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Nepal : ACF reste mobilisée sur la situation de la population du Nord-Ouest du pays

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Même si le conflit entre les maoïstes et le gouvernement népalais a pris fin, ces avancées politiques n'ont que peu d'impact sur les populations des zones reculées du pays. Action contre la Faim a souhaité interpeller la communauté internationale et les bailleurs de fonds sur cette population oubliée lors d'une conférence de presse à Paris, mercredi 30 mai.

En présence de

Thomas Gonnet (Directeur des Opérations d'Action contre la Faim)
André Arriaza (Chef de mission Népal)
Anne-Dominique Israël (Responsable nutrition Népal)
Jean Lapègue (Responsable eau et assainissement Népal).

En préambule, Thomas Gonnet a souhaité rappeler que le Népal est une crise oubliée.

« Avec la fin du conflit, le Népal en lui-même ne fait plus l'actualité médiatique et certains bailleurs de fonds d'urgence se désengagent progressivement. S'ajoute à cela l'incertitude politique : même si un gouvernement de transition a été nommé début avril, les institutions sont paralysées et il manque les moyens, les capacités et surtout la volonté politique pour établir un projet politique dans lequel se retrouverait l'ensemble de la nation népalaise. Action contre la Faim s'inquiète de l'avenir du Népal ».

« Une population complètement coupée du monde, extrêmement pauvre ».

André Arriaza fait un état des lieux inquiétant sur les besoins des populations : « Nous sommes confrontés à des problématiques complexes, en particulier à Mugu et Humla o=F9 nous intervenons, aussi bien d'un point de vue de la malnutrition, que de la santé publique et des conditions de vie en général. C'est une région pauvre, sous-développée, moyenâgeuse o=F9 les infrastructures (santé, école...) font défaut. L'enclavement de ces zones montagneuses est une immense contrainte, il faut par exemple deux jours de marche pour atteindre un centre de santé o=F9 l'approvisionnement en médicaments est faible et le personnel médical quasi absent. Aujourd'hui tout est à faire dans cette région ».

Anne-Dominique Israël donne une analyse plus précise sur les besoins nutritionnels dans cette région :

« Notre enquête nutritionnelle en mars 2006 a montré des taux de malnutrition sévère de 3.3% et des taux de malnutrition globale de 12%. Cette année, les chiffres ont sensiblement baissé car le Programme Alimentaire Mondial a fait des distributions alimentaires massives dans certaines parties du Népal. Mais il pourrait s'agir d'une baisse artificielle sur le court terme. Pour Action contre la Faim, il ne fait aucun doute que des poches de vulnérabilité persistent dans certaines régions isolées du Népal ».

Jean Lapègue nous parle aussi des besoins urgents en eau et assainissement dans ces régions reculées :

« Nous travaillons sur trois axes : la sécurité alimentaire en mettant en place des programmes d'irrigation ; la santé publique en contrôlant les diarrhées et autres maladies liées à un faible accès à l'eau ou à une eau impropre à la consommation, ou à un manque d'hygiène et enfin l'environnement social. Les enfants sont livrés à eux-mêmes dès leur plus jeune âge. Les adultes ne les lavent pas et ne leur apprennent pas à se laver . Les enfants sont très sales. Ils doivent travailler très tôt et ne vont pas à l'école ».

Aujourd'hui, les tensions politiques persistent et l'avenir reste incertain. Rappelons que le Teraï est le « grenier agricole » de tout le Népal. Si le conflit dans cette zone au sud du pays -entre les militants pour la défense du peuple madhesi et les sympathisants maoïstes- s'envenime cela risque d'avoir des conséquences dramatiques pour les populations du nord du pays qui ont besoin des denrées agricoles provenant du sud.

Thomas Gonnet tient à rappeler que « certaines parties de la population au Népal sont très vulnérables. Action contre la Faim doit rester mobilisée et doit continuer à interpeller la communauté internationale car c'est son devoir d'assistance. Sur la zone de Mugu et Humla, ACF est la seule ONG internationale présente en plus des ONG locales. C'est donc un appel vers les autres ONG internationales que nous lançons aujourd'hui ».