Mauritania

Mauritanie Key Message Update : Les récoltes inférieures à la moyenne et les prix élevés des aliments limitent l’accès des ménages pauvres à la nourriture, novembre 2021

Format
Situation Report
Source
Posted
Originally published
Origin
View original

Attachments

Key Messages

  • La campagne agricole s’est illustrée par une pluviométrie très déficitaire par rapport à la normale, avec une mauvaise répartition spatio-temporelle des pluies sur toute l’étendue du territoire. Au 30 septembre, 78 pour cent des postes pluviométriques étaient déficitaires par rapport à la normale (1991-2020) et environ 81 pour cent l’étaient par rapport à l’année dernière sur l ’ensemble du pays (GTS, Rapport de Novembre 2021). Cependant, les pluies sporadiques de fin de saison en octobre ont permis d’augmenter les taux de remplissages des barrages, retenus d’eaux et zones de dépression à des niveaux variant entre 40 et 100 pour cent excepté dans l’Assaba et au Tagant où les taux sont restés très faibles, autour de 20 pour cent. En raison de la faible pluviomètre, l’évaluation conjointe des récoltes 2021/22 estime la production céréalière à 339 174 tonnes, en baisse de 16 pour cent par rapport à l’an dernier et de 7 pour cent par rapport à la moyenne. Les baisses par rapport à la moyenne sont plus marquées dans Guidimakha (54%), Hodh Ech Chargui (48%), Adrar et Assaba (39%), Hodh Ech Garbi (33%) et Gorgol (30%).

  • Dans tout le pays, les faibles niveaux d’eaux ont un impact notable sur les rendements agricoles. Dans les zones de Walo (décrue), les semis (octobre-novembre) sont timides dans le Brakna et le Gorgol (sauf à Maghama) et quasiment nul dans le Trarza dû aux taux de remplissage des barrages et des bassins faiblement moyens. Donc, les récoltes attendues seront inférieures à la moyenne. Bien que les cultures de contre-saison froides (maraichages) et chaudes (riziculture) quant à elles, sont à des stades phonologiques très variés (du tallage au début de maturation), les producteurs restent confrontés à un faible accès à des semences de qualités qui risquent de compromettre la production en perspective. Le niveau actuel du fleuve Sénégal inférieur à la moyenne va réduire considérablement les superficies qui seront mises en valeur en saison chaude (mars à juin).

  • Les déficits d’eaux ont impacté aussi le développement des pâturages entrainant des départs précoces en transhumance dans la plupart des zones du pays notamment au niveau des deux Hodh, en Assaba, au Tagant, à l’est du Brakna, au niveau des Moughataa de Boutilimit et Oued Naga au Trarza ainsi qu’au niveau des wilayas du Nord du pays (Adrar, Dakhlet Nouadhibou, Tiris Zemour et Inchiri) (Groupe Technique Spécialisé (GTS) charge du suivi de la campagne agropastorale, rapport de novembre 2021). Les mauvaises conditions pastorales contraignent les éleveurs à faire des offres atypiques de vente de bétail sur les marchés locaux tant pour s’approvisionner de denrées alimentaires de premières nécessite auprès des producteurs que pour procéder à un déstockage préventif en prélude à la soudure pastorale précoce en perspective. Cela permet aux éleveurs d’avoir un peu plus de pouvoir d’achat pour couvrir leurs besoins alimentaires et non-alimentaires de base, tout en évitant les coûts associes d’avoir plus de bétail.

  • Les flux internes et externes en denrées alimentaires de base sont réguliers avec un bon niveau d’approvisionnement des marchés. Cependant due à l’inflation, le niveau élevé des prix des denrées de première nécessité par rapport à la moyenne persiste au niveau des marchés avec une hausse de plus de 50 pour cent du prix de certaines denrées de base importées. On note une augmentation significative des prix du blé et des huiles par rapport à l’année passée, dépassant 50 pour cent par endroits. Quant au riz local et le sucre la hausse est moindre et se situe dans l’ordre de 20 pour cent. Par ailleurs, la fin de la distribution du cash par des organisations humanitaires dans les zones du nord et du centre du pays accentue la baisse des revenus rendant encore plus vulnérables les populations pauvres en prélude d’une période de soudure probablement précoce. Après la saison des récoltes en cours quand l’insécurité alimentaire aigue sera Minimale (Phase 1 de l’IPC), ces ménages pauvres resteront exposés à l’insécurité alimentaire aigue au Stress (Phase 2 de l’IPC) à partir de février jusqu’à mai 2022.