Mauritania

Les interventions du HCR en Mauritanie dans le secteur de l’environnement

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Contexte

Depuis plusieurs années, la Mauritanie a fait de la gestion de l’environnement une cause nationale, le pays étant sujet aux effets de la sécheresse, de la désertification, aux déboisements, aux feux de brousse et à la dégradation des écosystèmes, ainsi qu’aux pollutions multiformes dans les centres urbains. La pression sur les terres et les ressources naturelles apparaît de plus en plus forte, que ce soit pour les besoins de subsistance, de bois de chauffe, de pâturage ou pour l’exploitation forestière. De manière générale, la lutte contre la dégradation et l'exploitation irrationnelle des ressources, contre la pollution de l’air, de l’eau et du sol, et contre la désertification reste un défi que le pays devra relever pour maintenir l’équilibre des écosystèmes et garantir le sort des générations futures.

A cela s’ajoute la spécificité de la présence d’un camp de réfugiés qui engendre des impacts environnementaux importants sur le territoire d’accueil, notamment lorsque l’installation des déplacés se prolonge dans le temps. Cette détérioration de l’environnement est susceptible d’accentuer fortement les tensions entre populations hôtes et réfugiés. Fort de ce constat, les organisations humanitaires ont intégré la prise en compte de l’environnement et l’adaptation au changement climatique dans les plans de réponse humanitaire.

En ce sens, à l’échelle locale dans le Hodh Chargui, les acteurs humanitaires tentent notamment de réduire la pression exercée sur les différentes ressources, et notamment la ressource en bois. A l’initiative de l’UNHCR, des projets visant à promouvoir la protection de l’environnement au niveau des villages voisins du camp de Mbera ont été initiés. Ces projets sont mis en oeuvre par ses partenaires SOS Désert, Action contre la Faim-Espagne, RET-Germany, Save the Children et le Bureau International du Travail au camp et hors camp. A ce jour, ces actions ont contribué au reboisement, à la valorisation des terres de vidanges et la construction d’infrastructures favorisant une meilleure gestion des ressources naturelles. Ces différentes interventions favorisent la coexistence pacifique et la cohésion sociale tout en contribuant au développement des moyens d’existence.

Répondre à la pression sur les ressources et favoriser la régénération : le reboisement

Les activités de reboisement de la zone ont bénéficié d’une attention particulière de la part de l’UNHCR qui a financé, de 2016 à nos jours à travers son partenaire SOS Désert, la plantation de plus de 53 851 plants à l’intérieur et à l’extérieur du camp dont 21.692 (soit 40,3%) ont survécu de 2016 à 2020. Cette activité a été menée de manière concertée avec le service régional en charge des questions environnementales qui a sélectionné des espèces peu gourmandes en eau telles que l’Acacia senegalensis, Acacia Leneina, le Balanite Egyptien, Ziziphis Mariri, Parkimso Men, Luceine, quelques arbres fruitiers et le moringa.

Par ailleurs, avec l’appui de son partenaire RET-Germany en 2020, la plantation de 8000 plants supplémentaires dans les 4 communes de la Moughataa de Bassikounou (Bassikounou, Megve, Dhar, Fassala) a été réalisée à travers la mise en place de 10 petites et moyennes entreprises vertes et leur suivi se poursuit jusqu’à nos jours. Le projet vise à stabiliser les acquis en matière de protection de l’environnement tout en renforçant les unités de production agricoles. Dans ce cadre la sécurisation par des clôtures grillagées et par la plantation d’arbres de 50 périmètres maraichers a été effectué ainsi que la construction de 10 bassins de rétention d’eau à usage agricole dans 16 villages. De même, des producteurs ont été doté en petits matériels de production et en intrants agricoles et une série de formation par les pairs (formés en 2020) sur les techniques de production horticoles a été organisée. Enfin, les comités villageois sur la cogestion et sur la gestion et prévention des conflits de la moughataa ont également été formé sur les questions de protection de l’environnement, cette problématique étant l’un des points d’achoppement entre les communautés.