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Au Niger, le gaz en appui aux réfugiés maliens et au secours des arbres

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Abala, Niger, April 23 (UNHCR) - 300 FCFA (0,63 USD). C’est le montant que dépensait chaque jour Alkaounatou, réfugiée malienne mère seule avec 3 enfants, pour acheter du bois. Pour Alkaounatou, quand on fait partie des personnes vivant avec moins d’un dollar par jour, cela représente beaucoup. 3 heures. C’est le temps que consacrait chaque jour Maimouna, elle aussi refugiée et seule avec ses 4 enfants, pour trouver du bois dans les environs du camp de réfugiés d’Abala. Des kilomètres pour trouver quelques branches de plus en plus rares… Un endroit vert. C’est le souvenir qu’a Akiyou, président du comité des réfugiés, de son arrivée à Abala.

Environnement à l’agonie, distance à parcourir toujours plus longue, bois toujours plus cher, voilà au fil des mois les conséquences directes du problème d’accès à l’énergie domestique pour les réfugiés.
Leur autonomisation s’éloigne. Revoilà le temps des stratégies de survie : réduire les repas journaliers pour revendre une partie de la ration alimentaire et acheter du bois. Le succès des interventions de lutte contre la malnutrition en train de se réduire en cendres pour quelques bouts de bois.

Au Niger comme au Mali, peu de ménages utilisent le gaz à des fins domestiques. Il y a derrière cela les habitudes dans la préparation des repas mais surtout un énorme problème d’accès physique et financier. Le gaz n’est disponible qu’au niveau des villes et l’achat de base que représente la bouteille consignée et le réchaud revient à 23 000 FCFA (48 USD)... somme importante pour le contexte mais souvent inférieure à la dépense mensuelle des ménages réfugiés pour se procurer du bois. Situation irrationnelle aux conséquences désastreuses à laquelle l’UNHCR Niger a décidé de remédier. Le Projet Gaz a été lancé.

Un partenariat gagnant-gagnant avec le secteur privé était incontournable. Un contrat a été signé avec une entreprise nigérienne fournisseuse de gaz pour qu’elle installe à ses frais, au milieu du sable, un centre de stockage, de distribution et d’embouteillage. En contrepartie, l’UNHCR s’engageait à acheter les bouteilles, les réchauds et les recharges pour couvrir les besoins de plus de 2600 ménages réfugiés d’Abala pendant 4 mois.

A partir de ce moment-là, il ne fallait attendre que quelques semaines pour obtenir les premiers résultats.

1000 FCFA (2,11 USD). C’est aujourd’hui ce que gagne chaque jour Alkaounatou grâce à son petit commerce : « Avant que le gaz arrive à nous, j’étais obligée de revendre une partie de notre ration alimentaire pour acheter du bois. Mais avec le Projet Gaz, j’ai pu économiser un peu d’argent, acheter de la marchandise et ouvrir mon commerce. Maintenant je ne dépends pas que de l’aide pour nourrir mes enfants ». 3 heures. C’est le temps dont dispose aujourd’hui Maimouna pour mener chaque matin son activité de vente de beignets : « Le gaz m’a beaucoup soulagée. Tout le temps que j’utilisais à aller chercher du bois ne me permettait pas de faire autre chose. Aujourd’hui je me lève, je prépare ma pâte, je fais les beignets avec le gaz et je les vends».

De la sagesse. C’est ce que dégage Akiyou quand on lui demande les bienfaits du Projet Gaz « vous auriez dû poser votre question aux arbres. Le gaz est venu au secours des arbres, et quand il n’y a plus d’arbre, il n’y a plus de vie sur la terre».

Le gaz est aujourd’hui rentré dans les habitudes des réfugiés. Certains se disent prêts à assurer à leurs frais les recharges, 1800 FCFA pour une durée moyenne de 20 jours soit le coût du bois pour seulement 6 jours. Mais le gaz est aussi devenu accessible pour la population autochtone d’Abala, chose impensable il y a encore quelques temps, mais juste retour des choses pour ces personnes ayant accueilli avec solidarité les populations réfugiées.

Le Projet Gaz de l’UNHCR est le premier de ce type à voir le jour au Niger, pays depuis peu producteur d’hydrocarbures et qui vient de lancer une vaste campagne nationale de vulgarisation du gaz.
Jusque-là appuyé par l’Ambassade de France et ECHO, l’UNHCR Niger continue de mobiliser ses partenaires pour pouvoir étendre l’utilisation du gaz aux autres camps.