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Mauritanie: Un groupe islamiste algérien revendique l'attaque d'une caserne

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NOUAKCHOTT, le 8 juin (IRIN) - Un groupe algérien connu sous le nom de Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) a revendiqué mardi dernier l'attentat perpétré ce week-end contre une caserne mauritanienne. Plus de 15 soldats y avaient trouvé la mort, certains d'entre eux par égorgement.

La caserne visée, perdue dans le désert, se situe près des frontières qui séparent la Mauritanie de l'Algérie et du Mali. Le groupe islamiste a déclaré, dans un communiqué paru sur son site Internet, que l'attentat était destiné à venger d'autres islamistes, emprisonnés en Mauritanie.

« Nous avons agi dans le but de venger nos frères de la violence qu'ils ont subie en prison » révélait le communiqué.

L'authenticité du document, paru lundi dans la soirée et disponible sur le site www.jihad-algerie.com, n'a pu être vérifiée. Le document a d'ailleurs été publié après la conférence de presse de dimanche, au cours de laquelle le gouvernement mauritanien avait déjà désigné le GSPC comme étant responsable de l'attentat.

Depuis la mi-mars, le président Maaouiya Ould Taya a ordonné l'arrestation de plusieurs individus considérés comme des militants islamistes. Plus de trente d'entre eux sont encore en détention.

Néanmoins, les dirigeants religieux locaux ainsi que l'International Crisis Group, une cellule de réflexion sise à Bruxelles, affirment qu'Ould Taya se sert de la peur que suscite l'intégrisme islamique et le terrorisme mondial en Occident pour museler ses opposants politiques.

Ould Taya, qui a pris le pouvoir à la suite du coup d'Etat de 1984, a déjà survécu à trois tentatives de renversement ces deux dernières années.

Le GSPC, fondé en 1998, est issu du mouvement islamiste de résistance à la constitution d'un gouvernement algérien séculaire.

Le groupe n'opérait initialement qu'en Algérie. Toutefois, les forces de sécurité, mieux entraînées et mieux équipées, ont commencé à réprimer plus sévèrement les mouvements islamistes au sein du pays, ce qui a progressivement conduit le GSPC et ses membres à mener davantage d'activités hors des frontières.

Lors de précédentes déclarations, le GSPC avait affirmé son intention de participer activement à d'autres attentats, visant cette fois les Etats-Unis et ses alliés.

La Mauritanie est une république islamique, toutefois Ould Taya s'est mis à dos de nombreux pays arabes en établissant des relations diplomatiques avec Israël en 1999. Selon la critique, cette initiative avait pour but de s'attirer les faveurs des Etats-Unis.

Toujours dans le même but, dit-on, Ould Taya avait suspendu toute relation avec l'ancien dirigeant irakien Saddam Hussein peu de temps avant l'invasion de l'Irak par la coalition menée par les Etats-Unis.

Selon le département d'Etat américain, le GSPC serait lié au réseau Al-Qaeda, qui avait revendiqué les attentats du World Trade Centre, perpétrés en septembre 2001. Certains membres fondateurs du GSPC auraient même combattu en Afghanistan contre l'Union Soviétique aux côtés d'Ousama Ben Laden, le leader d'Al-Qaeda.

La Mauritanie est un vaste pays, désertique et pauvre; cependant, les récentes découvertes de réserves de pétrole offshore sur la côte atlantique devraient accroître de manière significative les maigres recettes du gouvernement.

Au vu des découvertes annoncées jusqu'à ce jour, les experts prévoient une hausse de la production, qui devrait atteindre 165 000 barils par jour en 2009. Au prix actuel du baril (plus de 50 dollars américains), cette hausse représenterait 300 millions de dollars de plus par an.

Cela équivaudrait à 25 % du RNB en 2001, selon les chiffres communiqués par la Banque mondiale.

Mais tandis que les 4 x 4 flambant neuves se multiplient dans les rues poussiéreuses de Nouakchott, la capitale, les critiques, eux, se montrent sceptiques face à cette manne pétrolière, qui, selon eux, ne bénéficiera pas à une majorité de Mauritaniens illettrés qui luttent pour survivre avec moins d'un dollar par jour.

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