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Stratégie de protection et solutions des réfugiés en Mauritanie 2021 - 2025

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A. Introduction

La croissance économique de la Mauritanie au cours de la dernière décennie lui a permis d'accéder au rang de pays à revenu moyen inférieur et de 28,2 pour cent de la population vivant en dessous du seuil de pauvreté national (EPCV 2019). La Mauritanie est classée 157ème sur 189 pays pour son indice de développement humain et 150ème sur 159 pour son indice de capital humain, soit plus bas que prévu pour sa catégorie de revenu. La présence des services publics reste faible, notamment dans les zones éloignées des principaux centres urbains, avec des capacités limitées en particulier dans les secteurs de la santé et de l'éducation et de l’eau potable. La pandémie de la COVID-19 a gravement affecté l'économie du pays, menaçant la subsistance de milliers de Mauritaniens pauvres mais aussi de réfugiés. La pandémie a obligé les autorités à restreindre les mouvements à travers les frontières internationales, ce qui a eu des conséquences pour les réfugiés qui tentaient de rejoindre la Mauritanie, l'un des rares havres de paix pour les réfugiés de la sous-région.

B. Engagement de la Mauritanie

La Mauritanie accueille des réfugiés depuis des décennies et a ratifié la Convention de 1951 et le Protocole de 1967, ainsi que la Convention de l'OUA de 1969 sur les réfugiés ; ce cadre a donné l’éligibilité pour un financement de la Banque Mondiale dans le cadre du sous-guichet d'aide au développement international (IDA-18) pour les réfugiés. Le HCR reste chargé de déterminer le statut de réfugié et de veiller à ce que les besoins des réfugiés soient satisfaits. Étant donné que la reconnaissance dans le cadre du seul mandat du HCR ne garantit pas une protection complète dans tous les cas, le HCR a plaidé pour l'adoption d'une loi sur l'asile qui permettrait au pays d'en assumer l'entière responsabilité tout en continuant à bénéficier du soutien du HCR et d'autres partenaires.

Lors du Forum mondial sur les réfugiés en décembre 2019, la Mauritanie a pris un certain nombre d'engagements importants, concernant notamment le fait d’adopter une législation nationale sur l'asile, de permettre aux réfugiés l'accès au marché du travail, d’inclure les réfugiés dans le système de santé national et de délivrer des certificats de naissance à tous les enfants nés en Mauritanie. Ces mesures ont complété les engagements de la Mauritanie au High Level Segment on Statelessness (Réunion de haut niveau sur l'apatridie) d'octobre 2019, où la Mauritanie s'est engagée à garantir l'accès aux documents délivrés par l'État à tous les réfugiés et à ratifier la Convention de 1961 sur la prévention de l'apatridie d’ici 2025.

Ce document présente un résumé des orientations stratégiques du HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés et des partenaires gouvernementaux, humanitaires et de développement pour répondre aux besoins de la population réfugiée et de ses communautés d'accueil1 . Le document est aligné et fortement inspiré par les objectifs de développement durable, le Pacte mondial sur les réfugiés (ou GCR, Global Compact on Refugees), les engagements pris par le gouvernement mauritanien dans le cadre du Forum mondial sur les réfugiés et les nombreux plans de développement nationaux sectoriels et multisectoriels (SCAPP2 , SNDDL, etc.). L'opération en Mauritanie aligne également sa stratégie de pays sur la stratégie pour le Sahel du HCR publiée en février 2020.

L’action humanitaire pour les réfugiés a connu une baisse des niveaux de financement et a conduit à un approvisionnement instable de l'aide alimentaire, avec des rations alimentaires parfois insuffisantes malgré l'introduction d'une aide alimentaire ciblée et des transferts de fonds insuffisants pour les besoins essentiels et le logement.

Les autorités régionales et locales sont souvent sous-équipées pour exercer un leadership dans la coordination de la multitude d'acteurs impliqués dans le lien paix/développement/humanitaire, ce qui se traduit souvent par un manque de cohérence et de coordination entre les partenaires. Les mesures visant à limiter la propagation de la COVID19 ont temporairement limité la capacité des partenaires à mettre en œuvre tous leurs programmes comme cela était initialement prévu.