Analyse préliminaire de la situation humanitaire dans la zone frontalière entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso Revue de données secondaires, Octobre 2019

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from REACH Initiative
Published on 28 Oct 2019 View Original

RESUME

Depuis le début de la crise sécuritaire au Mali en 2012, la zone frontalière entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso est caractérisée par un climat d’insécurité du fait de la présence de groupes armés, de la criminalité et de la montée des tensions entre les communautés. La situation sécuritaire s’est fortement dégradée depuis 2018 au Niger et à partir du premier semestre 2019 au Burkina Faso avec la recrudescence des violences des groupes armés. Cette situation sécuritaire critique a causé le déplacement de plus de 470000 personnes déplacées internes (PDI) et d’environ 73000 réfugiés. De plus, les populations subissent des difficultés socio-économique liées à l’état d’urgence déclaré dans certains départements qui interdit des activités essentielles à l’économie locale et impose des restrictions de mouvements dans de nombreuses zones . La situation sécuritaire, les déplacements, les mesures de l’état d’urgence et les facteurs de vulnérabilité préexistants dans cette zone frontalière ont entraîné une crise humanitaire avec des besoins dans plusieurs secteurs d’intervention tels que la protection, les abris, l’éducation, la sécurité alimentaire, la nutrition, l’eau l’hygiène et l’assainissement (EHA) et la santé.
Cependant, la fourniture de l’assistance humanitaire est soumise à de multiple aléas et l’accessibilité aux populations affectées reste difficile dans certaines localités. L’accès humanitaire limité est l’un des facteurs à l’origine des lacunes d’information importantes sur l’étendue, la nature et la sévérité des besoins ; par conséquent, ce déficit d’information sur la situation humanitaire dans la zone frontalière entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso explique la pertinence de mener un suivi de la situation pour aider les acteurs humanitaires à s’informer et à préparer leurs programmes d’intervention. La présente évaluation réalisée par REACH entre août et octobre 2019 a pour objectif de fournir un aperçu préliminaire de la situation et des besoins dans la zone frontalière entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso . De manière plus spécifique, cette évaluation s’est attachée à analyser les tendances de déplacement des populations, les besoins humanitaires, la présence opérationnelle des acteurs humanitaires, les contraintes d’accès humanitaire ainsi que la situation en termes d’information sur la situation humanitaire.
L’évaluation s’est basée sur une revue des données secondaires ainsi que sur des entretiens avec des informateurs clés (IC) ayant les profils suivants : coordonnateurs/co-facilitateurs de clusters sectoriels ; personnel d’agences gouvernementales, d’organisations des Nations Unies (ONU) et/ou d’organisations non gouvernementales (ONG) internationales et nationales.
Les entretiens ont été réalisés selon la répartition suivante :

  • Des coordonnateurs ou facilitateurs de 6 clusters sectoriels ont été rencontrés au Niger , 3 au Mali et 7 au Burkina Faso . Ces clusters sont actifs parmi les secteurs suivants : la sécurité alimentaire, la protection, les abris et biens non alimentaires (BNA), l’EHA, la santé, la nutrition et l’éducation. Les coordonnateurs ou facilitateurs de clusters se sont exprimés sur ces aspects de l’évaluation : les besoins propres à leur secteur d’intervention ainsi que les lacunes d’information sectorielles qui affectent la fourniture d’une réponse humanitaire adaptée aux besoins.

  • En parallèle aux rencontres avec les clusters, 18 entretiens ont été réalisés avec des individus travaillant pour des agences de l’ONU, des agences de l’Etat et/ou des ONG dont 7 au Niger, 5 au Mali et 6 au Burkina Faso. Ces IC ont apporté des informations complémentaires aux données secondaires, plus particulièrement sur les limites de l’accès humanitaire ainsi que les opportunités et lacunes d’information sur la situation humanitaire. Quelques-uns de ces IC qui assurent une fonction de coordination humanitaire (le bureau de coordination des affaires humanitaires (OCHA) et le mécanisme de réponse rapide (RRM)) se sont également exprimés sur les besoins humanitaires en plus des autres thématiques.