Mauritania

Mauritanie : Mise à jour du suivi à distance - L’inflation du prix des denrées alimentaires continue de croître malgré les prémices des récoltes, Septembre 2021

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MESSAGES CLÉS

• En Mauritanie, la production agricole annuelle est insuffisante pour couvrir l’ensemble des besoins alimentaires des ménages, le pays est structurellement dépendant des importations. La demande en denrée de base de première nécessite reste élevée et forte sur les produits importés, notamment le riz, le blé, le sucre et les pâtes alimentaires, surtout maintenant pendant la période de soudure et encore plus dans les zones de cultures pluviales, agropastorales et pastorales. Une insécurité alimentaire de Stress (Phase 2 de l’IPC) est observée dans ces zones.

• Le niveau d’approvisionnement des marchés en produits alimentaires de premières nécessités est moyennement stable par rapports aux mois précédents, aussi bien que les flux internes et sortants des importations commerciales provenant essentiellement d’Europe et d’Asie. La demande interne en denrées alimentaires de base continue de s’inscrire dans la tendance des mois précédents avec une hausse inhabituelle des prix malgré les négociations en cours entre le gouvernement avec les opérateurs économiques pour réguler les marchés. Le pouvoir d’achat des ménages les plus pauvres restes fortement assujettis à la distribution du cash et des denrées de premières nécessités des organismes humanitaires qui reste encore nettement inférieure à celle d’une année moyenne due à la réduction des fonds d’aides humanitaires suite à la pandémie de la COVID-19. Par ailleurs, les opérations gouvernementales de ventes des produits alimentaires à prix modérés à travers la mise en place des boutiques témoins se poursuivent contribuant à faciliter l’accessibilité aux aliments.

• Les flux internes et externes du bétail sont faibles avec des hausses de prix dans tous les marchés et pour toutes les espèces animales. C’est un phénomène saisonnier typique dicté autant par des stratégies de gestion des flux de bétail (afin de diminuer les pertes et les manques à gagner). Par ailleurs, la répartition spatiale de la pluviométrie n’a pas été optimale dans certaines zones pastorales notamment les régions des Hodhs, de l’Adrar et de l’Assaba. Les ressources pastorales y sont limitées augurant ainsi une pression sur les ressources disponibles dans les régions plus au sud notamment le Gorgol et le Guidimakha.

• En cette période de fin de saison de pluie, le niveau des revenus des ménages pauvres ne devrait pas connaitre un grand changement par rapport au mois précédent. Cependant, dans d’autres zones agricoles et agropastorales les activités ont bien démarré, entraînant une augmentation des revenus, notamment la récolte des dattes qui constitue une source de revenu importante pour les ménages pauvres. Ces conditions pluviométriques favorables ont augmenté les ressources pastorales, améliorant ainsi de l’état d’embonpoint des animaux, ce qui augmente la production animale et le prix des animaux surtout en provenance de l’extérieur (Sénégal, Mali etc.) ainsi que la tarification à la demande interne. Dans le reste du pays, les distributions de cash et des denrées alimentaires par des organismes humanitaires se poursuivent mais elles devraient s’arrêter en fin septembre, provoquant ainsi une baisse des revenus des ménages dans les prochains mois.

• La situation sanitaire liée à la pandémie du COVID-19 s’est améliorée avec une baisse du nombre moyen de cas journalier (d’environ 193 à 96 du 3 au 16 septembre selon les chiffres officiels ). La Mauritanie compte le taux le plus élevé de couverture vaccinale de la population totale dans la région avec environ 13 pour cent. Toutefois, la pandémie a impacté l’économie nationale, affectant les revenus des ménages les plus pauvres et plus notamment celles du secteur informel. La campagne de vaccination contre la COVID-19 contribue à améliorer la situation sanitaire engendrant une relaxation des mesures de restriction notamment celles du couvre-feu qui a été levé le 28 septembre sur l’ensemble du territoire national.