Bulletin humanitaire Niger, février-mars 2018

FAITS SAILLANTS

  • Plus de 15 000 personnes pourraient fuir les îles à cause des opérations militaires en cours

  • Diffa et Tillabéry accueillent près de 130 000 personnes déplacées internes

  • Près de 800 000 personnes en crise alimentaire

  • Les cas d’abandons scolaires ont atteint 7000 élèves cette année

CHIFFRES CLES

Personnes dans le besoin au Niger (HNO 2018) 2 300 000

Personnes ciblées au Niger (HRP 2018) 1 800 000

Nb. de personnes dans le besoin dans la région de Diffa (HNO 2018) 419 405

Nb. de personnes ciblées pour l’assistance humanitaire à Diffa (HRP 2018) 419 405

Diffa : Mouvement de populations vers les îles du Lac Tchad

Zones de départ des populations : Kintchandi, Kablewa, Toumour et Bosso

De janvier à fin février 2018, environ 1257 personnes se sont déplacées vers les îles du lac (Tchad, Niger, Nigeria), rapportent les points focaux d’alerte de monitoring du groupe de travail protection. Le nombre de personnes déplacées dans les îles situées sur le territoire du Niger est estimé à environ 312 jeunes en majorité des personnes déplacées internes (PDI) en provenance de Kindjandi, Bosso, Toumour et Kablewa. Ces personnes se sont établies dans les îles plus proches de la commune de Bosso à savoir (Nkrna Galagala, Tillia, Libye Soroa, Kla Koumana, Gouptia, Kania, Kourna, Toulla, Maria, Gorgol) et Kablewa (Lelewa, Gadra, Liberia) pour y pratiquer des activités de pêche.
Certains éleveurs, en majorité les peulhs, sont également partis dans les îles à la recherche de pâturages pour leurs animaux. Pour rappel, au début du deuxième trimestre de l’année 2017, des mouvements spontanés pendulaires de retour vers certaines îles du Lac avaient déjà été signalés par ces mêmes points focaux.

Ces mouvements vers les îles du Lac Tchad, pourtant classées zone interdite depuis 2015 par les autorités nigériennes, seraient liés entre autres à l’insuffisance de l’assistance humanitaire en vivres, au manque de moyens de subsistance, au manque d’opportunités en matière d’activités agricole et de pêche, à l’insuffisance de la production pastorale…

Des mouvements pendulaires des îles vers la terre ferme redoutés

Les acteurs humanitaires dans la région de Diffa craignent de nouveaux mouvements de populations dans les prochains jours, voire prochaines semaines avec les opérations militaires de la force mixte multinationale (FMM) en cours dans les îles du Lac et dans la zone de la Komadougou. Ces acteurs se préparent à mettre à l’échelle leurs capacités d’intervention et à créer en collaboration avec les autorités, les conditions favorables à un accès des humanitaires à ces populations. D’après des projections des acteurs humanitaires à Diffa, ces mouvements pourraient concerner plus de 15 000 personnes qui viendraient s’ajouter au lot de 252 035 personnes déplacées établies dans la région auxquelles il faut apporter une assistance dans tous les secteurs d’intervention. Il a été également rapporté qu’en prélude à l’offensive militaire prévue d’avril à juin 2018, des mouvements des troupeaux ont été observés quittant les îles du lac Tchad pour la terre ferme. Cette situation préoccupe la direction de l’élevage qui s’attend, dans les prochains jours, à une concentration d’animaux dans le nord de la région en proie déjà à un important déficit fourrager. Cela pourrait alimenter les tensions autour des points de pâturage et des points d’eau pouvant occasionner des conflits.

UN Office for the Coordination of Humanitarian Affairs:

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