Ce snapshot est issu d’un travail de recherche conjoint entre l’ONG marocaine Association Migration Internationale (AMI) et le MMC. Il explore l’accès aux services éducatifs et les besoins des enfants migrant·e·s au Maroc à partir de données recueillies par l’AMI auprès d’accompagnant·e·s d’enfants. Ce snapshot fait partie d’une série de recherches conçues pour informer la programmation visant à améliorer la protection, l’éducation et l’inclusion socio-économique des jeunes et des enfants migrant·e·s en Afrique de l’Ouest et du Nord. Ces efforts font partie de la première phase du projet Enfants et Jeunes sur les routes migratoires en Afrique de l’Ouest et du Nord (EJM) mené par Helvetas et Terre des hommes, avec le soutien financier de la Direction Suisse du Développement et de la Coopération (DDC).
Principales conclusions
• La majorité des personnes interrogées (58%) sont seules responsables de leurs enfants, dont la plupart ont moins de six ans (62%).
• L’accès aux services éducatifs et de garde est limité : plus de la moitié des accompagnant·e·s (54%) déclarent qu’au moins un enfant n’a accès à aucun service, surtout parmi ceux/celles en situation irrégulière (62%).
• Pour les enfants de moins de six ans, moins d’un tiers (27%) bénéficient d’une garde formelle et 7% d’une garde informelle, limitant l’accès aux services essentiels et la possibilité pour les accompagnant·e·s de travailler ou de se former.
• Pour les enfants en âge scolaire (6–17 ans), l’accès à l’éducation obligatoire est aussi très limité : 34% sont inscrits dans l’enseignement formel et 17% dans des programmes non formels, et ce malgré la législation marocaine qui rend la scolarité primaire gratuite et obligatoire.
• Les accompagnant·e·s à Rabat ont déclaré rencontrer davantage d’obstacles dans l’accès aux services éducatifs et de garde qu’à Casablanca. Par exemple, 55% des répondant·e·s à Rabat ont indiqué que leurs enfants ne fréquentaient aucun service, contre 43% à Casablanca.
• Le statut administratif n’est pas le seul obstacle à l’accès à l’éducation. Même avec la gratuité de l’enseignement, 65% des accompagnant·e·s dont les enfants ne fréquentent aucun service éducatif ou de garde citent des contraintes financières pouvant être liées au transport, aux fournitures scolaires, aux repas, etc.
• Le manque d’information est également un obstacle majeur à l’accès à l’éducation ou aux services de gardes, en particulier pour les personnes s’occupant d’enfants âgé∙e∙s de 6 à 17 ans (57%). Cela suggère que les réfugié∙e∙s et migrant·e·s ayant des enfants peuvent ne pas savoir comment accéder à l’école gratuite au Maroc.
• Les accompagnant·e·s identifient le plus souvent les activités socio-éducatives (51%) et l’accès aux soins de santé (51%) comme les besoins prioritaires pour leurs enfants, tandis que 37% mentionnent l’éducation.