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Mauritanie Key Message Update: Augmentation des ventes d’animaux pour compenser les pertes de revenu des transferts de la migration (Mai 2020)

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Key Messages

En fin d’avril, les mesures contre la propagation de COVID-19 ont été assouplies à travers la réouverture du commerce et des restaurants, mais la population doit toujours observer la distanciation sociale et porter un masque ou un turban. Toutefois, le pays enregistre une propagation rapide de la maladie depuis le début de ce mois et à la date du 26 mai, 240 cas de COVID-19 sont à nouveau actifs dans la capitale et dans quatre Wilayas à l’intérieur du pays. La capitale et la ville de Kiffa (chef-lieu du Wilaya de Assaba) sont en quarantaine et le transport hors des villes est interdit. Les frontières avec le Sénégal et le Mali demeurent fermés, confinant ainsi les transhumants dans les zones de transit des wilayas du Gorgol et de Guidimaka.

La pression plus forte du bétail dans les zones de transit accélère la dégradation des pâturages et accentue par endroit les tensions autour des points d’eau pour l’abreuvement des animaux. Pour limiter les mortalités, le gouvernement a lancé une opération de vente subventionnée de 88 000 tonnes d’aliments bétail qui sera repartit dans tous les moughataa. Cette opération va couvrir toute la période de soudure pastorale en attendant la régénération des pâturages à partir de mi-juillet. Malgré tout, les prix de ces aliments sont élevés sur les marchés et sont par exemple 17% au-dessus de la moyenne sur le marché de Sélibaby dans le Guidimaka.

La reprise des activités économiques reste encore timide dans les centres urbains, mais aussi en zone rurale. Les mesures récentes de mise en quarantaine de certaines villes vont davantage entrainer un ralentissement des activités génératrices de revenu et réduire la demande de main-d’œuvre saisonnière. Pour compenser les pertes de revenus habituellement procurés de la migration saisonnière, les ménages des zones de culture pluviale (MR09) et agropastorale (MR07) augmentent la vente d’animaux. L’offre étant supérieure à la demande, les prix des ovins sont en baisse de 16 pour cent et 30 pour cent par rapport à l’année passée respectivement sur les marchés de Adel-Bagrou et Sélibaby.

Si les prix des denrées importées demeurent stables du fait des contrôles, ceux des céréales locales (mil et sorgho) enregistrent des hausses de 30 à 50 pour cent. Outre la hausse saisonnière de la demande, la demande additionnelle en cette période de jeune contribue à l’augmentation des prix. Les distributions alimentaires en cours depuis le mois passé au profit de 30 000 personnes sont plus concentrées dans les centres urbains, exposant les pauvres dans les zones de culture pluviale et agropastorale, plus affectés par la baisse des revenus de la migration et de la vente du bétail, à l’insécurité alimentaire aigue Crise (Phase 3 de l’IPC).