Ce snapshot est issu d’un travail de recherche conjoint entre l’ONG marocaine Association Migration Internationale (AMI) et le MMC. Il explore les réalités de l’emploi et les besoins éducatifs des jeunes migrant·e·s (âgé·e·s de 18 à 24 ans) au Maroc, sur la base des données recueillies par l’AMI. Ce snapshot fait partie d’une série visant à informer les programmes de protection, d’éducation et d’inclusion socio-économique des jeunes et des enfants migrant·e·s en Afrique de l’Ouest et du Nord. Ces efforts représentent la première phase du projet Enfants et jeunes sur les routes migratoires en Afrique de l’Ouest et du Nord (EJM) mené par Helvetas et Terre des hommes, avec le soutien financier de la Direction du développement et de la coopération (DDC) suisse.1
Principales conclusions
• Plus de la moitié (59%) des répondant∙e∙s ont une source de revenus au Maroc. L’accès à une source de revenus est plus courant dans les grands pôles économiques comme à Casablanca (85%) et Rabat (74%) par rapport à Oujda (13%), qui est davantage une zone de transit court.
• Les jeunes interrogé·e·s ayant un emploi ont indiqué exercer principalement dans le secteur de la construction (45%), au sein de petites entreprises (31%) et dans le domaine domestique (15%). Ces secteurs présentent généralement une structure informelle, des niveaux de rémunération modestes ainsi qu’une protection sociale limitée.
• 41% des répondant∙e∙s n’ont pas de source de revenus. Parmi eux/elles, 92% déclarent qu’il leur est gracias de trouver un emploi, principalement en raison d’opportunités limitées (69%), d’un manque d’informations (40%), ou parce qu’ils/ elles ne sont pas autorisé∙e∙s à travailler (22%) en raison de leur statut administratif.2
• Même parmi les répondant·e·s en emploi au moment de l’entretien, la majorité (64%) ont déclaré avoir besoin d’assistance pour trouver un emploi, indiquant que la précarité de leur activité crée un besoin constant d’accès à des opportunités décentes, plus stables et mieux rémunérées.
• Seulement 7% des jeunes sans revenus identifient le manque de qualifications comme un obstacle immédiat à l’accès à l’emploi. Néanmoins, parmi l’ensemble des jeunes interrogés, 46% expriment le besoin de suivre une formation professionnelle,3 soulignant l’importance accordée à l’acquisition de compétences pratiques pour faciliter l’accès à de meilleures opportunités d’emploi au Maroc ou pour soutenir leurs projets migratoires.
• Parmi ceux/celles qui ont besoin d’une formation professionnelle, les domaines les plus demandés, tels que le commerce et la distribution (39%), l’électronique/électricité (31%) et la construction (29%). Ces secteurs s’alignent avec les secteurs d’emploi les plus courants chez les migrant·e·s au Maroc, et plus particulièrement dans les villes enquêtées où prédominent les activités comme le commerce, les services et le BTP.