans un contexte de crise socio-économique exerçant une pression continue sur les ressources des populations vivant dans la région. 3 De plus, le climat d’insécurité limite considérablement l’accès à l’assistance humanitaire. L’ensemble de ces facteurs conduit à une précarisation des conditions de vie des populations hôtes et déplacées, ainsi qu’à une augmentation des besoins prioritaires, y compris en Eau, Hygiène et Assainissement (EHA).

Peu d’informations sur l’étendue des besoins en EHA dans la région de Diffa sont actuellement disponibles. Dans le but de combler ce manque d’information, REACH, en collaboration avec le Cluster WASH du Niger et en partenariat avec l’UNICEF, a mené une évaluation sur les Connaissances, Attitudes et Pratiques (CAP) en EHA des populations de la région de Diffa en septembre 2017. Cette évaluation a pris en compte à la fois les populations vivant dans les sites accueillant des déplacés et recensés par la Direction Régionale de l’Etat Civil, des Migrations et des Réfugiés (DREC), appelés ici « sites DREC », et celles des villages voisins des sites DREC, qui n’accueillent pas de populations déplacées et ne sont donc pas recensés par la DREC, appelés ici « villages non-DREC ».

Cette évaluation s’est basée sur une méthodologie quantitative avec la réalisation d’enquêtes ménages via un questionnaire élaboré et standardisé par le cluster WASH du Niger avec le soutien de REACH. Au total, 2 909 ménages ont été interrogés, dont 1 927 dans les sites DREC et 982 dans les villages non-DREC. La collecte des données s’est reposée sur un échantillon aléatoire représentatif stratifié au niveau des communes et types de localités (DREC/non-DREC). Ceci a permis d’obtenir des résultats représentatifs aux niveaux communal et régional, ainsi qu’entre les sites DREC et les villages non-DREC. L’évaluation s’est articulée autour de quatre grandes thématiques CAP – l’accès à l’eau, l’assainissement, l’hygiène corporelle, et les maladies hydriques et leurs vecteurs de transmission. Les résultats principaux sont résumés ci-dessous :

De manière générale, les résultats de l’évaluation dépeignent des CAP faibles pour l’ensemble des indicateurs en EHA mesurés, notamment par rapport aux standards Sphère, et niveaux régional et communal confondus. Ils tendent également à montrer que les besoins en EHA dans les zones n’accueillant pas de déplacés et plus éloignés de la crise du Lac Tchad sont plus aigus que dans les sites de déplacés. Plus précisément, les résultats de l’évaluation variaient d’une commune à l’autre, selon les thématiques. Les tendances générales suivantes peuvent néanmoins être présentées :

  • Pour les communes où il n’y a que des villages non-DREC – N’Gourti, Ngueil Bely – et pour Bosso où l’accès aux sites DREC est fortement limité du fait du contexte sécuritaire, la situation en termes de EHA semble plus mauvaise. Pour N’Gourti et Ngueil Bely, ceci peut s’expliquer en partie par leur éloignement géographique de l’épicentre de la crise et donc de l’assistance humanitaire. En ce qui concerne Bosso, étant donné qu’un seul village a pu être visité, il n’est pas possible d’en tirer des conclusions.

  • Pour les sites accueillant des déplacés, les communes de Toumour et de Kablewa, suivies de Gueskerou et de N’Guigmi, ont obtenu les résultats les plus préoccupants.